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La Chine depuis Marseille : le business continue malgré le coronavirus
Par Nathalie Bureau du Colombier publié le 17 MARS 2020 à 09:27
Alors que l’épidémie de Coronavirus gagne toutes les régions de France, la conférence China Tech s’est tenue à La Coque à Marseille le 9 mars dernier. Réunissant un panel d’entrepreneurs français et chinois et des experts de l’Empire du Milieu. Les modes de consommation des chinois ont été passés à la loupe tout comme leurs nouveaux moyens de paiement dématérialisés.

La deuxième édition de China Tech s’est tenue dans un climat étrange où consignes sanitaires oblige, tous les chinois et européens se sont salués de loin pour éviter toute propagation du Covid-19. Le sans contact ?

C’est le mode de paiement favori des chinois qui n’ont pas attendu l’épidémie de coronavirus pour payer via WeChat Pay et AliPay. La première appli mobile du réseau social éponyme compte un milliard d’utilisateurs dans le monde, et la seconde a été lancée par le géant chinois du e-commerce Alibaba.

« 93% des Chinois veulent payer avec ce mode de paiement à l’international. Au premier semestre 2019, WeChat Pay a enregistré une hausse de 300% », observe Nicolas Riegert, Pdg de la société PayXpert.

?id=eCcCKdr6KHB1op2kSnTvplgbfbYNr6Q1De g. à dte : Magali Fleurquin-Bonnard, Pdg de Rose & Marius, Qiao Soistier-Cheng Fondatrice de LuxChinese, Nicolas El Robrini, président fondateur de Pharm’Aging et fondateur de la marque Artejia, Jocelyn Meire, directeur général de Fask, Elie Papiernik, président fondateur de l’agence centdegrés, Franck Desevedavy, avocat associé Asiallians et Jeffery Shel, Directeur du développement international de Digital Luxury Group à Genève. ©NBC

C’est également un moyen pour les entreprises et commerçants de collecter des données sur les consommateurs. « Le taux de change d’Alipay dépend du statut VIP du consommateur », complète Nicolas Riegert.

« Déployer ces solutions de paiement dans le sud permettrait de générer davantage de trafic. Très peu de commerces sur Aix-Marseille proposent ces solutions de paiement », fait valoir Armand Mazloumian, fondateur du French-China Center et organisateur de China Tech Conference.

A l’heure où le monde entier réalise que délocaliser à tout crin en Chine s’avère être une possible erreur, Jocelyn Meire, directeur général de Fask (Fashion Skills qui fédère 70 professionnels du monde de la mode à Marseille) estime le moment venu de « relocaliser une partie de la production ».

« Le nouveau consommateur chinois continue d’acheter les grandes marques de luxe françaises mais nous assistons à la montée en puissance de la classe moyenne chinoise », complète Jocelyn Meire.

?id=6gL6ovqylXkbGzwCyZ2WbntSZcjKqm7LJocelyn Meire, directeur général de Fask et Elie Papiernik, président fondateur de l’agence centdegrés. ©NBC

Une loi historique entrée en vigueur au 1er janvier 2020 et passée inaperçue

Pour Elie Papiernik, président fondateur de l’agence de communication centdegrés le coronavirus est « une catastrophe commerciale ». Son agence présente depuis 12 ans à Shanghai possède 120 bureaux dans le monde et travaille pour les plus grandes marques mondiales de luxe.

Des marques dont les recettes ont fondu depuis l’apparition du virus en décembre dans la province du Hubei. « La Chine représente 35% du marché mondial du luxe », ajoute -t-il.

Les chefs d’entreprises réunis ce 9 mars se sont mis dans la perspective post épidémie même si actuellement l’enseigne française Rose &Marius accuse une chute de fréquentation dans sa boutique d’Aix-en-Provence.

« Nous avons créé un atelier de création de parfum, pour offrir une expérience unique. Par ailleurs, les Chinois apprécient les histoires authentiques et quand je raconte l’histoire de ma marque, que j’explique que Rose est le prénom de ma grand-mère neuf fois sur dix les consommateurs achètent mes produits », explique Magali Fleurquin-Bonnard, Pdg de Rose & Marius.

Si la pneumonie virale secoue l’économie mondiale, ce serait pourtant le moment d’investir en Chine selon Franck Desevedavy, avocat associé Asiallians : « Le système des joint-ventures a été totalement supprimé au 1er janvier 2020 et les ofi, les sociétés à capitaux étrangers, n’ont plus besoin d’un capital minimum ». Investir certes à conditions de veiller à la protection intellectuelle. « Je me suis fait voler le nom de mon entreprise » souligne la directrice de Proneem France Nathalie Hagege, présidente de l’Apex.

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