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En visite à Marseille et Fos, la ministre Élisabeth Borne veut restaurer la compétitivité des ports
Par Laurie Maneval publié le 05 AOÛT 2017 à 00:40
Pour sa première visite officielle d’un grand port maritime français, Élisabeth Borne, ministre des Transports, a choisi de jeter l’ancre à Marseille-Fos pour cerner les enjeux auxquels les ports sont confrontés. Elle entend vouloir restaurer la compétitivité des grands ports maritimes. Une tâche complexe dans un contexte de baisse de la rente pétrolière, de concurrence avec le " range nord européen " et de la volonté de Bruxelles de mettre fin à l’exemption de l’impôt sur les sociétés dont bénéficient les ports français depuis 1942.

Le 27 juillet 2017, la Commission européenne jetait un pavé dans la marre en enjoignant la France d’abolir l’exemption d’impôt sur les sociétés accordées aux onze grands ports maritimes français afin d'éliminer toute distorsion de la concurrence entre les places portuaires européennes.

La ministre des Transports Élisabeth Borne, a indiqué, le 4 août à Marseille, qu’elle « veillerait à ce qu’il n’y ait pas de concurrence déloyale entre les ports ». Elle a également mis en garde Bruxelles contre les effets de cette mesure applicable au 1er janvier 2018 : « Je veillerai à ce qu’on ne fragilise pas le modèle économique des ports » a ajouté l’ancienne présidente de la RATP.

La veille de sa visite des bassins de Marseille, le Président de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur l’a interpellée sur les conséquences de cette menace pour la compétitivité portuaire nationale. « Rien ne justifie en effet que le système fiscal des ports français constitue une aide d’Etat. Ils accomplissent des missions de service public qui ne sont aucunement prises en charge par des entreprises ! La France a deux mois pour faire appel de cette décision. Aussi, j’ai demandé à Elisabeth Borne de saisir la Cour de Justice de l’Union européenne pour la contester. Si une telle mesure venait à entrer en vigueur, un port tel que le Grand Port Maritime de Marseille serait dans l’obligation de verser près de 50 millions d’euros chaque année. Cela serait catastrophique pour nos ports dont la pérennité économique serait mise en péril», s’est alarmé Renaud Muselier.

Plus mesurée, Christine Cabau Woehrel, présidente du directoire du port de Marseille-Fos, demande à ce que la commission européenne puisse analyser et comparer les missions de chaque port européen.

« Nous avons des missions régaliennes tels que le dragage. Qui finance le dragage de l’Escaut dans le port d’Anvers ? », fait remarquer la directrice. En 2016, le grand port maritime a réalisé 11millions d'€ de bénéfices.

borne marseille

Plan d’actions annoncé à la rentrée

A l’issue de la visite des bassins de Marseille-Fos, la ministre a livré les grandes lignes de sa stratégie maritime et portuaire.

« Le développement des ports constitue un enjeu majeur pour notre économie. Aujourd’hui, les modèles doivent changer avec la baisse des hydrocarbures. Cette visite me donne un éclairage important au moment où je souhaite lancer un plan d’actions à la rentrée pour redynamiser les ports et traduire les réflexions menées dans le cadre de France Logistique 2015. La compétitivité des ports répond à des enjeux de fiscalité qu’il faut regarder. Cela passe par la bonne connexion à l’hinterland et l’amélioration de la desserte des ports. Je souhaite privilégier les modes ferroviaires et fluvial et parvenir à élaborer des chaines logistiques efficaces. Marseille doit être la porte d’entrée logique pour les marchandises qui viennent d’Asie ».

port marseille

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