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À la comédie du livre de Montpellier, on parle aussi Afrique
Par Redaction publié le 21 MAI 2019 à 09:06
Durant la 34e édition de la Comédie du livre qui se tenait à Montpellier du 17 au 19 mai 2019, Christian Seignobos, géographe et auteur de l’ouvrage Des Mondes oubliés Carnets d’Afrique 2017, a donné une conférence sur « Une Afrique qui se raconte ». Ecomnews était sur place.

L’auditorium du Musée Fabre à Montpellier s’est rempli rapidement ce 17 mai. Les intéressés se pressaient pour assister à la conférence de Christian Seignobos, géographe de formation et directeur de recherche émérite à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), organisée dans le cadre de la Comédie du livre.

Le spécialiste et expert des grandes mutations géopolitiques et environnementales en Afrique centrale, dans la région du lac Tchad, venait pour évoquer son dernier ouvrage. Des Mondes oubliés. Carnets d’Afrique, rassemble une combinaison de textes et de dessins pour retracer « l’histoire non pas d’une Afrique, mais de plusieurs Afrique » selon les mots de l’auteur.

Chronique d’une Afrique qui se raconte (et se dessine !)

Tour à tour enseignant à l’université de Ndjamena, coopérant et travailleur du CNRS, Christian Seignobos a passé près d’un demi-siècle dans la région du lac Tchad au travers de séjours successifs de deux ans. Avec cet ouvrage, il a voulu partager son point de vue sur l’Afrique à l’aide de dessins vivants faisant passer plusieurs messages.

Des Mondes oubliés. Carnets d’Afrique, un ouvrage sollicité par l’IRD, est le fruit d’un travail de longue haleine car il a fallu adapter le texte aux dessins mais aussi les dessins au texte.

Un tiers des illustrations a été réalisé par l’auteur pour accompagner des articles parus au cours de toutes ces années de recherche, un second tiers est composé de nouveaux dessins exécutés spécifiquement pour l'ouvrage et un dernier tiers regroupe des dessins qui avaient été refusés car jugés « sensibles » à l’époque.

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Architecture de l’ouvrage

Trois types de textes ont été utilisés dans ce livre : des textes académiques, des textes sur la recherche et enfin des sujets libres, surnommés « travaux du dimanche » par Christian Seignobos. Ils peuvent prendre la forme de véritables écrits composés de plusieurs paragraphes ou alors de simples sous-titres permettant de mieux comprendre les dessins.

Quant aux sources d’inspiration de l’auteur, elles sont quelques fois architecturale, d’autres fois géographique. Par exemple, Christian Seignobos a voulu imaginer la reconstitution des architectures les plus représentatives du Tchad. Christian Seignobos nous confie avoir dû les sous-titrer en arabe littéraire, sous ordre du gouvernement tchadien de l’époque, malgré le fait que seules quelques personnes ne sachent le lire à l’époque.

Au travers de cette œuvre, Christian Seignobos a voulu montrer que « l’Afrique est une terre qui nous enseigne le passé ». Pour preuve : l’auteur lui-même raconte avoir travaillé pendant une trentaine d’années avec des informateurs, des griots capables de retracer entièrement la généalogie de tout un village.

Un héritage culturel

Par ailleurs, l’auteur a réalisé une collection entière d’architectures traditionnelles de la région du lac Tchad avec par exemple la reconstitution illustrée des cases obus de villages situés à la frontière Cameroun/Niger. Il nous décrit celles-ci comme ornées de dessins figuratifs, souvent réalisés par des femmes.

Outre la présentation de son livre, le chercheur a profité de sa conférence pour distiller quelques anecdotes. Notamment une trouvaille intéressante durant l’un de ses séjours. Christian Seignobos a en effet découvert un système de défense de la région, composés de végétaux épineux plantés stratégiquement et formant ainsi une barrière protectrice tout autour des villages.

Une autre petite histoire, plus personnelle, est venue conclure cette rencontre : si les dessins de Christian Seignobos ont tendance à s’orienter vers la bande dessinée, c’est parce que Christian Seignobos est un amateur du genre. Dans les années soixante, il a même été approché par le journal Spirou pour un poste de dessinateur… mais il a préféré poursuivre ses études de géographe.

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