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Auvergne Rhône-Alpes : 2020 restera marquée par le grand coup d’arrêt porté à l’économie régionale.
Par Denys Bédarride publié le 14 JUIL 2021 à 08:00
De confinements en couvre-feux en passant par la fermeture de certains établissements, tous les secteurs et tous les acteurs économiques ont été touchés par la pandémie de Covid-19, à des degrés divers toutefois. En Auvergne-Rhône-Alpes, l’emploi salarié baisse de 1,7 % et, dans le même temps, le nombre de demandeurs d’emploi augmente de 6,1 %. Le secteur du tourisme, particulièrement présent dans la région, est durement touché, plus fortement dans les hôtels que dans les campings. Très impacté par la limitation des déplacements, le secteur des transports souffre avec une chute de 68,5 % du trafic aérien, exprimé en nombre de passagers transportés, et une baisse générale du nombre de véhicules neufs vendus. La construction est également concernée par la baisse de l’activité, seul l’emploi du secteur résiste et termine en hausse (+ 2,1 %). Enfin, l’évolution du nombre de créations d’entreprises surprend, battant un nouveau record en dépit des circonstances sanitaires si particulières.

L'emploi décroche : – 1,7 %

Après avoir connu une période faste sur les huit dernières années, l’emploi salarié décroche suite à la crise sanitaire et aux confinements successifs. Fin 2020, la région compte 3 011 000 salariés, soit 52 000 de moins qu’il y a un an et une baisse de 1,7 %, supérieure à celle du niveau national (– 1,1 %).

Les effets de la crise sanitaire se font particulièrement ressentir dans le secteur tertiaire marchand (– 4,0 %) ainsi que dans l’industrie (– 1,6 %). Le secteur tertiaire non marchand (+ 1,0 %) et la construction (+ 2,1 %) parviennent à rester dans le vert. Enfin, l’emploi intérimaire chute de manière inédite lors du premier confinement, mais se redresse par la suite.

Demandeurs d’emploi (cat. A, B et C) en hausse : + 6,1%

Fin 2020, en dépit des reprises d’emploi et du renforcement de l’activité partielle pour limiter les effets de la crise sanitaire, le nombre de demandeurs d’emploi, toutes catégories confondues, enregistre une hausse de 6,1 %. Elle est plus conséquente pour les personnes inscrites en catégorie A, sans activité et inscrites à Pôle emploi (+ 9,8 % sur un an).

L’accroissement est nettement plus modéré pour les personnes cumulant activité réduite et recherche d’emploi (+ 0,7 %). L’année est marquée par des mouvements conséquents de va-et-vient entre les catégories de demandeurs d’emploi, liés aux contraintes imposées par les confinements successifs.

Malgré la hausse du nombre de demandeurs d’emploi, le taux de chômage régional au sens du Bureau International du Travail (BIT) reste stable à 7,0 % de la population active, en deçà du taux national (8,0 %, en légère baisse de 0,1 point). Cette évolution en trompe-l’œil tient à la définition du taux de chômage : les personnes définies comme chômeuses au sens du BIT doivent mener une recherche active d’emploi.

Or, celle-ci a été fortement limitée en 2020 par les périodes de confinement, faisant sortir certains demandeurs d’emploi des statistiques du taux de chômage au sens du BIT.

Créations d’entreprises plus élevées qu’en 2019 : + 3,2 %

Malgré une situation de l’emploi plus que morose, les créations d’entreprises continuent de croître dans la région. Le niveau atteint dépasse celui de 2019, qui était déjà une année record.

En 2020, 103 500 entreprises ont été créées en Auvergne-Rhône-Alpes, en hausse de 3,2 %, un taux toutefois en retrait par rapport à celui des années précédentes. Le premier semestre, particulièrement morose, subit de plein fouet le choc du premier confinement.

Mais le nombre de créations repart et grimpe en flèche au troisième trimestre. Le deuxième confinement de novembre-décembre n’a eu que des effets limités, avec une légère baisse au quatrième trimestre.

Les créations sous le statut de microentrepreneur portent l’essentiel de la croissance régionale (+ 6,0 %), tandis que les créations sous forme sociétale se maintiennent. En revanche, les créations d’entreprises individuelles fléchissent (– 7,4 %).

Effet indirect de la crise sanitaire, les défaillances d’entreprises sont en chute libre (– 43 % par rapport à 2019). Cette baisse est la conséquence de deux facteurs qui se combinent. Lors du premier confinement, les tribunaux de commerce ont dû reporter leurs jugements. Puis, le déploiement massif des aides de l'État destinées aux entreprises en difficulté a réduit de fait les procédures de redressement judiciaire.

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Construction : tous les indicateurs en baisse, sauf l’emploi (+ 2,1 %)

Dans le secteur de la construction, les indicateurs affichent un fort repli en 2020. Les mises en chantier de logements, avec 49 300 logements commencés, sont en recul de 3,9 % par rapport à l'année 2019.

De même, les autorisations à la construction décrochent (– 13,6 %) pour atteindre un cumul de 55 200 logements sur l’année. En termes de commercialisation, 14 240 maisons et appartements neufs sont réservés, en recul de 23 % par rapport à 2019.

La construction de locaux est également orientée à la baisse et les activités d’entretien-rénovation du Bâtiment voient leur niveau d’activité reculer et les carnets de commandes des travaux publics se réduire.

Dans ce climat morose, l’emploi salarié de la construction progresse néanmoins (+ 2,1 %), même si l’intérim décroît en fin d’année.

Transports : baisse record du nombre de passagers transportés (– 68,5 %)

Dans le secteur des transports, le constat est identique, en lien avec la forte limitation des déplacements imposée par les confinements. Le nombre d’immatriculations de véhicules neufs enregistre une baisse importante, quel que soit le type de véhicules.

Les ventes de véhicules particuliers neufs chutent de 23 %, celles de véhicules utilitaires légers de 14 %. Le trafic aérien fait partie des secteurs les plus touchés par la pandémie sanitaire mondiale et connaît une diminution historique du nombre de passagers transportés (- 68,5 % dans la région).

Le bassin Rhône-Saône est le bassin français qui subit la plus forte contraction du transport fluvial de marchandises.

Agriculture : envolée des prix sur les fruits et légumes

La crise sanitaire et ses conséquences sur la vie économique ont également modifié les habitudes de consommation des ménages et perturbé la demande, nécessitant une grande réactivité de la part des acteurs de la chaîne alimentaire et plus particulièrement des producteurs du secteur agricole.

L’année 2020 s’est révélée être chaude et sèche, pénalisant les rendements de plusieurs cultures. Les productions de vin, de lait, de bovins et de porcs subissent les conséquences économiques de cette crise avec des effets disparates sur les prix. La filière fruits et légumes voit les prix de nombreuses productions s’envoler.

Énergie-climat : forte baisse de la pollution en période de confinement

Comme cité précédemment, l’année 2020 est une année chaude et ensoleillée ; elle connaît deux épisodes de canicule, en juillet et en août. La température maximale moyenne est ainsi la plus forte enregistrée depuis dix ans et le déficit de précipitations, le plus important depuis 1978.

La crise sanitaire fait chuter la pollution de l’air pendant les périodes de confinement et la consommation d’électricité connaît également une baisse de près de 6 %. La production d’électricité renouvelable, essentiellement liée à la production hydraulique dans la région, a en revanche progressé de 7 %.

Crédits : hausse record en 2020 (+ 10 %)

Poussée par la situation de crise sanitaire, la distribution des crédits atteint des records, avec plus de 275 milliards d’euros d’encours, soit une hausse de près de 10 %, après + 6 % en 2019. La politique de soutien aux entreprises, destinée à atténuer les conséquences économiques de la crise, a eu pour effet une augmentation exceptionnelle des encours de crédits de trésorerie (+ 68 %). La progression des crédits à l’habitat reste effective quoique plus modérée que les années passées.

Deux autres marqueurs de la vie économique illustrent l’impact de la crise sanitaire dans notre région.

Le volume d’heures rémunérées par les entreprises donne un aperçu du niveau d’activité dans la région. Ses fluctuations montrent de grandes différences sectorielles.

En mars 2021, le volume d’heures rémunérées se situe 6 % au-dessous du niveau de mars 2019 (– 9 % dans les services marchands, – 3 % dans l’industrie et + 2 % dans la construction).

Fortement en repli lors du premier confinement en mars-avril 2020, de manière un peu moins marquée à l’automne, les transactions par carte bancaire font état d’un repli de la consommation bien moins sévère en toute fin d’année.

En début d’année 2021, le niveau des transactions CB reste néanmoins 8 % au-dessous de la même période de 2019, avec de fortes fluctuations hebdomadaires. Toutefois, les informations nationales les plus récentes montrent une forte reprise de la consommation des ménages en mai 2021.

Source INSEE

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