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Analyse : Quelles sont les conditions d’emploi de la main d’oeuvre durant le confinement ? Très instructif
Par Denys Bédarride publié le 22 MAI 2020 à 09:29
La deuxième édition de l’enquête Acemo spéciale Covid, réalisée par la Dares avec l’appui de l’INSEE, a interrogé les entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé non agricole entre le 1er et le 12 mai 2020, sur leur situation et les conditions d’emploi de la main-d’œuvre à fin avril.

Les principaux résultats :

Entre mars et avril, on note une certaine reprise de l’activité : alors qu‘en mars, 19 % des salariés étaient dans une entreprise dont l’activité s’était arrêtée, ils ne sont plus que 12 % dans ce cas en avril.

Cette amélioration est particulièrement nette dans les secteurs de la construction (16 % à l’arrêt après 53 % en mars), de la fabrication de biens d’équipements et d’autres produits industriels, ainsi que dans les plus petites entreprises (26 % à l’arrêt en avril après 39 % en mars dans les entreprises de 10 à 19 salariés).


En miroir, la proportion de salariés dans une entreprise dont l’activité a diminué de plus de moitié augmente. Au total, un peu moins de la moitié des salariés sont encore en avril dans une entreprise dont l’activité s’est arrêtée ou a diminué de plus de moitié (45 %, après 49 % en mars).

Les causes de la chute d’activité en avril sont avant tout la perte de débouchés (45 %) ou les fermetures administratives (30 %), loin devant le manque de personnel pouvant travailler (14 %) et les difficultés d’approvisionnement (11 %).

Les difficultés rencontrées par les entreprises changent un peu de nature également : les difficultés liées à la gestion sanitaire de la crise, aux difficultés d’approvisionnement et à l’aval se réduisent alors que celles liées aux débouchés augmentent. C’est particulièrement net dans les secteurs de l’information et de la communication, les secteurs liés à l’énergie, les activités financières et la fabrication de matériel de transport.

Si les réductions d’effectifs restent limitées, elles augmentent toutefois légèrement par rapport à mars, et passent davantage par le non-renouvellement de CDD, mais aussi par une hausse des licenciements de CDI ou des ruptures conventionnelles.

Entre fin mars et fin avril, un début de retour sur site est à l’œuvre : fin avril, un tiers des salariés travaillaient sur site (après un quart fin mars), un cinquième était en chômage partiel complet (après un quart fin mars), un quart en télétravail (comme fin mars), les autres étant en congés, maladie ou garde d’enfants.

Si la part des salariés au chômage partiel complet diminue, le nombre d’entreprises ayant eu recours au chômage partiel au cours du mois augmente entre mars et avril, et les raisons du recours au chômage partiel se sont modifiées. L’impossibilité de maintenir l'activité en assurant la sécurité des salariés est moins fréquemment évoquée qu’il y a un mois, au profit de la réduction des débouchés ou de commandes et de la fermeture obligatoire dans le cadre des restrictions de certaines activités.

Le nombre de salariés ayant été au chômage partiel (complet ou non) au cours du mois d’avril peut être estimé à 8,6 millions, pour 832 millions d’heures chômées (soit 2,8 semaines à 35 heures par salarié en moyenne).

Les mesures de protection individuelles ont été très significativement renforcées entre mars et avril. Les plus fréquentes pour les salariés sur site sont la mise en place de distances de sécurité et la fourniture de gel hydroalcoolique.

Les perspectives des entreprises sont marquées par une forte incertitude et une grande hétérogénéité entre secteurs. Si les entreprises anticipant un retour à l’activité normale d’ici 3 mois représentent 40 % de l’emploi salarié, celles qui ne voient pas de retour à la normale dans ce délai en représentent 33 % et celles qui ne savent pas dater ce retour à la normale 27 %.


Les secteurs dans lesquels les entreprises ont les anticipations les plus favorables sont les industries extractives, énergie, eau, gestion des déchets et dépollution, la construction, la fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac et l’enseignement, santé humaine et action sociale.


Les plus pessimistes sur leurs perspectives se trouvent dans les secteurs de l’hébergement et restauration et de la fabrication de matériels de transport.

Les principales difficultés que les entreprises voient poindre dans la perspective d’une reprise d’activité à compter du 11 mai sont la disponibilité limitée de certains salariés, l’organisation de l'activité de manière à respecter la distanciation sociale, le manque de débouchés et l’équipement en dispositifs de protection.


Source La DARES

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