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Denys Bédarride
21 août 2022 Dernière mise à jour le Dimanche 21 Août 2022 à 06:08

L’été 2022 s’inscrit d’ores et déjà dans les annales comme l’été révélateur de la crise climatique. La canicule de l’été a suivi un hiver et un printemps trop sec. La sécheresse qui en découle est déjà qualifiée d’historique et les mesures prises son

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Une situation inédite mais amenée à se reproduire

Cet hiver, le déficit pluviométrique a atteint 30% dans les régions méditerranéennes suivi d’un printemps pauvre en eau de 45% par rapport à la normale.

Cet été, nous en sommes à 84% de déficit en eau. Météo France fait état du mois de juillet le plus sec jamais enregistré depuis que les mesures existent (1959). Les nappes phréatiques peinent à se remplir, les cours d’eau s’assèchent et les ressources en eau s’amenuisent en raison de trop faibles pluies et des températures en hausse. 

Dans le sud, la situation est alarmante pour la biodiversité, l’élevage, les activités touristiques et l’énergie.

A présent, tout le pays est touché par la sécheresse et les stades d’alertes dépassent toutes les prévisions avec tous les départements du pays en alerte sécheresse. Une tendance qui va s’inscrire dans la durée avec le changement climatique. D’après le 6e rapport du GIEC, le degré de réchauffement global a déjà des conséquences partout sur le globe. Les terres se réchauffent plus vite que les océans. Et certaines régions se réchauffent plus vite que d’autres.

C’est le cas du bassin méditerranéen par exemple qui pourrait subir 3 °C de chaleur supplémentaires l’été, dès 2050 pour un réchauffement global de 2 °C. Les étés à venir s’annoncent plus longs, plus chauds et plus secs.

 

La situation en Région Sud

Depuis plusieurs mois, la météo enregistre dans le Sud des températures bien au-dessus des normales de saison ( +3°C à +10°C ponctuellement). À cela s’est combiné un enneigement historiquement bas (moins de 10 %). Cette hausse des températures a conduit à une fonte rapide et anormalement tôt du manteau neigeux en région.

Fin mai, le stock de neige avait totalement disparu limitant les apports en eau sur les barrages comme Serre-Ponçon, sur la Durance, et Castillon, sur le Verdon. Depuis début juin, les volumes d’eau entrant dans les lacs, sont parmi les plus faibles enregistrées sur 50 ans.

Historiquement, certaines parties de la région ont toujours manqué d’eau. Pour remédier à cet état de fait, nos anciens ont équipé ces territoires par un maillage important de canaux d’irrigation. Le plus récent étant le Canal de Provence.

La situation actuelle nous invite à rester très vigilant pour gérer efficacement l’eau disponible notamment dans le barrage de Serre-Ponçon et nous rappelle la nécessité absolue de disposer de l’eau pour les usages essentiels.

 

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Quelles conséquences pour le manque d’eau ?

Pour la biodiversité

Le manque d’eau a des conséquences à tous les niveaux : Pour la faune, il affecte autant les animaux terrestres qu’aquatiques. Dans les rivières et les lacs, le manque d’eau impacte le niveau d’oxygène et les hausses de températures de l’eau mettent à mal le cycle de la reproduction. Quant à la terre asséchée, elle ne produit plus ou peu d’alimentation pour les animaux. 

Les pluies estivales permettent de maintenir une humidité des sols superficiels qui elle-même, préserve la végétation. Sans ces pluies salvatrices, le fourrage manque. Vulnérables, faune et flore le sont également aux risques de feux accrus par des forêts asséchées.

L’agriculture

Il en est de même pour les troupeaux en estives qui commencent à manquer de nourriture en montagne. Le manque d’eau altère également les cultures, soumises à des restrictions d’irrigation.

La sécheresse affecte la nature même des sols. L’humus stocke naturellement l’eau des sols, or ils sont soumis à un fort taux d’évaporation qui les appauvrit.

L’humus perd alors les éléments minéraux qui constituent sa richesse et les sols se compactent. Non seulement le rendement des cultures s’en ressent mais lors des fortes pluies d’automne, le sol n’absorbe plus le flux et les risques d’inondations augmentent.

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L’énergie

La sécheresse impacte également la production d’électricité, en privant les centrales de moyens de refroidissement. Depuis janvier dernier, EDF a diminué le turbinage de 60 %. Les canaux de Basse-Durance ont baissé leur prélèvement de 10 % sans que cela suffise. Une dérogation exceptionnelle au débit réservé a été demandée à la DREAL pour le mois de juin.

Que faire ? 

Nous pouvons agir sur la préservation de la ressource et de la terre. Pour ceux qui ont des potagers, le paillage reste une solution facile et efficace. Pour la ressource en eau : ne pas gaspiller reste LA solution. Les groupements d’agriculteurs adoptent de plus en plus une gestion concertée de l’eau afin de préserver les semences, le maraichage, les cultures florales , les pépinières et les vergers.

 

La gestion de l’eau, compétence régionale

Parce qu’il est urgent de prendre des mesures pour limiter les dégâts, la Région Sud intervient à différents niveaux pour préserver les ressources : Par l’aide à la modernisation des réseaux d’irrigation agricole, à la préservation des milieux aquatiques, l’aide aux projets de réutilisation des eaux usées, ou encore le financement des travaux sur les cours d’eau ou en tant que concessionnaire du Canal de Provence (SCP).

Les actions

Les Chambres d’agriculture proposent un accompagnement sur mesure pour les exploitants agricoles qui souhaitent assurer une réserve d’eau d’irrigation en complément de leur ressource : Développer une autonomie au niveau de leur consommation en eau, réaliser un projet qui favorise la biodiversité sur leur exploitation ou anticiper les nouveaux besoins en eau face au changement climatique.

Elles dispensent également des formations auprès des professionnels agricoles pour un usage maitrisé et économe de la ressource en eau et pour évoluer vers une irrigation adaptée au changement climatique. Cette formation est en partenariat avec la Société du Canal de Provence. (SCP)

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Les niveaux d’alerte sécheresse et leurs restrictions

Pour faire face à ces périodes d’insuffisance de la ressource en eau, les préfets prennent des mesures exceptionnelles de limitation ou de suspension des usages de l’eau sur un périmètre appelé zone d’alerte, selon 4 niveaux de gravité et pour une durée limitée.

Ces seuils de vigilance permettent d’informer l’ensemble du public et des usagers de l’eau afin d’ajuster les comportements vers une économie de la ressource en eau.
4 niveaux de gravité sécheresse existent :

  • Vigilance : incitation à faire des économies d’eau
  • Alerte :restriction de prélèvement de 20%. Interdiction d’arroser les pelouses, les espaces verts et sportifs de 9 h à 19 h , de remplir les piscines, de laver les véhicules hors des stations de lavage
  • Alerte renforcée . Interdiction d’irriguer entre 8h et 20h et restriction de prélèvement d’eau de 40%. ( même domaine d’interdiction que l’alerte)
  • Crise : interdiction de prélèvement d’eau à n’importe quelle heure. Les seuls prélèvements autorisés sont ceux qui permettent d’assurer l’exercice des usages prioritaires (santé, sécurité civile, eau potable, salubrité).

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