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Occitanie : Quel est l’impact de la crise sanitaire sur la santé mentale des chefs d’entreprise ?
Par Noémie Bouisset publié le 18 JUIN 2021 à 09:13
Aipals, la médecine du travail, en partenariat avec l’observatoire Amarok, a publié récemment son baromètre de « la santé au travail des dirigeants » qui révèle une dégradation de la santé des chefs d’entreprise depuis le début de la crise sanitaire.



Le baromètre sur la santé au travail des dirigeants, mené par Aipals avec l’observatoire Amarok, rassemble les réponses de 256 chefs d’entreprises adhérentes du Grand Montpellier, souvent similaires aux données nationales.

L’enquête a été effectuée en octobre et novembre 2021, ce qui signifie que certains entrepreneurs ont répondu avant, et d’autres pendant, le deuxième confinement.

63 % des répondants sont des hommes. En tout, 54 % des dirigeants sondés sont non-salariés de leur entreprise, et donc non suivis par un service de santé. La majorité des répondants se situe dans la tranche d’âge 45-54 ans et 77 % ont plus de 45 ans.

89,9 % des chefs d’entreprise s’estiment stressés, dont 11,9 % qui se considèrent « extrêmement stressés ». La moitié des dirigeants présentent un risque de burnout (50,9 %), dont 9,7 % qui sont en danger très élevé. L’étude montre que le risque est légèrement plus important chez les femmes et il semble aussi diminuer avec l’âge, particulièrement pour les répondants de plus de 65 ans.

Si 6 dirigeants sur 10 estiment que leur santé physique est bonne, voire excellente, plus de la moitié considèrent que leur santé mentale ne l’est pas. Les résultats de l’enquête reflètent une fatigue et une lassitude psychologiques.

Les risques de burnout sont souvent représentés sous la forme de la fatigue, de la déception vis-à-vis de certaines personnes et du sentiment d’en avoir marre.

Ceux qui s’observent le moins sont la maladie ou un état physique faible ainsi que le désespoir et l’impression d’être sans valeur. Or, pour ceux dont l’état physique se dégrade, ce facteur devient le risque le plus élevé d’épuisement professionnel, suivi de près par l’état de santé mental.

Ainsi, 60 % des chefs d’entreprise qui jugent leur état de santé physique mauvais présentent un risque très élevé de burnout.

L’étude observe une tendance plus importante pour les dirigeants de TPE (entre un et neuf salariés). Le nombre de chefs d’entreprise de TPE exposés à une possibilité de burnout est de 13 %, contre 6 % pour les entreprises entre 10 et 49 salariés, et 9 % pour celles de plus de 50 salariés.

Dégradation de la santé mentale des dirigeants depuis le début de la crise sanitaire

En moyenne, les dirigeants estimaient leur satisfaction dans la vie à 5,08 sur 10 pendant le deuxième confinement, contre 7,74 sur 10 avant la pandémie. Cette dernière a eu la tendance à rendre ces personnes moins optimistes.

Les éléments jugés les plus stressants, par ordre d’intensité, sont le licenciement d’un salarié, la surcharge de travail du dirigeant, le départ d’un associé et le dépôt de bilan.

Ce dernier était le premier facteur le plus important avant la crise sanitaire, suivi des problèmes de trésorerie, la baisse de l’activité commerciale et le mauvais résultat annuel. Certains de ces éléments ne surviennent que pour peu des dirigeants, comme le dépôt de bilan, or, lorsqu’ils adviennent ils représentent des événements très stressants.

62 % des entreprises des répondants n’ont pas fermé, contre 66 % au niveau national selon l’Insee. Le baromètre montre que le stress est plus élevé pour les dirigeants dont l’entreprise est restée fermée longtemps. Il calcule une probabilité de 18,25 % de dépôt de bilan pour les entreprises de moins de dix salariés.

Les plus affectés par secteur

En moyenne sur tous les secteurs, les risques de burnout pour les chefs d’entreprises sondés dans le cadre de ce baromètre sont de 3,42 sur 10.

L’étude révèle un impact plus important pour les dirigeants dans le secteur du service, qui affiche un taux moyen de risque de burnout de 3,63 sur 10. 54 % des répondants déclarent leur santé mentale mauvaise ou passable et 59 % sont en risque de burnout.

Le dépôt de bilan est un facteur de stress important, plus d’un dirigeant sur cinq le pense probable.

Le deuxième secteur le plus affecté est le commerce, avec une probabilité de burnout de 3,55 sur 10. Parmi les dirigeants sondés, 54 % sont en risque d’épuisement professionnel.

Le secteur compte également 66 % de dirigeants non-salariés, donc non suivis par un service de santé. Souvent, ces personnes sont plus en danger d’épuisement professionnel.

Les secteurs de l’industrie et du transport sont moins à risque, en dessous de la moyenne avec respectivement un score moyen de 3,19 et de 2,77 sur 10.

Dans l’industrie, 80 % des entreprises sont restées ouvertes et 73 % ont mis en place le télétravail, dans le cadre de la crise sanitaire en 2020. Le transport, quant à lui, compte la plus grande proportion de risque très faible de burnout (53 %), par rapport aux autres secteurs.

Depuis le premier confinement en mars 2020, l’Aipals a mis en place une « cellule dirigeant » composée d’un psychologue, d’un médiateur, d’une infirmière santé au travail, d’un médecin et d’une animatrice qualité de vie au travail.

L’organisme s’engage pour accompagner les chefs d’entreprise avec cette cellule, joignable via l’adresse e-mail dirigeants@aipals.com.

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