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Le véhicule autonome de Renault se dessine à Sophia Antipolis 
Par Olivia Oreggia publié le 07 SEPT 2017 à 09:13
Le constructeur automobile a inauguré son centre de R&D, Renault Software Labs, au cœur de la 1ère technopole d'Europe, en lieu et place d’Intel dont il a acquis les activités et repris le personnel. Un vivier de compétences qui devrait lui faire gagner du temps dans la course au graal : la voiture autonome.

« Il y a de beaux moments dans la vie politique. Celui-ci est sublime ! » Ces mots très enthousiastes sont de Marc Daunis, sénateur et ancien maire de Valbonne, l’une des 5 communes sur lesquelles s’étend Sophia Antipolis. Et celle où se trouve désormais le centre de recherche et développement en logiciel embarqué de Renault.

Il y a quelques mois encore, le bâtiment battait pavillon américain, sous les couleurs du géant de la puce, Intel.

Ce dernier a décidé de se séparer de nombre de ses activités et de ses personnels en France. « Cela aurait pu être un drame absolu", finalement, "cette intelligence collective demeure sur le territoire », poursuit Marc Daunis devant un parterre de représentants de cet écosystème sophipolitain venus assister ce mardi matin à l’inauguration des lieux.

Encore un exemple de la force exceptionnelle de la technopole. « Sophia Antipolis est une cellule qui se régénère en permanence », poursuit Jean Leonetti, président de la Communauté d’Agglomération Sophia Antipolis (CASA). « Quand Texas Instrument disparaît, Amadeus reprend. C’est à peu près pareil avec Intel et Renault. » Plus de 160 emplois ont ainsi été sauvegardés.

Cet écosystème à nul autre pareil a séduit Renault qui envisage déjà des collaborations notamment avec des startups. Mais aussi avec des laboratoires, des écoles, l'Université ou encore des équipementiers désormais voisins comme Bosch ou Magnetti Marelli.

Après la phase d’intégration du personnel ex-Intel, des embauches devraient suivre dans les mois et années à venir.

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De gauche à droite: Jean-Pierre Mascarelli, président délégué du Symisa (Syndicat Mixte Sophia Antipolis); Eric Pauget, député; Jean Leonetti, pdt de la CASA; Thierry Cammal, Directeur-Général de Renault Software Labs; Alexandre Corjon, Président de Renault Software Labs; Bruno Bocaert, Responsable du Renault Software Labs Sophia Antipolis

Alors que va faire Renault à Sophia Antipolis ?

« Aujourd’hui on choisit sa voiture sur un catalogue prédéfini. Demain, ce véhicule sera adapté aux usagers qui l’utiliseront », explique d’Alexandre Corjon, président de Renault Software Labs et vice-président d’Alliance Global.

Pour répondre à ces attentes du futur conducteur, il faut donc de l’innovation à très haute dose. « Il faut aujourd’hui 100 millions de lignes de code pour développer un nouveau véhicule.»

Quand le site de Toulouse (ex Intel lui aussi) sera tourné vers la voiture connectée, celui de Sophia est donc axé sur la voiture autonome. Avec la création de ces 2 Software Labs, « le groupe Renault voit arriver un peu plus de 400 personnes hautement qualifiées, dotées de savoir-faire en logiciel embarqué, avec une forte expertise internationale et directement opérationnelles, capables d’apporter des méthodes et process qui permettent un développement beaucoup plus robuste que précédemment. »

Dans un secteur hautement concurrentiel, Alexandre Corjon estime ainsi que le Renault Software Labs va faire gagner 3 à 5 ans dans le développement du véhicule de demain.

La première voiture (partiellement) autonome marquée du losange est attendue pour 2019. Ce sera une Clio. Au-delà du Groupe Renault, c’est l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, à savoir le groupe automobile n°1 dans le monde, qui bénéficiera de cette innovation made in Côte d'Azur.

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