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La Recherche et développement, un atout économique fort pour la région Occitanie
Par Denys Bédarride publié le 02 MARS 2021 à 09:40
En Occitanie, les dépenses de recherche et développement (R&D) s’élèvent à 3,5 % du PIB régional en 2017. Par cet effort de recherche soutenu, l’Occitanie se classe en tête des régions françaises et parmi les premières régions européennes. Cet effort était déjà le même dix ans auparavant. Il est élevé dans la recherche à la fois publique et privée.

Airbus joue un rôle prépondérant dans la recherche privée. Dans le public, le haut niveau des dépenses de recherche est porté par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), le Centre national d’études spatiales (Cnes), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et les établissements d’enseignement supérieur. La recherche régionale est particulièrement concentrée dans la zone d’emploi de Toulouse.

En Occitanie, les entreprises et les administrations ont consacré 5,8 milliards d’euros à la recherche et au développement (R&D) en 2017, ce qui représente 3,5 % du produit intérieur brut (PIB) régional. En montant, cette dépense place l’Occitanie au troisième rang des régions françaises, loin derrière l’Île-de- France (20,3 milliards) et Auvergne-Rhône- Alpes (7,0 milliards). Mais ce montant rapporté au PIB place l’effort de recherche de l’Occitanie au premier rang, devant l’Île- de-France.

Un effort très soutenu pour la recherche publique comme privée

En Occitanie, l’effort de recherche public s’élève à 1,4 % du PIB en 2017, loin devant les autres régions, qui ne dépassent pas 1 %. Cet effort est porté pour moitié par trois organismes : le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), le Centre national d’études spatiales (Cnes), tous deux fortement implantés dans la région, et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Le CEA, avec deux de ses neuf implantations nationales dans la région, à Marcoule (Gard) et à Gramat (Lot), engage à lui seul 20 % des dépenses publiques régionales de recherche. Le Cnes contribue à hauteur de 15 % à ces dépenses, comme le CNRS.

La recherche publique en Occitanie ne se résume pas à la présence de ces établissements. L’Occitanie est également la première région en matière d’effort de recherche des établissements de l’enseignement supérieur (0,46 % du PIB), devant le Grand Est à 0,36 %. En 2017, les universités et grandes écoles de la région dépensent 85 000 euros par emploi à temps plein dans la recherche, soit 2 900 euros de plus que la moyenne française.

Au total, la région compte 22 100 emplois de chercheurs publics en équivalent temps plein en 2017, dont 9 000 dans les établissements de l’enseignement supérieur.

L’Occitanie occupe aussi le premier rang pour l’effort de recherche des entreprises. Leurs dépenses pour la recherche atteignent 2,1 % du PIB régional en 2017, légèrement plus qu’en Île-de-France (2 %) et en Auvergne- Rhône-Alpes (1,8 %). L’effort privé des autres régions françaises ne dépasse pas 1,3 %.

Ce haut niveau de recherche et développement privés bénéficie des pôles de compétitivité de l’aéronautique « Aerospace Valley » et de la pharmacie « Cancer-bio-santé ». Airbus et Thales dans l’aérospatial, Sanofi et Pierre Fabre dans l’industrie pharmaceutique sont ainsi parmi les entreprises privées engageant le plus de dépenses de R&D dans la région.

L’Occitanie compte aussi de gros contributeurs à la recherche privée dans le transport (Continental), l’électronique (NXP semi- conductors) ou dans les services informatiques (Orange, Altran).

Les gros établissements contribuant fortement à la recherche en Occitanie, la place des PME s’en trouve mécaniquement réduite. Elles n’effectuent que 12 % des dépenses privées de recherche régionales, soit la plus petite part des régions françaises. Néanmoins, l’effort de recherche des PME en Occitanie s’élève à 0,44 % du PIB régional, dans la moyenne nationale.

C’est en Auvergne-Rhône- Alpes et en Provence-Alpes-Côte d’ Azur que l’effort de recherche des PME est le plus intense, autour de 0,55 % du PIB régional.

En Occitanie, les PME qui ont une activité de R&D opèrent, comme au niveau national, essentiellement dans les services, qui représentent plus de la moitié de leurs dépenses et de leurs effectifs de recherche. Ainsi, l’effort de recherche dans la branche « aéronautique et électronique » relève essentiellement des plus grandes entreprises en Occitanie.

L’Occitanie atteint depuis au moins 10 ans l’objectif européen d’un effort de recherche de 3% du PIB

L’Occitanie est la seule région française à dépasser l’objectif européen de 3 % du PIB consacré à la recherche.

En 2017, l’Union européenne (UE) n’atteint pas l’objectif fixé par la stratégie « Europe 2020 » de consacrer 3 % de son PIB à la recherche : l’effort de recherche s’élève à 2,0 %, après 1,7 % en 2000. Seuls la Suède, l’ Autriche et le Danemark respectent cette cible.

Pour certains pays de l’UE comme la Pologne, la Roumanie ou la Grèce, l’effort de R&D est inférieur à 1 %. À l’ échelle des régions européennes, les efforts de recherche sont encore plus hétérogènes.

Trois régions dépassent les 6 %, deux allemandes, celles de Brunswick en Basse-Saxe et de Stuttgart dans le Bade- Wurtemberg, et une belge, le Brabant-Wallon, extension périurbaine de Bruxelles.

Sur les 20 premières régions européennes, 7 sont allemandes, 5 scandinaves, 3 britanniques, 2 belges, 2 autrichiennes et une seule l’Occitanie, est française. L’effort de recherche en Occitanie, 18ème région européenne sur 271 en 2015 (dernière année disponible), est bien plus élevé que celui des autres régions méridionales européennes. Par exemple, en Catalogne, l’effort de recherche s’élève à 1,5 % du PIB.

Depuis le milieu des années 1980, l’effort de recherche évolue peu en France, oscillant entre 2,0et2,3%duPIB.Ilaétéàsonplushauten 1993, avant de redescendre progressivement à 2,0 % en 2007.

En 2008, l’effort de recherche augmente à nouveau, de par la baisse provisoire du PIB liée à la crise financière d’une part, et suite au relèvement du plafond du crédit impôt- recherche d’autre part.

Cette relative stabilité de son effort de recherche a fait reculer la France dans le classement des pays de l’OCDE. En trente ans, elle est ainsi passée de la 5e à la 9e place et son effort de recherche se situe désormais dans la moyenne des pays de l’OCDE.

L’effort de recherche est également stable au niveau régional. Ainsi en Occitanie, entre 2007 et 2017, l’effort de recherche reste autour de 3,5 % du PIB régional. Comme dans les autres régions françaises, cette stabilité s’observe aussi bien pour la recherche publique que pour la recherche privée.

L’examen, non plus de l’effort de recherche, mais des montants consacrés à la recherche-développement, montre qu’entre 2012 et 2017, l’ensemble des dépenses de R&D dans la région augmente de 5 %. Cette croissance est plus faible qu’en moyenne nationale (+ 9 %). Cependant, la dépense publique progresse de 7 %, au même rythme qu’en France.

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Une forte concentration de la recherche privée sur quelques grands établissements...

La recherche privée est très concentrée en Occitanie. Sans les établissements d’ Airbus, la région aurait un effort de recherche privé situé en deçà de la moyenne française. Que l’on prenne en compte la part des dépenses de recherche concentrée dans les quatre ou dans les vingt premières entreprises, l’Occitanie est la deuxième région française où recherche privée est la plus concentrée, après la Bourgogne-Franche-Comté.

En Bourgogne-Franche-Comté, le rôle joué par l’industrie automobile explique la concentration de la recherche privée, le groupe PSA et l’entreprise Faurecia y contribuant fortement. Airbus contribue ainsi à la forte spécialisation sectorielle de la recherche régionale. L’ aéronautique, les activités spécialisées scientifiques et techniques, et l’informatique réalisent 58 % des dépenses et emploient 52 % des chercheurs du privé.

À noter que l’aéronautique prend une part plus importante dans les dépenses de recherche privée (40 %) que dans les emplois de chercheurs (23 %).

Comme la recherche privée, la recherche publique est davantage concentrée en Occitanie que dans la plupart des autres régions. Ainsi, les cinq premiers organismes publics de recherche totalisent 60 % des dépenses en 2017.

Seule Provence-Alpes-Côte d’Azur dépasse ce seuil. Outre le CEA, le Cnes et le CNRS, les deux autres organismes publics qui engagent le plus de dépenses de R&D sont l’Institut national de recherche agronomique (Inra), avec ses établissements à Toulouse et Montpellier, et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) de Montpellier.

Cette concentration de la recherche dans les établissements publics est restée plutôt stable sur les cinq dernières années : elle n’a baissé que de 3 points depuis 2012.

En considérant les emplois de conception- recherche identifiés à partir du recensement de la population (définitions et sources) qui permettent des comparaisons géographiques, avec 68 600 emplois de conception-recherche en 2017, l’Occitanie est la troisième région, derrière l’Île-de-France et Auvergne-Rhône- Alpes.

Ces emplois sont très concentrés dans la zone d’emploi de Toulouse, qui en regroupe 63 %, alors qu’elle ne rassemble que 27 % du total des emplois de la région.

La zone de Montpellier accueille 18 % des emplois régionaux de conception-recherche. Au total, les zones d’emploi des deuxmétropoles regroupent 81 % des emplois de conception- recherche en Occitanie. Cette concentration s’est, en outre, accentuée de 8 points entre 2012 et 2017.

Par rapport aux autres régions, la conception- recherche apparaît ainsi davantage concentrée dans la principale zone d’emploi. On ne retrouve une telle concentration qu’en Île-de-France, où la zone d’emploi de Paris abrite 67 % des emplois régionaux.

En Nouvelle-Aquitaine comme en Auvergne- Rhône-Alpes, les zones de Bordeaux et de Lyon ne regroupent que 40 % des emplois de conception-recherche et la zone de Marseille, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, que 30 %.

Ailleurs dans la région, les emplois de conception-recherche, relevant essentiellement d’activités scientifiques et techniques, sont également nombreux dans la zone d’emploi de Bagnols-sur-Cèze, du fait de l’implantation du centre du CEA de Marcoule.

Les zones d’emploi de Nîmes et Perpignan, troisième et quatrième plus grandes villes de la région, comptent plus d’un millier d’emplois de conception-recherche.

Mais avec respectivement 1,1 et 0,7 % du total des emplois, leur importance est relative. Les zones d’emploi de Tarbes-Lourdes et de Castres-Mazamet abritent également un millier d’emplois de conception-recherche chacune, un nombre plutôt élevé compte tenu de leur taille.

Ces emplois sont davantage concentrés dans l’industrie : à Castres, dans les grands établissements pharmaceutiques (Pierre Fabre), de l’automobile (Comau, Valeo) ou de la chimie (SEPPIC), à Tarbes, dans l’aéronautique (Daher) et l’agro-alimentaire (CDASO, Euralis, Danone).

En Occitanie, davantage de doctorants en sciences pour l’ingénieur

Avec 1 500 doctorants dans la région en 2018, l’Occitanie est la troisième région française pourvoyeuse de doctorants diplômés (10 %), derrière l’Île-de-France (33 %) et Auvergne- Rhône-Alpes (14 %). Les sciences pour l’ingénieur sont la première spécialité des thèses soutenues en 2018 par les doctorants en Occitanie, alors que cette spécialité n’est que la quatrième en France.

Les sciences agronomiques et écologiques sont, elles aussi, davantage présentes dans les travaux des doctorants de la région.

A contrario, les thèses en sciences humaines, en technologies de l’information et de la communication, et en chimie sont moins bien représentées qu’en moyenne nationale. En outre, dans une région où l’aérospatial a une place prépondérante, les spécialités de thèses en sciences de l’univers et espace ne sont pas plus présentes en Occitanie qu’ailleurs en France.

Entre 2012 et 2018, les soutenances de thèses baissent de 5 % en Occitanie, quand elles stagnent sur la même période dans le reste de la France. Elles diminuent en sciences humaines et en chimie. Au contraire, elles augmentent en sciences pour l’ingénieur.

Source INSEE Occitanie

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