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Alain Juppé : " Bordeaux sera la première métropole à énergie positive d'ici 2050 "
Par Claire Thibault publié le 27 JAN 2017 à 09:08
Du 24 au 26 janvier, Bordeaux accueillait la 18ème édition des Assises de la transition énergétique. Pour la quatrième année consécutive, un « Carrefour des métiers » était notamment organisé pour mettre en valeur les nouvelles filières professionnelles et les nouveaux métiers en lien avec la transition énergétique.

3 400 congressistes – élus locaux, techniciens territoriaux, associations, chercheurs et citoyens – venus de toute l'Europe, se sont rendus durant trois jours au Palais des Congrès de Bordeaux, pour la 18ème édition des Assises de la transition énergétique.

Cette année, le thème retenu « Transitions : un champ des possibles pour les territoires » se veut plus que jamais mobilisateur dans un « contexte national et international (Brexit, élection de Donald Trump et montée en puissance des climatosceptiques, tentatives de repli sur soi...) qui peut faire douter », a souligné Bruno Léchevin, président de l'Ademe lors de l'ouverture de cette seconde édition bordelaise. « C'est l'occasion de découvrir et d'essaimer les initiatives positives, qui fonctionnent », a-t-il ajouté.

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Alain Juppé, Maire de Bordeaux

Une opportunité plus qu'une contrainte

« La transition énergétique n'est pas une contrainte mais une opportunité. L'opportunité de faire baisser les émissions de gaz à effet de serre, les nuisances et la pollution – chose essentielle pour préserver notre santé - mais aussi d'y trouver des bénéfices pour l'emploi et l'économie des territoires », a rappelé pour sa part le maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole, Alain Juppé.

Selon les chiffres de l'Ademe, 200 000 à 310 000 emplois liés à la transition énergétique ont été créés en France entre 2006 et 2013, soit une progression de 6,1 % par an.

« Sur le seul secteur des énergies renouvelables, cela représente 170 000 emplois dans notre pays, contre 350 000 en Allemagne et 8 millions dans le monde entier. A l'horizon 2030, ce sont près de 25 millions d'emplois qui pourraient se développer à l'échelle de la planète », a détaillé le maire de Bordeaux.

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Bruno Léchevin, Président Ademe, Patrick Lambert, directeur général communauté
urbaine de Dunkerque Grand Littoral et Alain Juppé, maire de Bordeaux

Des évolutions de métiers plus que des créations

Pour découvrir les filières émergentes et les nouveaux métiers de cette transition énergétique, un « Carrefour des métiers » a été mis en place. 1 000 personnes étaient inscrites afin de profiter des nombreux débats et tables rondes des 60 intervenants programmés. D'autres sont venus postuler aux 300 offres d'emplois et de stages proposés lors de l'événement.

« On assiste à un véritable verdissement des métiers », assure Eric Aufaure, ingénieur à la direction régionale de l'Ademe Nouvelle Aquitaine. « Il y a des créations d'emplois mais surtout une évolution des métiers avec le développement de nouvelles compétences en lien avec la transition énergétique, dans les formations initiales et continues ».

« La transition énergétique va concerner toutes les branches et toutes les filières d'une façon différenciée. En termes d'impact, on attend 800 000 emplois en France à l'horizon 2050 avec de forts enjeux dans le secteur des énergies renouvelables et des réseaux (les smartgrids ou réseaux intelligents, ndlr.) », détaille Alexis Monteil, chargé de mission au Cler, une association de protection de l'environnement qui regroupe 300 structures professionnelles.

«En Aquitaine, c'est un sujet majeur pour le développement local et économique du territoire. Son potentiel maritime va générer des emplois intéressants liés à la transition énergétique ».

Les métiers vont évoluer notamment dans la métallurgie et la construction navale, des filières qui peuvent apporter beaucoup aux filières de l'éolien ou des énergies renouvelables marines.

« Mais c'est le secteur du bâtiment qui revêt le plus gros potentiel, d'autant que les emplois ne sont pas délocalisables », assure Alexis Monteil. Porté par les incitations financières, le rythme actuel des rénovations significatives (2 natures de travaux à plus) est estimé à 40 000 par an sur les territoires de l'ex-Aquitaine, pour une moyenne de 10 000 euros de valeur, soit un chiffres d'affaires de 400 millions d'euros pour les entreprises.

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Plus de visibilité pour les filières

Pour poursuivre dans cet élan, les différentes filières « ont besoin de signaux clairs et incitatifs, en termes d'objectifs et de moyens, à l'échelle nationale et régionale, afin d'investir sereinement dans la formation et l'évolution des compétences », milite Alexis Monteil.

Pour le maire de Bordeaux, Alain Juppé, l'ambition est claire : « nous voulons devenir la première métropole à énergie positive à l'horizon 2050.» « Ce sont désormais sur nos collectivités, en première ligne pour agir, que repose la mise en oeuvre de solutions concrètes pour la transition énergétique », a-t-il ajouté.

La Métropole a fait le choix dès 2016 d'être « une référence » en termes de qualité de vie. Elle s'est notamment engagée dans le nouveau plan climat-air-énergie territoriaux (PCAET) défini par la loi de Transition énergétique, le plan « Zéro déchet, Zéro gaspillage » sur l'économie circulaire, et la mise en oeuvre des mesures pour lutter contre la pollution dans le cadre de l'appel à projets « Villes respirables ».

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