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Quand le budget de l'Etat espagnol se négocie au parloir d'une prison
Par Johanne Eva Desvages publié le 26 OCT 2018 à 09:00
Le 19 octobre dernier, Pablo Iglesias, chef de file de Podemos, a rendu visite en prison à Oriol Junqueras, numéro deux du gouvernement catalan, pour inciter son parti à voter le budget 2019 de l’Etat. Une visite au parloir qui n'a pas manqué de faire réagir la sphère politique. Détails.

« Laisser les clefs du budget à ceux qui ont fait preuve de déloyauté institutionnelle est une humiliation pour la démocratie ». C’est par ces mots qu’a réagi le leader des centristes de Ciudadanos, Albert Rivera, après avoir appris que Pablo Iglesias, chef de file de Podemos, a rendu visite en prison à Oriol Junqueras, numéro deux du gouvernement catalan, pour discuter du budget de l’Etat.

Le but était de négocier avec le séparatiste catalan, actuellement placé en détention provisoire à la prison de Lledoners, dans l’optique de le convaincre à ce que son parti vote en faveur du projet de Budget 2019 conclu la veille avec Pedro Sánchez.

Le parti Podemos est aujourd’hui l’un des principaux alliés du gouvernement Sanchez. Si son chef de file, Pablo Iglesias, est allé jusqu’à solliciter l’aide d’un dirigeant actuellement placé en détention provisoire, c’est que l’enjeu est de taille : les députés socialistes ne sont que 84 sur 350 députés dans l’hémicycle.

Ils auront donc besoin de plus d’alliés pour atteindre la majorité parlementaire et faire passer le projet de budget 2019 envoyé à Bruxelles.

Pour autant, le gouvernement a réagi en se détachant de tout lien avec cette visite au parloir, la qualifiant « d’initiative personnelle » de Pablo Iglesias.

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