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Lutte contre les préjugés et référent handicap : deux outils pour permettre une meilleur inclusion en entreprise
Par Guillaume Bernard publié le 30 MARS 2021 à 09:17
A l'occasion de la deuxième Université du réseau des référents handicap, l'Agefiph et l'Ifop ont présenté une étude sur la perception du handicap par les salariés ainsi que sur la connaissance de la fonction de référent handicap. L'occasion pour la Secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, de revenir sur le chemin parcouru et celui qu'il reste à accomplir en matière d'inclusion

La question du handicap n'est pas un impensé dans l'entreprise. C'est ce que souligne l'étude menée par l'Agefiph (Association de Gestion du Fonds pour l’Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées) et l'institut de sondage IFOP.

Si l’attention des salariés français porte principalement sur l’amélioration du bien être au travail (74%) et la lutte contre le sexisme en entreprise (51%), l’emploi des personnes en situation de handicap (PSH) est considéré comme un sujet prioritaire à 39% (53% le juge également important, sans être prioritaire pour autant).

Cette préoccupation est plus forte chez les jeunes salariés âgés de 18 à 24 ans (45%) et chez les séniors, à partir de 50 ans et plus (43%).

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En termes de mesures à prendre, les salariés interrogés estiment que l’accessibilité des locaux (74%), la lutte contre les discriminations à l’embauche (66%) et l’amélioration de la qualité de vie au travail des PSH (64%) devraient être considérés comme prioritaires.

"Cette nouvelle étude confirme que les salariés français sont globalement ouverts à l’emploi des personnes en situation de handicap. Même si le fonctionnement des organisations pour leur insertion reste un peu confus pour eux", commente Frédéric Dabi, directeur-général adjoint de l’Ifop.

Persistance de préjugés

Pourtant, le handicap est encore trop souvent associé à une difficulté pour les salariés. "Nous avons créé une sémantique propre au handicap qui est préjudiciable à l'inclusion. Il faut arrêter de parler de "travailleur handicapé", et dire simplement un "collaborateur". Dans le recrutement, il faut aller vers une non différenciation sinon on est toujours face au même dispositif de frein à l'embauche. Il faut rappeler ce chiffre de 80% de handicap invisible".

De fait, les personnes handicapées sont encore pénalisées par une appréhension trop limitée et stéréotypée de leurs situations : la vision du handicap se résume à des altérations physiques et sensorielles visibles.

Ainsi, les troubles de la vue (84%), les troubles auditifs (82%) et les troubles de la motricité (67%) sont les principaux troubles et maladies perçus comme pouvant donner lieu à la reconnaissance du statut de PSH pour les salariés sondés

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Un référent handicap qui gagne à être connu

Une autre donnée ressort du sondage Ifop/Agefiph : le référent handicap, censé prendre en charge l'accueil des salariés en situation de handicap, n'est pas assez connu par les salariés. Seuls 27% des sondés voient précisément ce qu'est un référent handicap et, au sein des structures de plus de 250 salariés, 67% ne savent pas qui est le référent handicap.

En cas de difficulté dans la vie professionnelle (problème d’accessibilité, moquerie ou discrimination par exemple), seuls 13% des sondés dirigeraient spontanément un collègue en situation de handicap vers le référent handicap de l’entreprise. Ils auraient plutôt tendance à l'orienter vers le médecin du travail (27%), le manager (21%) ou un élu du personnel (15%).

"Cette enquête témoigne d’un manque d’identification, voire de reconnaissance, du rôle du référent handicap. Pourtant, au cœur des entreprises, ils détiennent les clés pour créer le dialogue et faire bouger les lignes en profondeur, à l’échelle de l’entreprise comme de la société ", souligne Malika Bouchehioua, présidente de l’Agefiph.

Christine Dollé-Delmotte, référente handicap pour l'entreprise APICIL vient justement de signer une convention de trois ans avec l'Agefiph. Selon elle, son entreprise s'engage dans "des actions de sensibilisation visant à changer le regard sur le handicap aussi bien en matière de communication que de recrutement".

Pourtant, si les référents handicap sont obligatoires, seules 25% des entreprises obligées en ont un. "La loi ne fait pas tout, il faut également montrer aux entreprises l'intérêt que représente la démarche", conclut Sophie Cluzel.

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