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Grasse est-elle toujours la capitale mondiale du parfum ?
Par Olivia Oreggia publié le 19 NOV 2016 à 07:57
Après des décennies très difficiles, la filière grassoise du parfum reprend enfin des couleurs. Dans sa version luxe, mais aussi grâce à une vaste diversification au sein de l’industrie agro-alimentaire, chimique ou cosmétique. Elle ne représente pas moins de 8% du chiffre d’affaires mondial. Plus qu’un patrimoine et un savoir-faire à préserver, c’est un pilier économique pour la région PACA et pour l'image de la France qui représente 3.500 emplois directs et plus de 10.000 induits.

L’Express-L’Entreprises établit chaque année le classement des entreprises françaises les plus rentables. Sur les 150 notées, les 2 seules azuréennes sont grassoises. 
La première, Aromatech, est spécialisée dans les arômes alimentaires. La seconde, Expressions Parfumées, est créatrice de fragrances (53M€ de chiffre d’affaires).

Peut-être moins glamour, c’est en effet l’industrie agro-alimentaire, chimique ou cosmétique qui est aujourd’hui indéniablement générateur d’activité pour Grasse. Ces parfums que l’on retrouve dans les shampoings, les lessives ou les détergents, dans les soupes, les bonbons ou les produits laitiers.

A l’image de ceux produits par Mane. Créée en 1871, l’entreprise familiale, fabricante de parfum et d’arômes (pour plus de la moitié de son activité), se place au 7e mondial. Son chiffre d’affaire dépasse les 900M€, avec une croissance continue. Et une volonté farouche de conserver ses racines et son développement sur les terres grassoises.

Tout comme Robertet, né en 1850 et aujourd’hui l‘un des leaders mondiaux des matières premières aromatiques (435M€ de CA). Il emploie 700 personnes à Grasse (1.800 dans le monde) et fournit également maisons de luxe et géants de l’alimentaire.

Le luxe reste une valeur sûre

Le parfum version flacon, grâce auquel la commune a acquis ses lettres de noblesse, a un passé glorieux mais aussi un avenir. Celui du jasmin ou de la rose centifolia qui pousse sous ce micro climat entre mer et montagne dans l’arrière-pays cannois, et qui inspire toujours les grandes maisons françaises comme Chanel, Armani et désormais LVMH (Vuitton et Dior) nouvellement implanté sur le territoire.

 

 

Il ne reste aujourd’hui qu’une quarantaine d’hectares dédiés à la culture des plantes à parfum (1.300 ha en 1930 !) mais leur qualité demeure très recherchée des parfumeurs. 

« Nous travaillons sur le plan local de l’urbanisme pour pouvoir donner à la ville des terrains dédiés à l’agriculture et la production de la plante à parfum », nous explique Jérôme Viaud, le (jeune) maire de Grasse (39 ans) et président de la Communauté d’agglomération du Pays de Grasse.

« Le parfum n’a jamais vraiment quitté Grasse, mais beaucoup de ses composantes sont parties avec la mondialisation. Aujourd’hui, c’est une volonté politique de recentrer, de ré-attirer ce qui a fait la force de Grasse sur le territoire. Ca fait un an que je mène des négociations avec l’ensemble des grandes maisons, des grandes entreprises, des industries qui voient en Grasse une opportunité pour exister dans ce positionnement de niche, de luxe. C’est porteur pour la ville. »

Porteur à maints égards. Ainsi, les effluves grassoises attirent aussi 2,5 millions de touristes chaque année. A elle seule, Fragonard, autre grand nom du parfum depuis 90 ans, reçoit près d’un million de visiteurs curieux d’en découvrir les coulisses. Les visites sont gratuites… et se terminent bien sûr en boutique !

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