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Analyse : Conjoncture défavorable pour l'immobilier azuréen
Par Sanya Maignal publié le 12 SEPT 2019 à 10:14
Après un record enregistré en 2018, le nombre de logements neufs mis sur le marché azuréen est en chute vertigineuse au premier semestre 2019. Les ventes sont également en chute par rapport à l'an dernier à la même époque et les prix en légère augmentation.

Après de nombreuses opérations d’envergure qui avaient été mises sur le marché au premier semestre 2018, il était difficile de faire mieux. Rien qu'au premier semestre 2018, 2 831 logement neufs ont été mis sur le marché. Le record absolu depuis dix ans !

Aujourd'hui, on enregistre un recul des mises en vente de 48%. Cette baisse est, certes, moins importante sur l’année glissante (-8%), mais elle reste néanmoins préoccupante dans un contexte de déficit structurel de l’offre.

« Si l'élaboration du nouveau plan local d'urbanisme local a pu freiner la production, les délais administratifs et les échéances municipales ne favorisent pas la production des permis de construire », explique Jean-Marie Ebel, Président de l'Observatoire Immobilier d'Habitat Côte d'Azur.

Prix du neuf en hausse

La logique veut que dans un tel contexte les prix progressent et deviennent très élevés pour la capacité d’acquisition des actifs atteignant 5 800€/m2 (5 600€/m2 en moyenne). Automatiquement, le volume des transactions a subi une diminution de 15% par rapport au premier semestre 2018, et de 9% sur quatre trimestres consécutifs.

Le volume disponible reste sensiblement le même (3 236 logements au 1er semestre 2019) et le délai d'écoulement devient plus long en passant de 8 à 9 mois.

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Le marché de la revente progresse

Le ralentissement du marché du neuf et la diminution d'une part de logements pour actifs (-36% des ventes de logements neufs à moins de 4 500€ m2 entre le premier semestre 2018 et le premier semestre 2019), font progresser de 11% les transactions sur le marché de l’ancien.

Le prix moyen qui reste stable à 4 000€/m2 et on compte près de 72% des reventes à moins de 4 500€ m2.

Les perspectives

L'inquiétude règne chez les professionnels de l'immobilier azuréens. Jean-Marie Ebel se dit même pessimiste : « Les échéances électorales approchent et on est très loin de l'activité enregistrée en 2018 ». De plus, l'ensemble de la filière est très préoccupée par les difficultés liées à la problématique des déchets et le spectre de chantiers à l’arrêt.

« La CCI continue à travailler sur les problématiques de fond, c'est à dire rendre le foncier plus fluide et travailler sur la baisse des coûts techniques », précise le Président de l'Observatoire Immobilier d'Habitat Côte d'Azur.

La seule note positive sont les taux de prêt extrêmement incitatifs. Conjoncturellement cela devrait perdurer encore un an et demi permettant un regain d’intérêt de la part des investisseurs institutionnels.

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