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Denys Bédarride
9 octobre 2015 Dernière mise à jour le Vendredi 9 Octobre 2015 à 09:10

Considérant que la réforme territoriale menace la mission de service public de l’Insee à l'échelon local ainsi que les intérêts de son personnel, les agents de la Direction régionale d’Aquitaine se sont regroupés en un collectif, le Collectif Insee B

Le Collectif Insee Bordeaux a exprimé son désaccord avec la déclinaison de la réforme territoriale pour les administrations de l’État en général, et pour l’Insee en particulier, telle qu’elle est présentée à ce jour.

En effet ils n’acceptent pas la décision, aussi inattendue qu’inappropriée, d’implanter la future Direction Régionale d’Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC) ailleurs que dans la métropole et futur chef lieu de région, mais aussi plus globalement sur les directives des feuilles de routes du directeur général de l’Insee, qu’elles soient nationales ou locales.

Ces dernières engendreraient une destructuration des directions régionales actuelles. Notre directeur général s’était associé à cette réforme en proposant le maintien des directions régionales et de leur service d’études et de diffusion (action régionale) dans les chefs-lieux de région pour être au plus près des acteurs publics régionaux.

Ce projet a été contrecarré par les décisions gouvernementales fin juillet : trois directions régionales de l’Insee, dont celle d’ALPC seraient éloignées de la Préfecture régionale, faisant ainsi passer l’Insee en administration de second plan.” précise le Collectif.

Conséquences pour la région ALPC selon le CIB :

  • la direction régionale serait implantée à Poitiers, donc éloignée du Préfet de région mais aussi des principaux partenaires institutionnels de l’Insee et très excentrée au nord d’une des plus vastes régions (84 000 km2 soit 15 % du territoire métropolitain) et donc éloignée d’une grande partie de ses autres partenaires disséminés sur le territoire régional (les collectivités territoriales notamment)

  • le service d’études et de diffusion serait regroupé à Bordeaux, pour limiter les effets néfastes de l’implantation de la direction régionale à Poitiers sur les relations avec nos partenaires, mais le directeur régional se trouverait alors également éloigné de son équipe d’action régionale.

  • Il n’y aurait plus d’action régionale ni à Poitiers ni à Limoges, donc moins de proximité avec les acteurs publics locaux d’un grand nombre de territoires

  • Le CIB, conscient du contexte économique et social actuel, est ouvert à des réorganisations cohérentes d’activités qui permettraient une meilleure efficience des travaux de l’Insee et qui tiendraient compte des politiques de contraction des effectifs à l’oeuvre depuis plusieurs années.

  • Mais, il rappelle que son administration ne doit pas être utilisée comme variable d’ajustement dans des politiques d’aménagement du territoire.

  • Il réaffirme que, pour assurer sa mission de service public sans perte qualité, chacun des sites de l’Insee doit héberger, au moins partiellement, les trois types d’activité que sont

    – l’action régionale.

    – la collecte et la production de données. 

          – l’administration des ressources. Un minimum de fonctions « support », en termes de ressources  humaines ou d’informatique sont indispensables au bon fonctionnement d’un établissement.

La réorganisation des services de l’Etat proposée aujourd’hui, par la réforme territoriale ouvre peut-être la voie à d’autres restructurations, après 2018. C’est pourquoi le CIB s’inquiète également de l’avenir, à plus long terme, des sites de l’Insee qui ne seront plus direction régionale (en ALPC, Bordeaux et Limoges).

Si le site bordelais, par exemple, venait à disparaître, la direction régionale d’ALPC se trouverait éloignée de la majeure partie de son territoire, compliquant les déplacements, la gestion des réseaux d’enquêteurs, les relations avec les partenaires et engendrant des coûts et du temps supplémentaires.

Ces répercussions mèneraient à une perte de la qualité du service public et iraient à l’encontre de l’objectif d’économie de la réforme territoriale.

De plus, la grande métropole et cité économique qu’est Bordeaux serait privée d’une représentation de l’Insee, alors même que le rôle de l’Institut est de mesurer l’activité économique, d’en accompagner son développement et d’éclairer le débat public local. 

Il s’agit de voir si ils seront entendus.

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