Le Président du Conseil départemental de la Gironde Jean-Luc Gleyze a présenté ses vœux à la presse le 21 janvier à Bordeaux. Pour lui, « 2016 est une année de transition et de projets», marquée par la mise en place de la loi NOTRE. « Nous sommes co
Pour le Président de la Gironde Jean-Luc Gleyze, 2016 est incontestablement « une année de transition », en raison de l’entrée en application des lois MAPTAM et NOTRE au 1er janvier 2016. Celles-ci entraînent notamment le transfert de compétences du département vers Bordeaux-Métropole d’une part, et vers la région ALPC d’autre part. « Les discussions ont débuté avec Alain Juppé pour la métropole et Alain Rousset pour la Région » indique Jean-Luc Gleyze.
Quatre compétences devraient être transférées vers la Métropole : la compétence sur les routes (qui est obligatoire du fait de la loi), ainsi que trois autres : le tourisme, le Fonds d’aide aux jeunes, et le fonds solidarité logement.
Pour le transfert vers la Région, les discussions « vont s’amorcer ». Elles apparaissent plus complexes, du fait même de la loi. « Les transports, l’économie devraient être transférés à la Région ».
Pour le reste, Jean-Luc Gleyze ne cache pas sa circonspection : « ces transferts s’accompagnent parfois de délégations, de compétences partagées, d’incertitudes ou d’imprécisions… Nous sommes encore loin du but affiché, et avons encore du chemin à faire pour arriver à un message clair et perceptible par nos concitoyens » déplore-t-il.
Inquiétude pour les aides aux entreprises
Le président de la Gironde s’inquiète notamment pour les aides aux entreprises pendant cette période de transition. « La clause de compétence générale nous a été enlevée, et nous n’avons plus le droit d’aider les entreprises. Que va-t-il se passer pour elles en attendant le moment où la Région pourra prendre le relai, compte tenu de sa réorganisation en cours ? » s’interroge-t-il, particulièrement pour l’année 2016.
Il cite notamment le dispositif Créagir, qui accordait des aides – parfois déterminantes pour leur survie – à des entreprises créées depuis moins d’un an. « Nous avons 200 dossiers en attente, pour un montant global de 1 million d’euros. Nous attendons le contrôle de légalité du préfet, et nous espérons de la souplesse » indique-t-il. Les aides aux entreprises accordées globalement par le département, secteur agricole compris, atteignaient un budget de 4 millions d’euros par an.
Solidarité, RSA et emploi
Jean-Luc Gleyze rappelle la priorité du département pour la solidarité humaine et territoriale, en promettant un « développement équilibré des services dans les territoires ». Il prévoit sur 5 ans des investissements de l’ordre de 1 milliard d’euros.
Le RSA, dont le montant versé par le département est de 19 millions d’€/mois, est en forte hausse. Mais”le département ne veut pas être simple financeur des allocations individuelles d’autonomie ». Jean-Luc Gleyze cite ainsi en avant l’association « Transfer », aidée par le département, qui met en relation les entreprises et les demandeurs d’emplois grâce à un travail fin d’identification des besoins, des capacités et des opportunités des deux parties », ce qui permet à de très nombreux allocataires du RSA de retrouver un travail. (cf vidéo)
Jean-Luc Gleyze note que « les marges de manœuvre des départements s’amenuisent ». Il « attire l’attention de tous sur les capacités déclinantes des départements, obligés d’une part à participer à la résorption légitime des déficits publics et contraints d’autre part à des dépenses obligatoires rigides sur lesquels ils n’ont plus la main ».
Mais il assure que « l’innovation technologique et sociale, et l’expérimentation seront les clés choisies par la Gironde pour continuer à avancer ». Le levier fiscal ne devant être utilisé selon lui ” qu’en dernier recours”.