Ecomnews - Adds
Auvergne : En difficulté pour recruter malgré une offre en augmentation
Par Rédaction publié le 01 JAN 2019 à 09:00
Non, l’Auvergne n’est pas uniquement une région volcanique aux grands espaces et aux plateaux de fromages bien fournis. Elle est aussi riche d’un tissu économique dont certains secteurs peinent à recruter. Focus.

La grande région Auvergne-Rhône-Alpes pèse 8 millions d’habitants et plus de 3 millions d’emplois, selon les derniers chiffres de l’INSEE. Le territoire auvergnat, avec ses quatre départements (Allier, Cantal, Haute-Loire et Puy-de-Dôme), totalise 1,4 millions d’habitants et 467 000 emplois.

Le Puy-de-Dôme et le bassin clermontois restent la zone la plus peuplée et la plus porteuse d’emplois, suivie de Montluçon, Aurillac et Le Puy-en-Velay. En Auvergne, comme en Auvergne-Rhône-Alpes, les mêmes tendances se dessinent.

Le secteur des services est en tête avec 25 000 entreprises –près de la moitié des entreprises auvergnates tous secteurs confondus- et 110 000 emplois dans le secteur des services aux entreprises et aux particuliers, l’hébergement et la restauration, le transport et la logistique ou les activités financières et immobilières, par exemple.

Le commerce arrive en 2e place (31 %) suivi par l’industrie qui représente 16 % des entreprises auvergnates. Ce secteur est en effet largement représenté, avec la présence de grands groupes comme Michelin, la société des eaux de Volvic, Limagrain, Constellium, Trellborg Industrie, Auvergne Isolation…

Le secteur de la construction compte aussi de grandes entreprises rayonnant à l’échelle internationale, comme la SAS Matière, dans le Cantal, spécialisée dans la conception et construction de ponts.

Des projets de recrutement en hausse qui ne trouvent pas preneur

D’après les chiffres publiés par Pôle Emploi, près de 300 000 projets de recrutement ont été recensés dans la grande région, dont 41 000 en Auvergne. Cette tendance est à la hausse (+16 %) à l’image de la tendance nationale (+19 % de projets de recrutement). Mais certains secteurs ont du mal à recruter.

« Quel que soit le secteur d’activité, les tendances sont plutôt positives donc les entreprises cherchent à recruter, décrypte Eric Nizon, responsable du service Attractivité du territoire et des métiers à la CCI du Puy-de-Dôme.

Ils rencontrent des difficultés à trouver des profils adaptés en terme de savoir-faire, mais surtout en terme de savoir-être et de motivation. Certaines situations géographiques sont aussi moins attractives comme à Ambert, dans le Puy-de-Dôme, où il est parfois difficile de faire venir des compétences de l’extérieur ».

C’est le cas également du Cantal où plus de la moitié des projets de recrutement sont jugés difficiles à plus de 80 %.

En tête des emplois difficiles à pourvoir, ceux de la restauration : serveurs de café, aides de cuisine ou cuisiniers et employés d’hôtellerie au sens plus large. C’est le cas notamment pour Marie Parent et son associé Yohan Tufféry. Ils ont repris un restaurant au mois d’avril à Saint-Flour, et cherchent un second de cuisine, en CDI, depuis juillet.

Pour eux, connaître les bases du métier suffira : « les sauces et quelques plats », expliquent les restaurateurs. Même non diplômé, ils recherchent surtout quelqu’un de « motivé et dynamique ». En attendant, ce manque de personnel les oblige à refuser certaines réservations…

Dans le même secteur géographique, l’entreprise Meca System International (groupe Le Petit Poucet), spécialisée dans la fabrication de caissons de bornes de paiement automatique et les pièces de motos, peine, elle, à embaucher des chaudronniers.

Julie Raspal, responsable de site, déplore le fait que les gens « ne veulent pas rester ici et sont plus attirés par Clermont-Ferrand ». Pourtant, le recrutement de chaudronniers pose aussi des problèmes dans le Puy-de-Dôme.

À tel point qu’un Groupement d’Entreprise de la Métallurgie du Pays d’Issoire (GEMPI) a vu le jour afin de « Faire face à une pénurie sans précédent de main d’œuvre qualifiée (environ 50 postes sont à pourvoir au sein du groupement) », selon le communiqué. Les douze entreprises adhérentes ont mis en place une formation qualifiante, en partenariat avec les Compagnons du devoir, qui devrait débuter en février 2019 avec, à la clé, des emplois pérennes dopants la productivité.

Ecomnews - Adds