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Alpes-Maritimes : Chute vertigineuse de l'activité, des carnets de commandes et des chiffres d'affaires
Par Sanya Maignal publié le 10 JUIL 2020 à 15:50
Le covid19 et la crise sanitaire en sont la cause. Même si l'incertitude sur l'avenir n'a jamais été aussi grande, les chefs d'entreprises témoignent pour autant d'une grande résilience. La question qui flotte encore concerne les mesures de soutien et le plan de relance.

L'enquête de la Chambre de commerce et d'industrie Nice Côte d'Azur le démontre : depuis la deuxième guerre mondiale, l’économie n'a jamais autant souffert.

La première étape, la plus difficile franchie, l'économie entame une deuxième, beaucoup plus longue, celle où il faut se positionner, trouver des solutions réelles et sérieuses et surtout être beaucoup plus efficace.

Pour imaginer le plan de relance, les chiffres sont indispensables et la CCI adapte son outil - Sirius - pour suivre l'impact de la crise sanitaire et établir les prévisions pour agir.

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" Retour à la normale dans un an, un an et demi "

" L'impact du covid sur l'économie azuréenne est énorme, estime Jean-Pierre Savarino. Plus d'une entreprise sur deux a été touchée. Les carnets de commandes en chute de 54 points, l'activité de 42 points, le chiffre d'affaires de 46 points... par rapport au début de l'année qui a pourtant bien commencé." La reprise est progressive et extrêmement lente" précise le Président de la CCI.

" 80% des entreprises ont été à l’arrêt pendant le confinement, aujourd'hui il en reste quand même 51% dont l'activité est réduite ou suspendue ! " On envisage aujourd'hui un retour à la normale pas avant un an, un an et demi", déplore-t-il.

Dans l'enquête menée par la CCI, les chefs d'entreprises azuréennes évoquent comme principales difficultés la baisse de la demande, les difficultés de trésorerie et du délai de paiement ainsi que l'approvisionnement. Les plus grandes menaces pesant sur le développement sont l'absence ou la baisse de clients ou de commandes (pour 71% des entrepreneurs), le reconfinement (59%), difficultés d’approvisionnement et les mesures limitatives d'exploitation.

Point positif : l'adaptation et la confiance

La pérennité de l'entreprise mise en question, les patrons s'adaptent, adaptent leur activité, réinventent, trouvent des solutions. Jean-Pierre Savarino est persuadé que les solutions viendront des entreprises elles-mêmes. 46% des entreprises ont changé l'organisation du travail, 21 % ont mis en place de nouvelles méthodes de vente, 19% ont créé de nouveaux produits et 14% ont diversifié la clientèle.

Près de la moité de chefs d'entreprises sont assez confiants quant l'avenir de leur entreprise. Ils sont, en revanche, plus inquiets voire très inquiets quant à l'économie locale ou française. En ce qui concerne l'économie mondiale seuls 17% ne se disent pas être inquiets.

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Cet été, les touristes c'est nous !

Le trésor national et azuréen - le tourisme - est en grande souffrance selon Michel Chevillon : depuis le début de la crise du covid les pertes s’élèvent à 1,5 Md d'€ !

150 000 emplois sont en jeu. Les groupes de travail ont été établis pour remettre sur pieds ce secteur qui est à l’arrêt complet depuis début mars. 50% du parc hôtelier est ouvert, certains hôtels n'ouvriront pas cette année.

En juin, l'activité a été à de -90% par rapport à juin 2019. A Cannes, selon les prévisions le taux de remplissage pour le mois de juillet serait de 45-50% (contre 70-75% habituels pour ce mois).

En août, on devrait être à -25 points par rapport aux années précédentes. Si le secteur est en expectative, les avions se font beaucoup plus rares que d’habitude. Néanmoins le Vice-Président en charge du tourisme est confiant :

" La clientèle locale, du sud et puis de toute la France sera au rendez-vous. On communique beaucoup pour attirer les locaux : cet été les touristes c'est nous ! Puis, les Anglais, les Italiens arrivent en voiture. "

Pourtant, l'arrivée de ceux qui ont un grand pouvoir d'achat - touristes américains, russes, du moyen orient ou asiatiques - reste plus qu'incertaine. Septembre et octobre demeurent une grande inconnue notamment quant au retour du tourisme d'affaires.

"Les pompes se sont réamorcées et c'est le plus important", finit sur une note optimiste et positive Michel Chevillon.

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