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Comment la Région Auvergne-Rhône-Alpes fait elle face aux déserts médicaux ?
Par Redaction publié le 26 JUIN 2019 à 08:33
Les déserts médicaux gagnent du terrain à la campagne comme en ville. En Auvergne, des solutions existent pour inciter les professionnels de santé à s’installer dans les zones sous dotées.

Face au manque de personnels médicaux dans plusieurs territoires, des actions sont mises en place, notamment dans le Puy-de-Dôme, pour inciter les professionnels de santé à venir s’installer dans ce département après leurs études.

En effet, l’âge moyen d’un médecin actif en Auvergne est de 49,5 ans, toutes spécialités confondues.

Un véritable enjeu pour les territoires en pénurie de médecins

Dans le département de l'Allier, c'est l'éloignement des principaux axes routiers qui fragilise la prise en charge médicale des habitants, comme c’est le cas dans la région de Domérat ainsi qu'à l'est et au sud de Montmarault.

Dans le reste de la France, c'est en Haute-Corse où l'accessibilité à un médecin généraliste est la plus difficile. L'Aude et l'Ardèche, deux départements ruraux, arrivent en 2nde et 3ème position. Le Puy-de-Dôme est classé 5ème ; les habitants des 49 communes du département auvergnat n'ont ainsi accès qu'à une consultation maximum par an.

Plus généralement, ce sont les départements « intérieurs » de la France qui connaissent une pénurie de médecins. Cette observation avait déjà été constatée par le Conseil National de l'Ordre des Médecins dans son Atlas annuel de la démographie médicale.

Un environnement préservé, des événements culturels internationaux, des manifestations sportives de haut niveau… Voici quelques-uns des arguments mis en avant pour donner envie aux professionnels de santé ainsi qu’aux internes et étudiants paramédicaux de venir faire carrière dans le département.

Isabelle Terrasse, chargée de mission au Conseil départemental explique que : « Faire seulement du marketing territorial ne suffit pas. Lutter contre le manque de personnels médicaux nécessite aussi de bien prendre en compte l’évolution de ces professions que les aspirations des nouvelles générations. »

Le métier s’est fortement féminisé, et les nouveaux médecins souhaitent mieux équilibrer leur vie professionnelle et familiale et préfèrent travailler dans des structures collectives.

« Nous travaillons en partenariat très étroit avec l’Agence régionale de santé et les collectivités. En plus de la communication destinée à mettre en avant les atouts du Puy-de-Dôme, plusieurs pistes de réflexion sont en cours. Par exemple, nous voulons consolider le dispositif des référents professionnels de santé avec les communautés de communes : ces personnels sont chargés d’accueillir et d’accompagner les médecins et paramédicaux souhaitant s’installer sur leur territoire. », ajoute Laurent Dumas, Vice-président chargé de l’offre de santé sur les territoires.

Objectif : Attirer les professionnels

Les objectifs de la Région sont de favoriser l’attractivité médicale, anticiper les départs en retraite, intégrer les nouvelles pratiques et les nouveaux outils, notamment le Dossier médical partagé (DMP) avec le centre hospitalier de Vichy, améliorer les parcours de soins (plus particulièrement des diabétiques) et faciliter les démarches des usagers.

Plusieurs mesures sont mises en place :

- Promouvoir l'exercice regroupé

Les médecins souhaitent désormais partager les locaux, le matériel ainsi qu’un secrétariat avec d’autres médecins traitants. Pour ce faire, l’ARS (Agence Régionale de Santé) encourage la création de Maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP).

Dans l’Allier, par exemple, elle soutient à hauteur de 50 000 € le projet de MSP à Saint-Yorre, qui regroupera au moins treize professionnels de santé (médecins généralistes, gynécologue, chirurgien-dentiste, infirmières, masseurs kinésithérapeutes, orthophoniste, pédicure podologue et psychologues).

Il y a actuellement 17 MSP dans l’Allier, 11 dans le Cantal et 18 dans le Puy-de-Dôme.

- Des aides financières (aides à l’installation, exonérations fiscales)

Les ZIP (Zones d’interventions prioritaires) représentent les territoires les plus durement touchés. L’Allier en compte 6, le Cantal 5, la Haute-Loire 4 et le Puy-de-Dôme 7.

Des bourses d’études peuvent aussi être proposées en échange d’une installation. C’est le cas du dispositif « Wanted » dans l’Allier : les étudiants en médecine générale entrant en 3ème cycle touchent trois ans d’aides financières et s’engagent à s’installer dans l’Allier pour au moins six ans.

- Des stages et du tutorat

Théoriquement, un interne qui découvre un bassin de vie au cours de ses études aura plus de chance de s’y installer. La Région propose donc des bourses de 500 € pendant six mois à ceux qui font leur stage dans les déserts médicaux. 65 maîtres de stages exercent dans l’Allier, et 113 dans le Puy-de-Dôme.

- Développer le numérique

A titre d'exemple, quatre Ehpad du Cantal (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes) sont équipés de chariots, à 30 000 € l’unité, dotés d’une caméra, d’un écran, et d’un clavier qui permettent à leurs résidents de bénéficier de consultation à distance en dermatologie, pneumologie, cardiologie et psychiatrie avec des spécialistes de l’hôpital d’Aurillac.

- Des médecins correspondants du Samu

Sur les territoires situés à plus de trente minutes d’un service d’urgence, des médecins ont été identifiés pour gérer les premiers secours en attendant l’arrivée du Samu.

Lucille Piccirillo

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