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Analyse : Quelle est la situation économique de Provence Alpes Côte d’Azur ? La reprise s’annonce-t-elle ?
Par Denys Bédarride publié le 04 JUIN 2021 à 09:03
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’activité resterait à un niveau inférieur à celui d’avant-crise au premier trimestre 2021. Cet écart serait plus marqué qu’au niveau national, du fait de la forte présence du secteur touristique et d’une saison d’hiver bridée par les mesures adoptées en station. Les Alpes-Maritimes et les Hautes-Alpes restent les départements les plus affectés. Les perspectives s’assombrissent dans le bâtiment et l’industrie, confrontés à des tensions sur l’approvisionnement et au renchérissement des matières premières. Le dispositif d’activité partielle continue à limiter les pertes d’emploi dans plusieurs secteurs alors que les embauches peinent à repartir. La consommation serait réduite en avril, en raison du troisième confinement.

Au premier trimestre 2021, le rebond du PIB français a été limité à +0,4 % par rapport au quatrième trimestre 2020, pourtant marqué par le second confinement.

Les restrictions sanitaires qui ont perduré début 2021 (avancée du couvre-feu à 18h, fermeture des centres commerciaux, confinements locaux) expliquent la faiblesse de cette reprise. La consommation des ménages reste bridée.

Les premiers éléments disponibles sur le deuxième trimestre 2021 indiquent que le troisième confinement a eu un impact moindre sur l’activité et la consommation que les précédents.

Sous l’hypothèse de la poursuite de la décrue de l’épidémie et du renforcement de la campagne de vaccination, le PIB français augmenterait d’un quart de point au deuxième trimestre, et resterait 4 % en deçà de son niveau d’avant-crise.

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Quelle est la situation économique en Provence Alpes Côte d’Azur ?

L’activité resterait à un niveau bas au premier trimestre 2021

Début 2021, l’activité resterait à un niveau bas en Provence-Alpes-Côte d’Azur, malgré un léger redressement par rapport à la fin 2020.

En février et mars, le volume d’heures rémunérées par les employeurs (hors activité partielle) est encore bien inférieur à son niveau d’avant-crise (respectivement −6,8 % et –7,7 % par rapport aux mêmes mois de 2019), contraint par l’amplification des mesures de lutte contre le Covid-19 et ses variants (couvre-feu, confinement localisé sur la Côte d’Azur dès la fin février).

La région est plus touchée que la moyenne métropolitaine . L’hébergement-restauration, durablement affectée par la crise, demeure la principale source de cette baisse d’activité.

Dans les Alpes-Maritimes, la chute du nombre d’heures rémunérées s’accentue en mars (−14 % par rapport à 2019). En particulier, les activités directement liées au tourisme sont toujours à l’arrêt (−70,8 % dans l’hébergement-restauration). Dans les Hautes-Alpes, la situation s’améliore faiblement et reste largement en dessous du niveau d’avant-crise.

Des perspectives défavorables pour la construction

Début 2021, la construction pèse peu sur la baisse globale de l’activité dans la région. Les perspectives s’assombrissent toutefois dans ce secteur. Le nombre de permis de construire repart à la baisse au premier trimestre sans avoir retrouvé son niveau de la fin 2019.

De même, après le pic du quatrième trimestre 2020, les mises en chantier reculent à un niveau inférieur à celui d’avant-crise. Par ailleurs, dans la construction et dans l’industrie, des difficultés d’approvisionnement, et un renchérissement des matières premières dû à la forte demande chinoise, pourraient peser sur les marges et freiner l’activité.

Hausse des créations de micro-entreprises

Au premier trimestre 2021, le nombre de créations d'entreprises augmente, porté par les immatriculations de micro-entreprises (+9,2 %). Hors micro-entrepreneurs toutefois, les créations sont en berne dans la région (−4,0 %), à l’inverse du niveau national (+3,2 %). Par ailleurs, les mesures d’urgence, qui soutiennent toujours les entreprises, maintiennent le nombre de défaillances à un niveau faible.

Toujours moins d’embauches et un chômage partiel encore présent

La baisse de l’activité pousse les employeurs à réduire les embauches et à recourir au chômage partiel.

Les déclarations préalables à l’embauche (DPAE) demeurent peu nombreuses. Au premier trimestre de 2021, elles sont inférieures de près d’un tiers à leur niveau de 2019. Au niveau des départements, les embauches baissent de nouveau dans les Alpes-Maritimes (–50 % en mars 2021 par rapport à mars 2019).

Dans les Hautes-Alpes, les embauches sont toujours en berne en fin de saison touristique (–38 % en février 2021 par rapport à février 2019). En avril 2021, le nombre d’embauches diminue par rapport à avril 2019 dans tous les départements. C’est traditionnellement à cette période que se font les premières embauches pour la saison touristique d’été, qui n’a pas encore démarré en 2021 du fait des restrictions.

Le dispositif du chômage partiel concerne encore plus de 140 000 salariés dans la région en février 2021. Ce nombre est en baisse régulière depuis novembre, mais se stabilise. Avec plus de 60 000 salariés concernés, c’est toujours le secteur de l’hébergement-restauration qui recourt le plus au chômage partiel.

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Légère décrue du nombre de bénéficiaires du RSA

Près d’un an après le début de la crise, le nombre de bénéficiaires des principales prestations sociales ralentit à partir de la fin 2020.

Les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) étaient 172 900 en février. Ce nombre diminue depuis décembre mais reste supérieur de 9 % à son niveau d’avant-crise (décembre 2019). C’est dans les Alpes-Maritimes et les Hautes-Alpes que ce nombre a le plus augmenté (respectivement +18 % et +13 %).

Les bénéficiaires de la prime d’activité (+1,7 %) restent plus nombreux en février qu’il y a un an. En revanche, les allocataires de l’allocation de solidarité spécifique (ASS) sont moins nombreux qu’en janvier 2020 (−0,6 %). Ceci s’explique en partie par la prolongation des droits aux allocations chômage pendant la crise sanitaire, qui a évité à des allocataires Pôle emploi de basculer vers l’ASS.

La chute brutale du nombre de bénéficiaires des aides au logement est à mettre en regard du nouveau mode de calcul de la prestation (revenu des trois derniers mois pris en compte, contre revenu de l’année n-2 auparavant). Ce nombre pourrait se stabiliser dans quelques mois.

Source INSEE

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