Démolition de 23 villas, réhabilitation de 137 logements et création d'un parc urbain de 10 000 m² : le quartier alésien de Brouzen entre dans une phase de métamorphose qui durera jusqu'à fin 2027. Un projet emblématique du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain porté par Un toit pour tous et Alès Agglomération. Reportage vidéo.
Malgré le froid de ce mardi 6 janvier 2026, les habitants du quartier de Brouzen ont répondu présents pour assister au lancement officiel de la démolition de 23 villas situées rue des Acacias et des Chèvrefeuilles. Christophe Rivenq, Maire d’Alès, Max Roustan, le sous-préfet d’Alès et les représentants d’Un toit pour tous se sont réunis pour marquer le coup d’envoi opérationnel d’un projet en discussion depuis trois ans.
“Nous avons fait le premier coup de pelle de la démolition de 23 logements individuels. C’est le démarrage opérationnel de cette transformation du quartier”, annonce Julien Prieur, directeur du Patrimoine d’Un toit pour tous. Si les travaux de démolition ont débuté en septembre avec le curage et le désamiantage des bâtiments, c’est désormais le béton qui va être démoli.
Une coulée verte de 10 000 m² pour relier le Gardon au musée PAB
À la place des villas démolies, dont les logements ont été reconstruits à Saint-Privat-des-Vieux et le seront prochainement à Saint-Hilaire-de-Brethmas, un parc urbain de près de 10 000 m² verra le jour. Cette “coulée verte”, entièrement financée par Alès Agglomération à hauteur de 2 millions d’euros, reliera les rives du Gardon au parc du musée Pierre-André Benoît et aux jardins partagés.
“C’est l’un des programmes importants de notre grand programme général de rénovation urbaine”, souligne Christophe Rivenq, maire d’Alès et président d’Alès Agglomération. “Cette coulée verte va permettre une qualité de vie encore supérieure dans ce quartier, avec des équipements publics comme le musée Pierre-André Benoît, le pôle culturel et scientifique de Rochebelle, l’accès à la nature avec les chemins de randonnée, et bien sûr les services publics de proximité.”
137 logements réhabilités avec un triple enjeu
Dès le printemps, les immeubles du quartier connaîtront d’importants travaux de réhabilitation. Au programme : réfection des parties communes, passage du chauffage au gaz vers l’électrique, création de jardins privatifs pour les rez-de-chaussée, installation de balcons, isolation thermique…
“Nous allons réhabiliter complètement 137 logements avec plusieurs enjeux. Le premier, c’est la performance énergétique. Nous allons également travailler sur la décarbonation, puisque aujourd’hui les logements sont chauffés avec des chaudières individuelles à gaz et nous allons passer tout en électrique”, détaille Julien Prieur. “Il s’agit d’améliorer le confort de vie des locataires. »
Des places de stationnement supplémentaires seront créées, des espaces arborés prendront place entre les immeubles et des cheminements adaptés aux mobilités douces seront aménagés.
“Nous organiserons des réunions avec les locataires pour affiner le calendrier et les accompagner dans ces moments particuliers”, assure le directeur du Patrimoine, qui précise que les habitants ont été associés au projet depuis un an et demi.
Une approche urbaine privilégiée
Pour Clément Rabourdin, architecte associé de l’Atelier A+, “plutôt qu’un geste architectural, c’est avant tout une approche urbaine que nous avons voulu développer. Ce qui était très intéressant dans le projet d’Un toit pour tous, c’était de traiter autant les extérieurs que les intérieurs avec toute une réflexion sur le réaménagement des espaces collectifs. Il s’agissait de faire peu à peu disparaître le bitume pour retrouver plus de végétation, des espaces piétonniers et laisser de la place pour la vie collective des habitants.”
180 millions d’euros investis dans le renouvellement urbain
Ce projet s’inscrit dans un vaste programme de transformation urbaine. “Sur les 180 millions d’euros qui vont être investis dans le cadre du NPNRU, cela représente une partie importante, portée par Un toit pour tous, grâce aux subventions de la rénovation urbaine, de l’État, d’Action Logement, de l’agglomération d’Alès et de la ville d’Alès”, rappelle Christophe Rivenq.
Le maire se félicite d’un “projet collectif qui nous rend heureux. Les choses avancent. Alès se transforme. Alès, c’est la ville la plus dynamique démographiquement de France, avec 8 300 habitants de plus en six ans. Il faut les loger ! »
D’un montant total de 18,5 millions d’euros, cette opération devrait s’achever d’ici fin 2027.
“C’est un projet colossal, ambitieux, rendu possible par le partenariat de tous les acteurs locaux”, a salué le sous-préfet d’Alès Émile Soumbo. “Nous améliorerons considérablement la qualité de vie des habitants de ce quartier historique.”
Pour Julien Prieur, “c’est une opération emblématique pour Un toit pour tous parce qu’elle concerne un quartier entier. Nous avons eu la chance de pouvoir bénéficier de l’amplification de l’agence du renouvellement urbain dans le cadre de ce projet, puisque initialement, Un toit pour tous ne faisait pas partie du projet de renouvellement urbain. C’est la mobilisation de tous qui a permis de le faire.”
Montant des opérations :
- Démolition : environ 1 100 000 € TTC
- Réhabilitation + Résidensiliation : environ 11 000 000 € TTC
- ROLLS : environ 3 200 000 € TTC
- Logements Accession : environ 2 900 000 € TTC
- Total :18 200 000 € TTC
Subventions :
- ANRU : 2 900 000 € TTC
- FEDER : 760 000 € TTC































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