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La CCIR PACA veut continuer à exister mais la partie s’annonce serrée
Par Nathalie Bureau du Colombier publié le 04 OCT 2018 à 12:00
Dans un contexte de baisse sensible des ressources programmées de l’Etat, la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Région d’Industrie Provence Alpes Côte d’Azur entend rester « visible ». Roland Gomez, fondateur de la société d’intérim Proman qui préside de l’institution depuis quelques mois veut revenir au centre du jeu. Aux côtés de la Région Provence Alpes Côte d'Azur, la CCIR entend aider les PME régionales à solliciter les fonds européens et soutenir l’action des sept CCI territoriales.

Quel avenir pour les CCI ?

« Je ne veux pas être celui qui éteindra la lumière. Quand j’ai pris la présidence de la CCIR, je savais que ce ne serait pas facile. Le gouvernement est persuadé que les chambres de commerce coûtent cher. Les coupes dans les financements nous conduisent à supprimer des postes », lâche Roland Gomez, président de la Chambre régionale de Commerce et d’Industrie Provence Alpes Côte d’Azur jusqu’en 2022.

L’effort demandé depuis quelques années aux CCI va se poursuivre avec de nouveaux coups de rabot. Le ministre de l’économie Bruno Lemaire ayant annoncé une diminution du budget des CCI de 100 millions d'€ par an pendant quatre ans avec une « ponction supplémentaire de 100 million d'€ en 2020 ».

Conséquence inéluctable, la suppression de 5 000 à 8 000 emplois supplémentaires dans les CCI territoriales d’ici à 2022. « En 5 ans nous sommes passés de 25 000 à 19 000 collaborateurs », souligne Stéphane Gueydon, directeur général de la CCI du Var.

En région PACA, les effectifs consulaires sont passés de 1 600 en 2014 à 1 200 actuellement. La masse salariale de la CCIR concentre 70% du budget annuel de la CCIR PACA (8 millions d'€).

L’hémorragie devrait donc se poursuivre dans les années à venir.

« Dans les Alpes de Haute-Provence, nous sommes 36 personnes, de nouveaux emplois vont être supprimés. Avec 16 personnes, nous ne serons pas en capacité d’assurer nos missions », prévient Alban Richaud, directeur général de la CCIT du 04 tout en rappelant que la situation est différente pour les CCI gestionnaires des ports et des aéroports.

Alain Richaud redoute de voir les établissements se transformer progressivement en cabinet de conseils avec une facturation des services aux entreprises.

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« Aider les entreprises à décrocher des financements européens »

Si l’âge d’or des institutions consulaires est révolu, elles entendent travailler en rang serré en mutualisant certaines fonctions (RH, informatique…) et conserver leurs missions de conseil auprès des entreprises.

« La CCIR n’est pas la huitième chambre de PACA, elle doit soutenir la promotion des CCI territoriales. Nous voulons faciliter l’accès des entreprises aux financements européens. Il y a de l’argent qui nous est destiné et que nous ne captons pas. Nous allons créer une task force avec les CCIT et la Région. Il faut ouvrir une nouvelle ère de partenariat avec le Conseil régional et sur la définition des objectifs communs. Une convention cadre existe et nous devons la revisiter pour lui donner davantage d’impact et de contenu », souligne Roland Gomez qui doit rencontrer le président de Région le 17 octobre prochain.

En direct de Marseille avec Nathalie BUREAU DU COLOMBIER

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