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Brigitte Barèges : « Les marchands de sommeil n’ont pas droit de cité à Montauban »
Par Charline Poullain publié le 22 SEPT 2020 à 09:53
Pour Ecomnews, Brigitte Barèges, maire de Montauban et Présidente du Grand Montauban revient sur la rentrée économique du chef lieu du Tarn-et-Garonne et alors que la justice a condamné cet été des marchands de sommeil, la municipalité croise le fer contre l’habitat indigne.

A Montauban, où le port du masque est obligatoire en cœur de ville, les terrasses des places et des ruelles de briques rouges attirent toujours autant.

« Sur plan économique, je dirais que c’est plutôt positif, grâce à l’ouverture du musée Ingres Bourdelle et aux activités ludiques que nous avions mises en place, les cafés restaurants ont fait un bon chiffre d’affaires », analyse Brigitte Barèges, maire de Montauban. Ce qui n’est pas le cas de tous les magasins, « le prêt à porter a beaucoup souffert dans le centre ».

Le tissu agroalimentaire très développé à Montauban a bien fonctionné. Quant aux sous-traitants d’Airbus, il n’y a pas de plan social en cours.

Au registre des actions municipales, l’élue cite l’annulation des loyers jusqu’à la fin de l’année, l’exonération de la cotisation foncière des entreprises et de la taxe locale d’équipement. Sans oublier 1 million d'€ d’aides aux commerces votées par l’agglomération.

« Tout cela devrait favoriser le maintien de l’activité, mais il faut rester prudent... », souligne la présidente du Grand Montauban.

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« Nous allons investiguer rue par rue, immeuble par immeuble ».

Pour l’heure, la municipalité de Montauban s’attaque à un autre dossier : « C’est un véritable trafic de la misère humaine que nous souhaitons dénoncer », tonne la maire.

Le 25 août dernier, un agent immobilier et le propriétaire d’un bien situé rue de la Résistance, une artère commerçante du centre-ville, ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Montauban pour location d’un logement insalubre. Lors d’une intervention sur place, la police municipale avait découvert « un T2 où s’entassaient 10 à 20 personnes. C’est ce que l’on appelle des marchands de sommeil. Nous sommes face au même problème que celui des passeurs. »

« Nos exploitants agricoles ont l’obligation de loger leurs travailleurs saisonniers », rappelle la première magistrate. Lançant par là même « un appel très clair aux marchands de sommeil, qu’ils sachent qu’ils n’ont pas droit de cité à Montauban. Nous allons investiguer rue par rue, immeuble par immeuble et palier par palier ! ».

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En parallèle : « Tous les locataires victimes de tels agissements peuvent venir trouver les services municipaux, nous serons à leur écoute ». Mais sans préciser plus avant quelles seraient les solutions de relogement. Le calendrier joue en faveur de Montauban : une ordonnance visant à simplifier la procédure dans ces affaires vient d’être rendue.
Pour mémoire, la Ville avait déjà voté en 2017 un permis de louer, requérant toutes les garanties de sécurité pour les locataires. Ce dispositif issu de la loi ALUR (accès au logement et urbanisme rénové) a été mis en application sur le territoire communautaire du Grand Montauban.

« Je lance cet appel, peut-être que d’autres maires vont réagir », conclut Brigitte Barèges. Robert Ménard, maire de Béziers, est d’ailleurs attendu à Montauban le 1er octobre pour une conférence publique sur le sujet.

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