Bordeaux IKOS village seconde main qui veut révolutionner la consommation 2
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Fiona Urbain
8 juillet 2026 Dernière mise à jour le Mercredi 8 Juillet 2026 à 10:12

Et si acheter d'occasion devenait aussi simple et agréable que faire ses courses dans un centre commercial ? C'est le pari audacieux que s'apprête à relever IKOS, futur village du réemploi solidaire de Bordeaux. Première pierre posée le 12 juin sur le site Dangeard, au nord de la ville. Ouverture annoncée pour 2027. Derrière ce chantier à 18,9 millions d'euros, une aventure collective née il y a près de dix ans — et une ambition qui pourrait bien changer la façon dont les Bordelais consomment.

De la galère partagée à l’idée collective

Tout commence en 2017, dans les coulisses des ressourceries et recycleries de la métropole bordelaise. Plusieurs structures du réemploi solidaire font le même constat : des locaux inadaptés, un manque de visibilité chronique, et des moyens trop limités pour se développer seules. Plutôt que de continuer chacune de leur côté, elles décident de mutualiser leurs forces.

Naît alors un collectif qui réunira progressivement neuf acteurs de l’économie sociale et solidaire : Le Relais Gironde, l’Atelier d’Éco Solidaire, Envie Gironde, la Recyclerie Sportive, Le Livre Vert et d’autres. Leur source d’inspiration ? Un centre commercial du réemploi créé en Suède, qui démontre qu’il est possible de faire de la seconde main un vrai marché de masse, attractif et moderne.

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11 000 m² pour toute la chaîne du réemploi

Sur un terrain de 2,5 hectares mis à disposition par Bordeaux Métropole, le futur village déploiera 11 000 m² de bâtiments. Le cœur du projet : une galerie marchande de plus de 3 000 m² réunissant des univers complémentaires — textile, mobilier, électroménager reconditionné, livres, jeux, jouets, équipements sportifs, artisanat.

Mais IKOS n’est pas une simple brocante géante. Sa particularité réside dans la concentration, sur un même site, de l’intégralité de la chaîne du réemploi : les objets pourront être collectés, triés, réparés, transformés et revendus presque au même endroit. Un modèle intégré qui n’existe pas encore à cette échelle en France.

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En finir avec le cliché du hangar poussiéreux

L’un des principaux défis du projet est d’ordre culturel. Comment convaincre des consommateurs habitués aux codes du commerce traditionnel de franchir les portes d’une ressourcerie ? IKOS a une réponse claire : leur offrir une expérience comparable à celle d’un centre commercial classique, mais en version responsable.

«Nous voulons montrer qu’une autre consommation est possible», explique Lison Manière, chargée de marketing et communication chez IKOS. «Nous nous éloignons du cliché du hangar poussiéreux pour proposer un lieu attractif, moderne et qualitatif

Le village ira plus loin que la simple vente. Des ateliers de réparation, des animations, des espaces de sensibilisation et un espace de restauration permettront aux visiteurs de s’initier concrètement aux pratiques de l’économie circulaire. Jusque dans sa construction, IKOS veut être exemplaire : une partie des matériaux utilisés sur le chantier provient déjà du réemploi.

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300 salariés, 100 emplois créés, dont la moitié en insertion

Derrière les chiffres économiques se cache une vocation sociale tout aussi structurante. À terme, IKOS réunira plus de 300 salariés, dont 170 directement sur le site. La création nette représente 100 emplois supplémentaires, avec une contrainte assumée : la moitié de ces postes sera réservée à des personnes en parcours d’insertion.

Plusieurs membres du collectif — comme Le Relais Gironde ou Eco-Agir — accompagnent déjà depuis des années des publics éloignés de l’emploi. IKOS amplifiera cette mission à une échelle inédite. «Quand on achète dans une structure du réemploi solidaire, on a un impact environnemental positif, mais aussi un impact social positif», souligne Lison Manière. «Derrière chaque objet, il y a aussi des parcours professionnels qui se reconstruisent

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12 000 tonnes d’objets traités chaque année

Sur le plan environnemental, les ambitions sont à la hauteur du projet. IKOS vise le traitement de plus de 12 000 tonnes d’objets par an — contre environ 8 000 tonnes actuellement pour l’ensemble des structures membres du collectif réunies. Une progression significative qui contribuera directement à réduire les déchets ménagers de la métropole bordelaise et à allonger la durée de vie des produits.

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Un financement collectif pour un projet inédit

Avec un budget total de 18,9 millions d’euros dont 23 millions de travaux, IKOS a su mobiliser un panel large de financeurs : Bordeaux Métropole, la Ville de Bordeaux, l’ADEME, la Région Nouvelle-Aquitaine et les fonds européens via le FEDER. Un montage qui témoigne de la confiance des institutions dans un modèle encore expérimental à cette échelle.

Les travaux, démarrés au printemps 2026, se poursuivront tout au long de l’année pour une livraison progressive des bâtiments au printemps 2027.

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Bordeaux, vitrine française de l’économie circulaire

Près de dix ans après les premières discussions entre acteurs bordelais du réemploi, le projet IKOS est en passe de devenir l’un des plus ambitieux de l’économie circulaire en France. Un modèle que d’autres métropoles observent déjà avec attention.

À Bordeaux, la seconde main est en train de changer d’échelle — et peut-être de changer les habitudes de toute une ville.

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©Photos : Ikos

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