Alors que le Contournement Ouest de Montpellier entre en phase de travaux, nous sommes allés à la rencontre des habitants et usagers quotidiens des axes concernés. Fluidification du trafic, réduction de la pollution, amélioration de la qualité de vie : entre attentes fortes et appréhensions, le projet suscite des réactions contrastées. Reportage vidéo.
L’attente d’une circulation enfin fluide
Pour Benoît, habitant de Juvignac, le projet représente une véritable amélioration : “En tant que résident de Juvignac, c’est un projet que je trouve assez intéressant, qui me rendra la vie beaucoup plus facile. Cela va me permettre de pouvoir rejoindre les axes clés de manière beaucoup plus efficace que de faire tout le tour en passant par le centre de Montpellier. Le fait de relier l’A75 à l’A9 va permettre, je l’espère, de fluidifier le trafic autoroutier entre ces deux axes.”
Jérôme, qui fait quotidiennement la navette entre Gignac et Montpellier, partage cet espoir : “Si cela pouvait permettre de fluidifier un peu la fin de l’A75, ça pourrait être bien. La circulation est de plus en plus intense. Nous perdons du temps et en plus, cela pollue de rester sur place entre 10 et 20 minutes, parfois.”
Inès confirme cette problématique : “Cela va réduire les bouchons et faciliter les transports. Sur les horaires de pointe, c’est vrai qu’il y a quand même pas mal de monde et cela va nous permettre de fluidifier le trajet.”
Les artisans et professionnels en première ligne
Pour les professionnels qui sillonnent quotidiennement la métropole, la situation actuelle est devenue invivable. Charly, artisan, ne cache pas son exaspération : “Nous, les artisans, nous galèrons tous les jours pour prendre l’autoroute. Tout est bouché !”
Lorys, livreur, décrit son quotidien : “J’essaie de rester calme le plus possible. Mon avantage, c’est que je pars tôt le matin, mais dès que je finis ma tournée, je vois que c’est l’enfer. Je pense à ceux qui ont des horaires de bureau. Là, c’est le pire. Entre 8h00 et 9h00, la circulation est atroce.”
Raphaël témoigne également de ses difficultés : “C’est engorgé à la sortie de l’A709 à Saint-Jean-de-Védas. Nous mettons entre 5 à 15 minutes pour sortir de l’autoroute. Si cela peut permettre de l’éviter, tant mieux ! “
La question environnementale : des avis partagés
Sur l’impact écologique du projet, les avis sont plus nuancés. Benoît se montre optimiste : “Normalement, puisque les voitures tourneront moins au ralenti, et qu’il y aura moins de bouchons, nous devrions, en théorie, avoir une circulation plus saine et plus fluide, donc moins de voitures à l’arrêt, moins de pollution et tout le monde sera content au final.”
Jérôme abonde dans ce sens : “Effectivement, cela entraînera moins de fatigue au retour du travail, et peut-être aussi pour y aller.”
Inès reste prudente : “On dit souvent que chaque démarrage pollue plus que quand nous roulons… Après, j’avoue que je ne suis pas une spécialiste, donc je ne peux pas vraiment me prononcer, mais je pense que cela peut aider.”
En revanche, Nora se montre sceptique : “Je pense que le but, c’est qu’il y ait plus de voitures. Du coup, cela risque de créer plus de pollution.”
L’appréhension de la phase travaux
Si le résultat final est attendu, la perspective de quatre années de travaux inquiète. Lorys, particulièrement concerné par ses déplacements professionnels, exprime ses craintes : “Moi qui suis en livraison tous les jours, c’est vraiment galère. Là, j’imagine que pendant quatre ans de travaux, cela risque d’être compliqué.”
Raphaël espère un calendrier raccourci : “Espérons que ça aille un peu plus vite !”
Nora s’interroge sur la multiplication des chantiers : “C’est bien, mais il y a déjà beaucoup de travaux, cela va juste rajouter des déviations, mais pourquoi pas ?”
Le débat route versus transports en commun
Le projet ravive également le débat sur la place de la voiture en ville. Valérie pointe les limites des alternatives actuelles : “C’est nécessaire parce que c’est complètement engorgé. C’est l’enfer, les bouchons. Le tram 5, c’est bien gentil, mais ça ne va pas tout résoudre. Par exemple, moi, j’habite à l’ouest de Montpellier, et je travaille à l’ouest de Montpellier. Le tram 5 ne me sert à rien. Nous sommes en galère.”
Alain développe une vision plus nuancée : “Ce n’est pas très écolo de continuer à investir sur les routes pour favoriser la voiture alors que nous essayons de favoriser le transport en commun.”
Il souligne cependant les limites du réseau actuel : “Le problème, c’est que c’est plus facile de se déplacer en voiture pour aller d’un point à un autre qu’en tram.”
Une meilleure qualité de vie espérée
Marie-José, qui pense aux commerçants comme aux automobilistes, espère surtout retrouver de la tranquillité : “Pour les commerçants, ce ne sera peut-être pas l’idéal, mais pour les utilisateurs de voitures, c’est le mieux.”
Raphaël conditionne son soutien au respect de certains critères : “Moi, je trouve cela plutôt positif. C’est vrai que si ça peut permettre de désengorger sans impacter les habitations ou des zones biologiques, autant le faire. J’ai vu un peu le projet qui prévoyait de doubler les routes, faire des échangeurs, etc. Du moment que c’est fait en respectant la biodiversité, la faune et les habitations aussi à proximité, qui ne sont pas impactées niveau sonore, pourquoi pas ?”

























Réagissez à cet article