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Montpellier : L’Ametra sensibilise sur la Cyberdépendance
Par Johanne Eva Desvages publié le 09 AVR 2019 à 10:00
La lutte contre les addictions est un des axes prioritaires de l’association de santé au travail AMETRA, qui a mis en place différents outils pour répondre à cette problématique qui touche toujours davantage les entreprises. Florence Barthélémi, Infirmière en Santé au Travail, est membre d’une petite équipe dédiée à la lutte contre les addictions. Interview. 

La cyberdépendance touche aujourd’hui toutes les tranches d’âges et catégories sociales. Aujourd’hui, plus de 52% de la population adulte dort avec son portable à côté du lit.

Au sein de l’Ametra, Florence Barthélémi fait partie d’une petite équipe dédiée à la lutte contre les dépendances, pilotée par le Dr Marcou.

Au delà du problème de performance des travailleurs en totale dépendance, qui débutent leur journée de travail en étant déjà fatigués par les écrans et internet qu'ils ont consommé pendant la nuit, cette addiction a de terribles conséquences pour la santé. Des douleurs cervicales, douleurs articulaires, surpoids, maux de tête chroniques, irritabilité...

« En 40 ans, notre capacité cardiovasculaire a baissé de 25% et une personne sur 4 est touchée par la myopie à cause des écrans et le manque de lumière naturelle ». Notre capacité de mémorisation et de concentration a elle aussi baissé.

Les hommes plus dépendants aux jeux, les femmes aux réseaux sociaux et achats en ligne

En 2016, Florence Barthélémi a consacré une étude à ce sujet. « Je pensais que les informaticiens étaient les plus enclins à être cyberdépendants mais je me suis rendue compte que cette addiction touche tout le monde, et tous les secteurs. Les hommes sont majoritairement plus dépendants aux jeux et pour les femmes ce sera plus les réseaux sociaux et les achats en ligne ».

Si la cyberdépendance inquiète de plus en plus les entreprises, c’est qu’elle représente aussi un risque pour les salariés sur leur lieu de travail.

« Ça pose des problèmes, certains salariés sur la route sont connectés à leur smartphone, ce qui multiplie par 3 le risque d’accident » nous indique l'infirmière. Une situation particulièrement courante pour les travailleurs qui passent la majorité de leur temps en déplacement, à l’image des commerciaux.

"Il faut se parler et limiter les mails"

Bien que la loi Travail définit clairement le droit à la déconnexion, un problème de porosité entre la vie personnelle et la vie professionnelle s'est aussi installé dans le quotidien de nombreux Français, engendrant des cas de cyberdépendance.

Le trop plein d’informations reçues via l’informatique est aussi une source de fatigue et doit être évité : « Au sein d’une même entreprise, surtout si elle est petite, il faut se parler et limiter les mails.

Les mails font perdre de la concentration, et baissent la productivité. Il faut en moyenne 3 minutes pour se remettre à son ancienne tâche après avoir lu un mail ».

Pour agir contre la problématique des addictions les équipes de l'AMETRA ont été formées au RPIB ( Repérage précoce, intervention brève) auquel elles recourent en cas de suspicion d'addiction chez un salarié.

Des plaquettes d'information à destination des employeurs et des salariés ont été réalisées et seront prochainement téléchargeables sur le site internet de l'Ametra.

« Nous faisons de la prévention. Souvent, les personnes ne se rendent même pas compte du temps qu'elles passent devant un écran alors nous essayons d’amener une prise de conscience. Et si nous y arrivons, c’est déjà pas mal » conclut Florence Barthélémi

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