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Nouvelle Aquitaine : Un premier bilan positif pour la LGV Tours-Bordeaux
Par Diallo Anna publié le 15 FEVR 2019 à 08:00
La SNCF et l'observatoire socio-économique de Lisea ont publié les premiers résultats de la Ligne à Grande Vitesse Tours-Bordeaux (LGV), qui a coûté près de 8 milliards d'euros à la construction.

Officiellement mise en service le 2 juillet 2017, la LGV représente 7,7 milliards d'euros d’investissement entre 2011 à 2017 pour les 302 km de la ligne allant de Tours à Bordeaux.

À savoir 26 millions d'euros par km, ou encore 110 millions d’euros par minute gagnée sur un trajet entre Paris et Bordeaux.

Créé en 2012 par Lisea, concessionnaire privé de la LGV Sud Europe Atlantique jusqu’en 2061, le “bilan intermédiaire de la LGV Sud Europe Atlantique” détails son impact, sa dynamique commerciale, et ses retombées économiques, pendant sa réalisation mais aussi lors de son utilisation.

Avec un secteur de la grande vitesse en croissance de 15% depuis 2016, et une baisse des tarifs 8% en trois ans, le nombre de passagers entre Paris et la Nouvelle Aquitaine, a augmenté de 38% de 2016 à 2018.

Il s’agit de 4,6 millions de nouveaux voyageurs, soit 600 000 de plus que l’objectif fixé, pour un total de 18,1 millions de voyageurs.

Parmi eux :

    • + 24% sont des clients professionnels
    • + 60% des jeunes
    • + 200% une clientèle low-cost, grâce notamment au TGV Ouigo qui représente 25% du trafic Paris-Bordeaux.

Le trafic régional profite aussi de ces évolutions avec une augmentation de la fréquentation des TER de 13%, et encore plus pour les correspondances avec la LGV où elle atteint les 25%.

En ce qui concerne le taux d’occupation des rames, il est de 76% pour la LGV Paris-Lyon, contre 68% entre Paris et Bordeaux. En dépit de cela "le taux de satisfaction atteint 95 %, et est en hausse de dix points", se réjouit Rachel Picard, directrice générale de la SNCF Mobilités.

En perte de près de 30 millions d'euros par an, la LGV reste malgré tout déficitaire pour SNCF Réseaux. Alors qu’un aller-retour hebdomadaire direct en Thalys sera proposé entre Bordeaux et Bruxelles en 4h dès le 29 juin 2019, le PDG de SNCF Réseaux, Patrick Jeantet, estime qu’il faut y “faire rouler plus de train pour générer plus de recettes".

À Hervé Le Caignec, président de Lisea, de rajouter que "la rentabilité d'un tel projet doit se mesurer sur une très longue durée et la tarification prévue tout au long des 50 ans de la concession doit permettre de rembourser la dette."

Il s’agit aussi de savoir ce que va rapporter la LGV aux territoires qu’elle traverse.

L’économiste et président de l'observatoire de Lisea, Alain Bonnafous, justifie que "le modèle développé considère que pour un milliard d'euros injecté dans le chantier de la LGV, 326 millions d'euros bénéficient aux régions traversées entraînant un effet de levier qui aboutit à 604 millions d'€ de production régionale supplémentaire".

De ce fait, théoriquement, les travaux de la ligne à grande vitesse ont apporté 2,7 milliards d’euros d'investissements. Puis de manière direct, indirecte et induite :

    • une production supplémentaire de 1,62 milliard d’euros,
    • et une création de richesses de 755 millions d’euros, soit 0,2% du PIB des régions impliquées.

Pour ces derniers c’est plus de 13 000 emplois comparables au temps plein, dont :

    • 5 650 emplois directs,
    • 5 650 emplois indirects,
    • 2 500 emplois induits.

Entre 2011 et 2017 la construction de la LGV ayant coûté 6,2 milliards d’euros, cela représente :

    • une production supplémentaire de 3,7 milliards d’euros,
    • une valeur ajoutée supplémentaire de 1,7 milliard d’euros,
    • 31.400 emplois générés, comparables au temps plein sur un an.

"Cette LGV est l'épine dorsale de la nouvelle région, c'est l'unité de la Nouvelle-Aquitaine et il est indispensable de poursuivre au sud jusqu'à l'Espagne et Toulouse", a insisté Alain Rousset, président du Conseil régional.

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