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En direct de Grenoble : Phoenix Mobility transforme les véhicules thermiques en véhicules électriques
Par Guillaume Bernard publié le 11 AVR 2022 à 09:43
A Grenoble, la toute jeune entreprise Phoenix Mobility développe le "rétrofit". L'idée ? Reconvertir les véhicules thermiques en véhicules électriques. Soutenue par la métropole de Grenoble, l'entreprise compte bien trouver son rythme de croisière d'ici peu. Reportage.

C'est une idée révolutionnaire."

Présent à pour visiter l'usine pilote de Phoenix Mobility, Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole, ne cache pas sa joie:

"Nous avons de la chance d'avoir de tels talents sur notre territoire. Et nous avons de la chance que ces jeunes gens portent à la fois des projets innovants mais aussi des solutions d'avenir pour lutter contre le réchauffement climatique."

A l'heure où le GIEC publie un 6ème volet de son rapport, centré sur la question des solutions à apporter à la crise climatique, le président de la métropole voit l'entreprise Phoenix Mobility comme une de ses solutions potentielles.

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Créée en 2018, à partir d'un projet étudiant, Phoenix Mobility est une entreprise basée à Grenoble qui compte 30 employés.

Wadie Maaninou et Antoine Desferet, deux des cofondateurs, animent la visite du jour :

"Depuis 2018, Phoenix Mobility convertit les véhicules thermiques à l’électrique en proposant des kits de conversion 100% conçus et produits dans leur usine iséroise."

En clair: vous emmenez votre véhicule thermique chez Phoenix Mobility et 48h plus tard, il est devenu électrique. Le moteur thermique est remplacé et votre réservoir est devenu un espace de branchement ou deux prises distinctes peuvent être utilisées.

"Cela a de nombreux avantages, admire le président de la Métropole grenobloise, les gens n'ont pas besoin de se séparer de leur véhicule et on évite d'en faire fabriquer un nouveau, ce qui a toujours un coût écologique".

Pour l'heure l’entreprise cible principalement les véhicules utilitaires (VUL et fourgons), et les véhicules carrossés et spéciaux (dépanneuse, ambulance…). Les collectivités et les entreprises sont les principaux clients visés.

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Une réponse aux contraintes de la ZFE

Comparé à un véhicule thermique, l'autonomie (100 à 250 km) des véhicules rétrofités peut paraître faible. "C'est pour cela que nous visons en priorité les véhicules professionnels qui n'ont pas beaucoup de trajet à faire par jour, explique Antoine Desferet, un des cofondateurs, de plus avec la mise en place des Zones à faible émission (ZFE) dans les villes et notamment à Grenoble, les collectivités sont obligées de renouveler leur flottes et rétrofiter leurs véhicules coûte moins cher et est plus écologique que d'en acheter des nouveaux, même électriques".

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En effet, la Métropole iséroise a mis en place en mai 2019, une ZFE.

Depuis, les poids lourds et véhicules utilitaires légers équipés d’une vignette Crit’Air 4, 5 ou “Non classé” n’ont plus le droit de circuler ni de stationner dans 27 communes de la Métropole.

Une mesure motivée par deux chiffres : dans la métropole iséroise, les poids lourds et véhicules utilitaires légers représentent 48% des émissions d'oxydes d'azote et 33% de celles de particules fines émises.

"Ici, le rétrofit a un vrai rôle à jouer puisqu’il permet aux automobilistes d’obtenir la vignette Crit’Air 0 sans changer de véhicule", affirme la métropole.

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Bien décidée à appuyer une offre qui va, selon elle, dans le bon sens, la métropole octroie une aide de 12 000 € pour les entreprises qui souhaitent rétrofiter des véhicules.

S'ajoutent à cela des aides nationales de l'ordre de 3000 €. "Au final vous n'avez que 10 000€ à débourser de votre poche", conclut Antoine Desferet.

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