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Côte d’Azur : Les acteurs économiques se structurent pour développer la filière audiovisuelle
Par Olivia Oreggia publié le 23 AVR 2018 à 09:00
La filière de l’image dans les Alpes-Maritimes regroupe quelque 300 entreprises pour 1650 emplois et un chiffre d’affaires de 200 millions d'euros. Tout un écosystème, chapeauté par la CCI azuréenne, se met aujourd’hui en place pour accompagner et stimuler sa croissance. Témoignages de chefs d’entreprise qui ont choisi la Côte d’Azur pour y exploiter tout leur potentiel.

Si le ciel bleu et la mer font d’excellents décors pour le tournage d’un film ou d’une publicité, ils ne font pas tout. Il faut aussi des locaux adaptés, des financements, une visibilité.

Cofondateur d’Adastra Films, Sébastien Aubert a bénéficié d’un peu tout cela à la fois. « Quand nous nous sommes lancés en 2008, nous n’avions aucun contact », explique-t-il à Ecomnews.

« Nous n’étions que deux, installés chez l’arrière-grand-mère de mon associé. Le Département a été le premier à nous faire confiance en nous allouant un financement de 15.000 euros qui nous a permis de faire notre premier long-métrage. »

Depuis lors, Adastra Films a produit 16 courts métrages et deux longs métrages. Elle emploie désormais sept personnes et affiche un chiffre d’Affaires d’environ 400.000 euros.

« Nous avons vraiment pris un nouvel élan en installant nos bureaux au sein de la pépinière CréaCannes en 2012. Cela nous a permis de nous professionnaliser », précise Sébastien Aubert.

« Nous nous sommes toujours senti soutenus, que ce soit par la Ville de Cannes, la région PACA mais aussi par la Commission du film ou la Chambre de Commerce. »

Et le jeune entrepreneur d’ajouter : « Les producteurs parisiens qui rigolaient il y a 10 ans quand je leur disais qu’on se lançait à Cannes, sont les mêmes aujourd’hui qui commencent sérieusement à envisager de s’installer ici ! »

Adastra Films déménagera bientôt quelques mètres plus loin pour intégrer la Cité des entreprises, un hôtel d’entreprises englobé dans le vaste projet de Technopole de l’Image de la Ville de Cannes et de l’Agglomération des Pays de Lérins. Parce qu’il n’y a pas que le Festival du film…

?id=zwt7z0yLpqiNRa59mSmdjkh865As1WUFDe gauche à droite : Brigitte de Angelis, Communauté d’Agglo Cannes Pays de Lérins ; Arnaud Olindo, Fondation VCM; Stéphanie Gac, Commission du Film des Alpes-Maritimes Côte d’Azur ; Marielle Sade, Sade Production/Panach Company ; Emmanuel Souraud, CCI Nice Côte d’Azur ; Julie Giordano, CCI Nice Côte d’Azur; Maryam Rousta-Giroud, Ville de Cannes ; Sébastien Aubert, Adastra Films ; Patricia de Gomensoro, Detour-Film.

Mais pourquoi s’installer sur la Côte d’Azur plutôt qu’à Paris où se trouvent les principaux interlocuteurs du secteur ?

Ce projet cannois dédié à l’Image a justement pesé dans le choix de Patricia de Gomensoro d’implanter les bureaux européens de Detour-Film sur la Côte d’Azur. La société de production axée sur l’univers de la mode et du luxe a son siège social à Porto Alegre au Brésil.

« Quand nous avons cherché à nous internationaliser en Europe, la France était la mieux indiquée car le marché du luxe y est très puissant. Business France nous a alors mis en relation avec Team Côte d’Azur (l’agence de promotion économique du territoire, ndlr) qui nous a accompagnés. Nous avons rencontré la Commission du film des Alpes-Maritimes pour connaître la filière ici. Le climat, la lumière, c’est très bien mais le plus important est d’avoir un écosystème fort », relate-t-elle.

« Et puis Cannes et la Côte d’Azur sont des marques connues dans le monde entier. C’est très important pour une entreprise internationale. Personne au Brésil ne nous demande jamais pourquoi nous sommes sur la Côte d’Azur. Parce qu’il y a tout ! »

En provenance de Los Angeles, Marielle Sade vient de s’installer à Nice. Sa société est spécialisée dans le court métrage et la web série. « La Commission du film m’a immédiatement tendu la main et m’a donné tous les filons pour rencontrer les principaux acteurs qui font la pluie et le beau temps dans la région. La CCI m’a propulsée et dynamisée, avec un optimisme pratique. On vous donne toutes les clés ! », s’enthousiasme-t-elle.

« Et la semaine dernière, à Cannes pendant le MipTV et le festival CanneSeries, j’ai pu prendre des contacts très encourageants avec des pays étrangers ». Tous les ingrédients semblent donc réunis. Reste à réaliser la recette en émulsionnant le tout.

Aujourd’hui, la grande majorité des 300 entreprises de la filière sont des TPE réparties sur les bassins de Nice et Cannes. « 58% des entreprises ont un seul salarié. Nous devons passer à 70% de plus de 10 salariés ! C’est notre rôle », plaide Emmanuel Souraud, élu à la CCI Nice Côte d’Azur.

« Pour cela, nous travaillons en meute. Il y a une volonté économique et politique. L’argent public se faisant de plus en plus rare, nous n’avons plus les moyens de faire dans la duplicité. Maintenant, nous devons faire en sorte d’être structurés et de présenter une unicité. »

Autre projet porteur pour la filière : les studios de la Victorine. Ces lieux où ont été tournées de grandes œuvres du cinéma français fêteront leurs 100 ans l’an prochain. La Ville de Nice en a repris la gestion afin de leur redonner une nouvelle vie.

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