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En direct de Marseille, les Régions de France inquiètes et déçues
Par Nathalie Bureau du Colombier publié le 28 SEPT 2018 à 18:36
A la veille du 14ème Congrès des Régions de France, qui s’est tenu le 27 septembre dans la Cité phocéenne, 1 200 élus ont lancé « l’appel de Marseille », exprimant leur inquiétude de se voir retirer par l’Etat la gestion des fonds européens, quelques mois seulement après le retrait de la compétence sur l’apprentissage. Le premier Ministre Edouard Philippe qui n’était pas annoncé à cet événement est finalement venu. Cependant, son discours n’a pas apaisé les tensions. Au contraire.

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C’est sur un ton direct que Renaud Muselier, Président de la Région Sud Provence Alpes Côte d’Azur a interpelé le premier Edouard Philippe venu assister le 27 septembre à la session d’ouverture de la Conférence des régions de France.

« Ce congrès est l’expression d’un malaise. Nous avons le sentiment que votre gouvernement n’a pas confiance dans les élus locaux. Ne cassez pas ce qui fonctionne, les résultats ont démontré notre capacité à gérer les fonds structurels européens. Je ne comprends pas la méthode du gouvernement », a-t-il souligné devant les 1 700 élus des 13 régions de France.

Hervé Morin, Président de l’Association des Régions de France, tout en se défendant de tenir une posture politique, a réclamé un changement de méthode de la part du gouvernement.

« Il y a une ligne rouge à ne pas dépasser, c’est celle de la gestion des fonds structurels européens. Nous avons connu une première recentralisation avec l’apprentissage, nous sommes le pays le plus jacobin », a-t-il regretté.

Il a par ailleurs interpellé Edouard Philippe sur le statut de la Corse. « La Corse a exprimé un choix politique qui doit être respecté », a-t-il lancé au Premier Ministre. Ce dernier, passant sous silence la volonté d’autonomie de l’île, est revenu sur l’appel de Marseille destiné à relancer la décentralisation.

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« Un rendez-vous manqué » pour Carole Delga

« J’ai lu l’appel pour les libertés locales que vous avez lancé hier, il ne manque pas de style mais peut être de nuance. Je ne nie pas l’importance des efforts que l’Etat vous demande », a déclaré le Premier Ministre. S’agissant de la gestion des quatre fonds européens (Feder, FSE, FEADER, FEAMP), il a simplement indiqué qu’il fallait « arriver à Bruxelles unis sur le sujet ».

Seul élément concret, une rencontre entre Edouard Philippe et les Présidents de Région le 19 octobre prochain. Le discours n’a pas convaincu les élus régionaux. Pire, il a attisé les rancœurs.

Le Président du Sénat, Gérard Larcher a dit partager l’appel des Régions de France. « Je suis resté interrogatif à l’écoute du Premier ministre. Ce que je retiens de ce Congrès, est l’appel de Marseille. La franchise et l’amitié ne suffisent pas à bâtir la décentralisation moderne. Je propose que nous surmontions nos désaccords dans un dialogue exigeant ».

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Les élus des 13 régions, à l’issue d’une matinée de travaux, n’ont pas caché leur déception. Renaud Muselier s’est dit sceptique. Alain Rousset, au nom de la Région Nouvelle-Aquitaine, a rappelé que tous les pays qui réussissent sont des pays décentralisés. Il a également dénoncé l’instabilité des textes nationaux qui gèrent l’action publique.

« Le Premier Ministre n’a pas répondu à notre volonté d’unité. Or nous avons besoin d’unité dans un contexte de montée des nationalismes. C’est un rendez-vous manqué », a déploré Carole Delga, Présidente de la Région Occitanie.

C’est certainement du côté des édiles de l’île de Beauté que la déception a été la plus grande. « Je trouve blessant, méprisant, inquiétant qu’il n’y ait pas eu de réponse du Premier ministre, qu’il n’ait pas eu la moindre parole pour la Corse et nous en prenons acte », a déclaré Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse.

Les Régions déplorent les multiples réformes de l’Etat visant à réduire le budget des Régions : annulation du fonds de compensation de 450 M€, réforme des CCI (-400 M€), réforme des pôles de compétitivité... D’autres changements pourraient intervenir. L’export pourrait souffrir du désengagement des CCI à l’international.

Nathalie BUREAU DU COLOMBIER en direct de Marseille

Le premier ministre Edouard Philippe. ©N.B.C

Les élus des 13 régions, à l’issue d’une matinée de travaux, n’ont pas caché leur déception. ©N.B.C

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