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Analyse : Toulouse bénéficie de l’emploi dans les grandes entreprises. Montpellier, l'emploi grâce aux PME et TPE
Par Denys Bédarride publié le 24 FEVR 2021 à 09:02
En Occitanie, les grandes entreprises accroissent leur place dans l’économie marchande entre 2008 et 2017 pour atteindre un salarié sur quatre. Dans les entreprises de taille intermédiaire (ETI), l’emploi augmente également sur la même période. L’emploi régional reste néanmoins concentré dans les petites et moyennes entreprises (PME) et microentreprises. Analyse avec l’INSEE.

Le poids de ces entreprises diminue du fait de l’ampleur des mouvements de franchissement de seuil vers une catégorie plus élevée. La croissance des grandes entreprises provient ainsi principalement de l’apport d’ETI.

De même, la hausse de l’emploi dans les ETI résulte du dynamisme des PME, lui-même alimenté par la croissance des microentreprises. L’essentiel de l’emploi créé dans les grandes entreprises se concentre dans la zone d’emploi de Toulouse, surtout dans la filière aéronautique.

Montpellier bénéficie de la croissance des ETI, pour beaucoup dans le secteur de la santé.

Le tissu économique est composé d’un réseau de grandes et de petites entreprises en interaction. Ces entreprises sont présentes dans les territoires au travers de leurs établissements.

En Occitanie, dans les secteurs marchands hors agriculture, 133 500 établissements emploient 1,2 million de salariés en 2017. Au cours de la dernière décennie, c’est dans les grandes entreprises et dans les entreprises de taille intermédiaire (ETI) que l’emploi augmente le plus en Occitanie.

Les grandes entreprises et les ETI concentrent davantage d’emploi

Dans la région, les établissements de grandes entreprises emploient 287 000 salariés en 2017, soit une hausse de 39 000 par rapport à 2008 (figure 1). Les grandes entreprises accroissent ainsi leur part dans l’emploi régional, de trois points, pour atteindre 25 % des salariés de l’économie marchande (26 % en France).

Parmi les plus emblématiques, Airbus, Thales Alenia Space, Altran Technologies sont implantées dans la zone de Toulouse, Bosch dans celle de Rodez, Daher Socata à Tarbes-Lourdes ou Sanofi Aventis à Montpellier. Dans le secteur de la fabrication de matériel de transport, les grandes entreprises dominent. Elles concentrent 86 % des salariés du secteur, employés en majorité dans la construction aéronautique et spatiale.

Du fait de la concentration de l’activité aéronautique et spatiale dans la zone d’emploi de Toulouse, c’est dans cette zone que la présence des grandes entreprises est la plus forte de la région : plus d’un salarié toulousain du secteur marchand sur trois travaille dans une grande entreprise (36 %).

En évolution, la zone de Toulouse concentre également la croissance de l’emploi des grandes entreprises (+ 32 000 emplois sur les 39 000 de la région).

Dans les zones d’emploi de Figeac- Villefranche, Montauban et Tarbes-Lourdes, l’emploi augmente également très fortement dans les grandes entreprises. A contrario, il diminue nettement dans les zones d’Auch, d’Alès-Le Vigan, de Foix-Pamiers et de Rodez.

Dans les deux premières, la plupart des grandes entreprises ont des activités dites présentielles (La Poste, SNCF, des banques ou de grands groupes du commerce comme Carrefour, Darty ou Decathlon).

Entre 2008 et 2017, l’emploi dans les ETI augmente dans la plupart des régions. En Occitanie, il progresse de 30 000 salariés sur la période, notamment dans les zones d’emploi de Montpellier et de Toulouse qui contribuent chacune à cette croissance à hauteur de 9 000 salariés.

L’Occitanie demeure néanmoins la région où le poids des ETI est le plus faible (22 % de l’emploi régional), après la Corse. En particulier, dans les zones de Millau, Alès-Le Vigan, Albi et Castres-Mazamet, les ETI pèsent peu. À l’inverse, elles sont bien implantées dans la zone Nord-du-Lot, avec Andros par exemple dans l’industrie agro-alimentaire ou dans la zone de Montpellier avec notamment la filiale française de Dell dans le commerce de gros et l’association Présence Verte Services dans l’aide à domicile.

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Les PME confirment leur ancrage en Occitanie

L’emploi dans les PME, historiquement très implantées dans le tissu économique d’Occitanie, continue à croître entre 2008 et 2017 avec 7 000 emplois supplémentaires, à la différence de la plupart des autres régions où il est stable ou en recul (figure 2). À l’inverse, l’emploi dans les microentreprises diminue en Occitanie, comme dans l’ensemble des régions.

Bien qu’il soit en hausse dans les grandes entreprises et les ETI, l’emploi reste toujours davantage concentré dans les microentreprises et les PME en Occitanie qu’au niveau national, à l’instar d’autres régions du sud de la France, comme PACA ou la Nouvelle-Aquitaine.

PME et microentreprises fournissent plus de 70 % des emplois salariés marchands dans les zones d’Alès-Le Vigan, Agde-Pézenas et Saint-Gaudens, territoires où l’économie est davantage orientée vers les activités présentielles, en particulier le tourisme. À l’inverse, elles emploient moins de la moitié des salariés dans les zones de Toulouse (39 %) et Bagnols-sur-Cèze (45 %).

Néanmoins, comparer les situations 2008 et 2017 en matière d’emploi salarié ne permet pas de connaître la dynamique réelle de création d’emploi des entreprises.

En effet, les variations nettes d’emploi par catégorie d’entreprise sont la résultante de plusieurs composantes qui traduisent différentes interactions au sein du tissu économique. Par exemple, lorsqu’une ETI augmente son effectif, elle peut devenir une grande entreprise, ce qui contribue à augmenter le poids des grandes entreprises et à diminuer celui des ETI, alors que les emplois créés proviennent en fait de l’ETI.

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Les microentreprises alimentent la croissance des PME

L’emploi des microentreprises diminue de 21 000 salariés dans la région entre 2008 et 2017. Si cette diminution est forte dans le secteur de la construction, à l’inverse les microentreprises de l’hébergement-restauration gagnent de l’emploi sur la période.

Dans la plupart des secteurs où l’emploi baisse, cette évolution s’explique en grande partie par la croissance des microentreprises qui franchissent un seuil les conduisant à changer de catégorie, ou par leur intégration dans un groupe de plus grande taille.

Ainsi, 36 000 salariés basculent des microentreprises vers les PME. Le commerce, le conseil et les services aux entreprises ainsi que les activités d’information et de communication sont les secteurs où les microentreprises alimentent le plus la croissance des PME. En revanche, les basculements vers les ETI et les grandes entreprises sont beaucoup plus rares.

En dehors de ces mouvements, les établissements pérennes des microentreprises créent 15 000 emplois entre 2008 et 2017. Bien que les créations et disparitions de microentreprises soient très nombreuses, au final, elles influent peu sur la variation nette d’emploi salarié : les 150 000 emplois générés grâce aux créations compensent un nombre équivalent d’emplois détruits suite aux disparitions.

De forts écarts dans la région

Entre 2008 et 2017, l’ emploi augmente essentiellement dans les zones d’emploi des deux métropoles. Dans celle de Toulouse, les grandes entreprises créent 15 000 emplois, en majorité dans la filière aéronautique et spatiale.

C’est l’une des rares zones où les grandes entreprises sont créatrices d’emploi sans l’apport des ETI. Sur la zone d’emploi de Montpellier, l’ emploi baisse dans grandes entreprises si l’on retire l’apport des ETI et des PME.

En revanche, les ETI sont très dynamiques, avec 6 000 emplois créés, surtout dans le secteur de la santé mais aussi dans l’information et la communication.

Dans les zones de Toulouse et de Montpellier, les microentreprises sont nettement créatrices d’ emploi à contour constant, avec respectivement 10 000 et 7 000 emplois supplémentaires.

Ce sont aussi les zones où les microentreprises changent le plus souvent de catégorie en devenant PME. Dans la zone de Perpignan, la dynamique est proche de celle de Montpellier, avec des ETI qui créent des emplois, notamment dans les services aux entreprises, et des microentreprises dynamiques.

Par ailleurs, dans le secteur de la santé, des cliniques intègrent des groupes de plus grande taille, faisant basculer de nombreux emplois des ETI vers les grandes entreprises.

À Nîmes et Albi, l’emploi progresse essentiellement dans les PME et les microentreprises. L’emploi diminue dans les grandes entreprises et chute dans les ETI, en particulier dans l’industrie.

Dans la zone d’Albi, l’emploi dans les ETI baisse également dans les services aux entreprises. À Tarbes-Lourdes, les ETI, PME et microentreprises perdent des emplois.

C’est aussi le cas des grandes entreprises si l’on retire l’apport des ETI.

Source INSEE Occitanie

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