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Denys Bédarride
Aujourd'hui Dernière mise à jour le Mardi 24 Mars 2026 à 12:29

Ce dimanche 22 mars 2026, un séisme politique a secoué la capitale béarnaise. Jérôme Marbot, candidat socialiste à la tête de la liste d’union de la gauche « Nouvelle Ère » (PS, Place publique, PCF, EELV – hors LFI), a été élu maire de Pau avec 42,45 % des suffrages exprimés (11 174 voix). Il devance de justesse le maire sortant François Bayrou (MoDem, divers centre – liste « Nous aimons Pau ») qui obtient 41,14 % (10 830 voix), soit un écart de seulement 344 voix. À 52 ans, Jérôme Marbot met ainsi fin à douze années de règne de François Bayrou à la mairie de Pau (depuis 2014), marquant la fin d’une ère et un tournant à gauche dans cette ville historiquement centriste.

Né en 1974 à Pau, Jérôme Marbot est un pur produit du Béarn. Issu d’une famille modeste, il a grandi dans les quartiers populaires de la ville avant de devenir professeur d’histoire-géographie dans un lycée palois, puis cadre dans l’éducation nationale. Militant socialiste depuis ses 20 ans, il a été conseiller municipal d’opposition sous l’ère Bayrou de 2014 à 2020, puis de 2020 à 2026.

Connu pour son style sobre, son sens du contact et sa capacité à écouter, Jérôme Marbot a construit son image sur la proximité et la critique patiente de la gestion Bayrou. Il a souvent été décrit comme « l’homme qui ne crie jamais mais qui ne lâche jamais ». 

Refusant toute alliance opportuniste au premier tour, il a maintenu une ligne d’indépendance à gauche, tout en rassemblant autour de lui une coalition écologiste et progressiste au second tour. Marié et père de deux enfants, il incarne une gauche de gouvernement, pragmatique et attachée au service public.

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Le programme qui a fait basculer l’élection : « Nouvelle Ère » pour une Pau plus juste et plus verte

Au premier tour (15 mars 2026), François Bayrou était arrivé largement en tête avec environ 33,8 % contre 26,3 % pour Marbot. Mais le socialiste a su capitaliser sur un fort report des voix de gauche et sur un rejet croissant de la « marque Bayrou » après les années Macron et le départ de Matignon.

Son programme « Nouvelle Ère » s’est articulé autour de trois axes majeurs qui ont résonné auprès des électeurs

1) Justice sociale et pouvoir d’achat local

  • Gel des tarifs des services municipaux (cantines, crèches, transports en commun) pendant deux ans. 
  • Création d’un « chèque pouvoir d’achat béarnais » de 150 € par an pour les foyers modestes. 
  • Augmentation des aides à la rénovation énergétique pour les ménages les plus précaires. 
  • Refonte des loyers des logements sociaux et programme ambitieux de 800 nouveaux logements abordables d’ici 2032.
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2) Transition écologique et qualité de vie

  • Extension massive des pistes cyclables et piétonnes (doublement du réseau d’ici 2030). 
  • Piétonnisation progressive du centre-ville (extension de la zone piétonne le week-end et en soirée). 
  • Plan « Pau respire » : plantation de 10 000 arbres supplémentaires et création de nouveaux îlots de fraîcheur. 
  • Arrêt définitif du projet de contournement autoroutier au profit d’alternatives ferroviaires et de mobilité douce.
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3) Démocratie participative et renouvellement

  • Mise en place d’un vrai budget participatif (5 % du budget d’investissement). 
  • Création de comités de quartier dotés de budgets propres. 
  • Ouverture des instances municipales aux habitants (conseil citoyen permanent). 
  • Rajeunissement et parité renforcée de l’équipe municipale (plus de 50 % de nouveaux visages sur la liste).

Jérôme Marbot a insisté sur une rupture avec « la politique du spectacle et des grands projets coûteux » (critique implicite des investissements de François Bayrou comme le stade d’eaux-vives ou certains aménagements urbains). Il a promis une gestion « sobre, transparente et au service de Pau » plutôt que « des images pour la nation ».

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Une victoire étroite mais symbolique

Avec 38 sièges sur 55 au conseil municipal (contre 11 pour Bayrou et 4 pour le RN), Jérôme Marbot dispose d’une majorité confortable pour mettre en œuvre son programme. 

Sa première déclaration, prononcée dans la soirée du 22 mars, a été sobre : « Pau mérite une nouvelle ère. Nous allons travailler pour tous les Palois, sans exclusion, avec humilité et détermination. »

Après des années de domination centriste, Pau bascule donc à gauche. Jérôme Marbot, discret mais résolu, devient le nouveau visage de la ville. Les Palois attendent maintenant les premiers actes concrets d’un maire qui a promis de changer le quotidien plutôt que de faire la une des journaux nationaux. 

Le défi commence dès demain.

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