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Nouvelle-Aquitaine : L’activité économique reprend progressivement dans tous les secteurs
Par Denys Bédarride publié le 23 JUIL 2020 à 09:42
En Nouvelle-Aquitaine, comme en France, l’activité économique a été très impactée par l’entrée en vigueur, mi-mars, du confinement. Au cours du 1er trimestre, 40 000 emplois sont perdus en Nouvelle- Aquitaine, en majorité dans l’intérim. Le nombre de demandeurs d’emploi progresse fortement entre mars et mai (+ 5,9 %). Néanmoins, l’activité économique reprend progressivement, mais de manière différée pour l’hébergement et la restauration.

Fin avril, près d’un salarié sur trois est en activité partielle, congé maladie ou garde d’enfants. Suite au déconfinement, les dépenses par carte bancaire et la consommation d’électricité repartent à la hausse, retrouvant des niveaux proches de la situation antérieure. L’activité économique reprend progressivement, mais de manière différée pour l’hébergement et la restauration.

L’activité économique reprend progressivement dans tous les secteurs

L’entrée en vigueur, mi-mars, du confinement pour lutter contre la propagation du virus Covid-19 déclenche une forte contraction de l’activité économique. En avril, une première estimation, au niveau national, fait état d’une activité réduite de 30 % par rapport à la situation normale à cette période de l’année. Cette mise en sommeil perdure tout au long de la période avec toutefois une légère amélioration début mai.

Depuis le déconfinement (11 mai), l’activité reprend progressivement (− 22 % en mai par rapport à la normale puis − 12 % en juin), même si elle est inégale selon les secteurs, en fonction du contexte, des autorisations administratives et des mesures mises en œuvre par les entreprises pour assurer la sécurité sanitaire de leurs salariés.

Dans la construction, la baisse d’activité aurait été réduite de moitié en juin par rapport à mai (− 31 % contre − 61 %) reflétant la reprise des chantiers.

Dans l’industrie, la perte d’activité ne serait plus que de − 14 % contre − 32 % en mai. Toutefois, la fabrication de matériels de transport, très présente dans la région avec la construction aéronautique et, à un degré moindre, l’automobile, resterait très impactée (− 41 %), en lien avec la baisse de la demande.

L’activité reprend aussi dans les services marchands, où la baisse d’activité serait de 13 %, contre − 29 % en avril. D’autres secteurs reprennent plus lentement, la demande étant encore loin de son état habituel.

L’emploi néo-aquitain baisse mais résiste

Établie au 31 mars 2020, la situation de l’économie néo-aquitaine révèle une perte de 40 000 emplois, en lien avec la mise en œuvre des mesures d’endiguement à partir du 16 mars. Cette baisse de 1,8 % est légèrement moins importante qu’en France hors Mayotte (− 2,0 %). Elle provient, d’une part, de la présence d’activités moins touchées et, d’autre part, d’une dynamique locale.

L’impact sur l’emploi diffère selon les secteurs. L’intérim est le plus fort contributeur à la baisse avec une perte de 28 000 emplois (− 42,5 %). Ces emplois permettant notamment d’adapter les forces de travail à l’activité sur des périodes courtes, c’est le premier secteur touché lors des crises économiques. Le tertiaire marchand lui aussi avec une perte de 10 000 postes (− 1,1 %) principalement dans l’hébergement-restauration et dans les activités récréatives et destinées aux ménages.

Cependant, d’autres secteurs résistent, tels la construction où l’emploi progresse de 0,2 %, les activités liées à l’environnement (+ 0,3 %) et l’agro-alimentaire (+ 0,1 %).

L’emploi agricole enregistre également un recul plus important, mais les causes sont probablement diverses, puisqu’il est fortement soumis aux aléas climatiques et de marché.

L’évolution de l’emploi varie fortement d’un département à l’autre, en lien notamment avec les spécificités du tissu productif. Cet effet dit «sectoriel», peut être estimé en appliquant à chaque secteur les évolutions d’emploi observées en moyenne nationale. Le reste de l’évolution est imputé à un effet dit « résiduel » ou « géographique ».

Ces deux facteurs jouent de façon assez différenciée selon les départements. Ainsi, si la Vienne, la Charente, la Charente-Maritime et la Dordogne accusent en proportion les plus fortes baisses d’emploi de la région, elles présentent des profils contrastés au regard de ces deux composantes

Dans la Vienne, le poids un peu plus important de secteurs fortement impactés n’explique qu’en partie une baisse de l’emploi plus marquée qu’au national (effet résiduel négatif). Disposant d’une structure de l’emploi proche du national, les départements charentais accusent une baisse de l’emploi plus importante, imputable à des effets résiduels. Les deux effets se compensent en Dordogne avec une structure économique moins exposée qu’au national.

La Haute-Vienne, les Landes et la Gironde réussissent à limiter les pertes d’emploi grâce à la présence d’activités moins impactées et à un effet résiduel moins fort qu’ailleurs. Enfin, le Lot-et-Garonne et les Deux-Sèvres se comportent de manière atypique en réduisant les pertes malgré une économie plus exposée que la moyenne nationale.

Demandeurs d’emploi : forte hausse de la catégorie « sans activité »

Au premier trimestre 2020, le nombre de demandeurs d’emploi de fin de mois (DEFM) en catégories A, B et C augmente légèrement (+ 0,1 %) en Nouvelle-Aquitaine. Il reste toutefois en baisse sur un an (– 3,2 % en région et – 2,9 % au niveau national).

Pendant le confinement, le nombre de demandeurs d’emploi augmente fortement (+ 5,9 % entre mars et mai), un peu plus qu’en France métropolitaine (+ 5,7 %). Les jeunes sont plus touchés par cette hausse (+ 11,5 % sur les trois mois), que les seniors (+ 3,3 %).

Durant cette période, la hausse est très importante pour les DEFM de la catégorie A (sans activité) avec notamment des transferts depuis les catégories B et C (qui ont exercé une activité réduite ou longue).

Les Néo-aquitains sans aucun emploi sont ainsi 25,1 % de plus entre mars et mai, soit, là encore, un peu plus qu’en France métropolitaine (+ 22,1 %). Les moins de 25 ans sont fortement impactés, en hausse de 33,0 %. Les hommes sont davantage touchés que les femmes (+ 8,0 % contre + 4,2 %).

Près d’un salarié sur trois en activité partielle ou en arrêt maladie fin avril

En Nouvelle-Aquitaine, depuis le début de la crise sanitaire, le nombre de salariés mis en situation d’activité partielle ne cesse d’augmenter jour après jour, jusqu’à représenter entre le 25 mars et le 10 avril, 26,4 % des salariés du secteur privé (418 600 salariés en moyenne journalière sur cette période), une proportion similaire à celle observée en France métropolitaine.

À partir de la mi-avril, le recours à l’activité partielle se tasse très légèrement dans la région, augurant l’amorce d’une reprise de l’activité économique. Fin avril, 24,8 % des salariés sont en activité partielle, soit 3 points de moins que début avril (– 1,7 point en France métropolitaine).

Parallèlement, sur la période 16 mars 30 avril, le nombre de salariés néo-aquitains en arrêt maladie triple quasiment par rapport à la même période en 2019. Il représente en moyenne 7,8 % des salariés néo- aquitains (2,8 % en 2019), proportion atteignant les 10 % durant la première quinzaine du confinement pour retomber à 6 % fin avril.

Cette croissance reflète la situation des parents contraints de garder leurs enfants dans un contexte où les dispositifs d’accueil (crèches, écoles) ne sont pas opérationnels. Ainsi, depuis le début de la crise sanitaire jusqu’à fin avril, en moyenne un tiers des salariés du secteur privé néo-aquitain sont à l’arrêt, placés en chômage partiel ou en arrêt maladie garde d’enfants.

Les secteurs affectés en Nouvelle-Aquitaine ne se distinguent pas de ceux de la France métropolitaine. Dans la construction, l’activité s’est aussi fortement dégradée en raison de l’arrêt de nombreux chantiers, mais dès la mi-avril, elle reprend progressivement et plus rapidement que dans les autres secteurs. Fin avril, 38 % des salariés sont en activité partielle ou en arrêt maladiegarde d’enfants ; ils étaient 56 % au plus fort de la crise.

Le recul de l’activité touche également l’ensemble des services marchands avec 40 % des salariés à l’arrêt, pendant le pic, mais les situations doivent y être bien plus contrastées. En effet, ce secteur englobe les activités d’hébergement-restauration ou de commerce qui subissent en grande majorité l’obligation de fermeture administrative, et d’autres activités où le télétravail est possible et était déjà nettement plus répandu avant la crise (secteurs de l’information et de la communication, activités financières et d’assurance, etc.).

Dans l’industrie, ainsi que le secteur privé non marchand, le recours aux deux dispositifs couvre en moyenne respectivement 27 % et 23 % des salariés, mais semble légèrement se tasser depuis la mi-avril. L’agriculture apparaît comme le secteur le moins touché (à peine 10 %).

Tout comme en France, les petites structures sont les plus impactées, avec un taux de recours supérieur de 8 points à la moyenne régionale. Les établissements de moins de 50 salariés représentent cependant près des trois quarts des recours aux deux dispositifs, alors qu’ils concentrent la moitié des salariés du secteur privé de la région.

À l’inverse, les établissements employant entre 50 et 250 salariés et ceux de plus de 250 salariés sont un peu moins concernés : en moyenne respectivement 24 % et 17 % de leurs salariés sont concernés par l’arrêt ou la réduction de leur activité depuis le début de la crise.

Source INSEE

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