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Visionews - Face à la crise du Covid-19, quelles difficultés pour les PME de Haute-Garonne ?
Par Guillaume Bernard publié le 06 AVR 2020 à 09:45
L’activité économique est bouleversé depuis l’annonce du confinement. En Haute-Garonne, Samuel Cette, président de la CPME 31 nous explique dans cette visionews comment les petites et moyennes entreprises tentent de surmonter la crise.

Quelles ont été les principales difficultés des PME à l’annonce du confinement entreprises ?

Il y a d’abord eu la stupeur et la recherche d’information. Dans un premier temps, il a fallu savoir quels secteurs allaient s’arrêter ou pas et on s’est vite rendu compte que le nombre d’entreprise à réduire, voire à arrêter, leur activité allait être beaucoup plus importants que celles concernées par les arrêtés des 14, 15 et 16 mars.

Certaines ont dû réduire leur activité faute de clients ou de pouvoir faire tourner l’entreprise.

Dans un deuxième temps il a fallu s’organiser et l’Etat a apporté des réponses. Il y a eu la mise en place du fonds d’aide d’urgence national (1500 € pour les petites entreprises), puis la notion de chômage partiel et le report des charges sur les salaires déjà en cours qui a permis aux entreprises de répondre à des difficultés de trésorerie.

Enfin il y a le PGE (prêt garanti de l’Etat) qui peut permettre aux entreprises de faire face à la crise si les 1500 € ne suffisent pas. Enfin la dernière difficulté c’est sans doute l'absence de visibilité concernant l’avenir.

Comment se passent les emprunts en temps de crise ?

Il faut bien avoir en tête que si les prêts sont garantis par l’Etat, ils doivent cependant être consentis par les banques. Ce n’est pas un droit de tirage mais une négociation.

Chaque banque a son type de clientèle et sa propre politique en matière de prêt. En tant qu’organisation patronale la CPME doit s’assurer que l’ensemble des structures qui étaient viables avant le 16 mars puissent emprunter.

Il faut pour cela justifier cette viabilité et rassembler l'ensemble des pièces nécessaires à un emprunt ce qui n’est pas toujours simple en cette période de confinement.

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Enfin, pour les entreprises à la santé plus fragile, nous devons nous assurer qu’elles ne soient pas laissées sur le bord de la route. Plus fragile ne veut pas forcément dire mal gérées, ça peut aussi être une entreprise qui est sur un secteur difficile, qui a une nécessité d’investissement important.

On sait que rien n’est plus fragile qu’une petite entreprise française sous capitalisée.

La CCI de la Haute-Garonne a appelé fournisseurs et clients à ne pas stopper les flux financiers. Les PME se plaignent-elles de retard de paiment ?

On a effectivement constaté certains abus, on a géré cela en arrière de la scène, et n’avons pas fait d’esclandre. La CCI 31, bien fondée, a réclamé que chaque fournisseur et chaque client continue les flux financiers.

C’est un sujet important qui n’est pas à mettre seulement sur le compte de grand donneur d’ordre, tout le monde doit continuer à payer. Cela nous rappelle l’interdépendance entre nos structures. Si on ne paie pas l’un on met en danger l’autre.

C’est pour cela qu’on regarde également l’ensemble des décrets et des déclarations gouvernementales qui parlent de report de loyer. Tous les propriétaires ne sont pas des entreprises côtées en bourse.

Maintenir le flux financier est très important pour autant que la structure soit en capacité de le faire, si ce n’est pas le cas elle doit se tourner vers les prêts de trésorerie de court terme.

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