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Challenger Event : Comment Florence Richard a redressé une société au bord du dépôt de bilan
Par Johanne Eva Desvages publié le 08 MARS 2019 à 08:00
Implantée en Nouvelle-Aquitaine, sur le site du Futuroscope, la société d’événementiel Challenger Event était sur le point de déposer le bilan avant d’être reprise en 2010 par Florence Vanier-Richard, alors responsable d’agences chez Manpower. Depuis, les postes en place ont été maintenus, l’entreprise a embauché et le chiffre d’affaires a presque quadruplé. Ecomnews a interviewé cette femme d’exception.

Basée depuis plus de 20 ans sur le site du Futuroscope, la société Challenger Event, spécialisée dans la création et l’organisation d’événements en France et à l’étranger, a connu de grosses difficultés financières au début des années 2000.

Après une première reprise en 2007, le groupe est au bord du dépôt de bilan. Il sera racheté en 2010 par Florence Vanier-Richard.

« C’était assez gonflé car je ne connaissais rien à l’événementiel. J’étais responsable d’agences et je travaillais depuis 20 ans dans la même société. Mais j’avais envie de changement » nous explique la dirigeante. Elle avait déjà songé trois ans plus tôt à racheter Challenger Event, lorsque la première offre était passée. Elle s’engage finalement sans trop savoir où elle met les pieds. « J’avais besoin du soutien de l’équipe en place. Quand j’ai repris la société, je leur ai demandé si je pouvais compter sur eux ».

" Pendant plus d’un an, je n’ai pas pu me payer "

Mais l’entrepreneuse n’en est pas à son premier challenge. A 40 ans, elle avait déjà entamé une procédure de VAE pour transformer son niveau bac+2 en bac +4, avant d’intégrer l’IAE en master 2, le tout en parallèle de son travail de responsable d’agences chez Manpower.

« Pendant un an, j’ai travaillé sur mes cours les soirs et les week-ends. Je n’en dormais plus la nuit ». Bac + 5 en poche, la challengeuse a attendu 5 ans avant de se lancer dans ce nouveau projet. « Quand j’ai repris Challenger Event, la société ne valait rien. J’ai dû emprunter pour injecter de l’argent dans l’entreprise afin qu’elle survive. Pendant plus d’un an, je n’ai pas pu me payer. Ça a été très difficile ».

Un chiffre d’affaires qui a plus que triplé en moins de 10 ans

Avec l’aide de ses 4 salariés, Florence Richard a relevé la société. « Nous avons décroché de nouveaux clients : en particulier un important groupe breton qui nous a aidé à sortir de la crise ». L’agence événementielle historique du Futuroscope travaille aujourd’hui avec d’importants groupes automobiles, et « un grand restaurateur français » nous confie la dirigeante, sans pour autant dévoiler leurs noms.

« Nous avons des clients dans tous les domaines d’activités : fédérations du bâtiment, du transport, logistique, informatique… Mais nous travaillons aussi avec des PME. Nous faisons aussi bien des évènements de 2000 personnes que de petits séminaires d’une dizaine de personnes ».

?id=i7CbSnAp9V7u5OioDBCy2ZhHUbiT2NzD©Marion Valière Loudiyi

Depuis, Challenger Event a déménagé et embauché une nouvelle personne. « Nous avons décroché de gros contrats en 2018 et le chiffre d’affaires a beaucoup évolué ».

En moins de 10 ans, il a presque quadruplé. Une réussite qui a valu à Florence Richard d’être nommée en 2017 lauréate d’argent dans la catégorie Femme à l’international pour les Trophées des Femmes de l’Economie Grand Sud-Ouest.

50% des événements de l'agence sont aujourd’hui organisés en France. A l’international, près de 80% des séminaires sont à destination de l’Europe. Mais l’Asie constitue aussi un marché intéressant, « à condition d’avoir des partenaires chinois investis ». Confrontée à cette problématique, la société, qui a ouvert un établissement à Hong Kong il y a presque deux ans, a décidé de se recentrer sur la France.

Quel avenir pour Challenger Event ?

A 53 ans, Florence pense déjà à l’avenir de l’entreprise, et sa future succession. « C’est vraiment une réflexion récente que j'ai depuis quelques mois » nous explique la dirigeante, qui réfléchit à une possible reprise de ses collaborateurs.

« Ça peut être un challenge de les faire monter en compétences pour qu’ils reprennent la société ». Ce ne serait alors qu’un défi de plus pour l’entrepreneure qui pourra ensuite se concentrer sur son autre « bébé » : le club Soroptimiste de Châtellerault qu’elle a créé en 2006.

A l’image de Challenger Event, cette association « qui œuvre pour les femmes », est très présente à l'international.

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