Ecomnews - Adds
Marseille confinée économiquement, les restaurateurs en colère !
Par Nathalie Bureau du Colombier publié le 25 SEPT 2020 à 14:43
Marseille en zone rouge écarlate. Cette décision prise par le gouvernement le 23 septembre a soulevé la colère de la classe politique locale et du monde économique, tous UNIS. La décision impose aux restaurateurs phocéens à compter de ce samedi 25 septembre de tirer le rideau pour une durée de 15 jours. Certains envisagent de ne pas fermer et d’autres au bord du gouffre s’inquiètent car les fins de mois sont de plus en plus difficiles pour une profession stigmatisée comme un lieu propice à la propagation du Covid-19.

600 manifestants se sont massés ce matin 25 septembre devant les portes du tribunal de Commerce à l’appel de l’UMIH 13 présidée par Bernard Marty. Ancienne figure du syndicalisme portuaire phocéen devenu restaurateur, l’homme en colère au micro d'Ecomnews :

« Voir les restaurateurs, cafetiers et hôteliers rassemblés ce matin me donne du baume au cœur sont là. Et ce n’est pas terminé, ça commence à peine ! Nous allons nous concerter. Il y a pour l’heure aucun décret ce qui veut dire que les restaurants ne fermeront pas ce soir », lance-t-il devant une foule qui scande « On reste ouvert ».

A ses côtés, les élus locaux et les acteurs du monde économique sont présents comme Jean-Luc Chauvin le Président de la CCI, pour dénoncer les « décisions unilatérales » prises par la veille par l’exécutif. Des mesures ayant suscité une vive émotion et la colère de la classe politique locale.

?id=prrFMdgDULFM3djyBCf73UBvvcAyucqz

©NBC

Manifester devant la juridiction consulaire, un lieu hautement symbolique pour Bernard Marty qui a assisté à la privatisation puis à la liquidation de la SNCM. « Les entreprises en difficulté demandent à ouvrir une procédure de sauvegarde », ajoute le président de l’Umih13 qui a été reçue dans la matinée par Marie-Hélène Guita, vice-présidente du tribunal de commerce de Marseille.

Le cortège a prévu de se rendre à l’Hôpital de la Timone à 14h30 où le ministre de la Santé Olivier Véran, doit rendre visite au service de réanimation. En parallèle Alain Griset, ministre chargé des PME PMI se rendra en préfecture. « Depuis 48 heures le préfet aurait pu faire le nécessaire pour nous rencontrer. Nous souhaitons à présent être reçus par les ministres et renouer le dialogue. Le sujet ce n’est pas Paris contre Marseille », a déclaré le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Marseille-Provence Jean-Luc Chauvin qui dénonce un changement unilatéral des règles du jeu.

?id=Rnwi0NeX77QE62mzpUoShO6niWsJvWd2

©NBC

Braver l’interdiction, fermer ou développer la vente en ligne…

Pour les restaurateurs, cette nouvelle annonce est un choc et met en péril leur activité avec des baisses de chiffre d’affaires de 20 à 70% selon les établissements. Des hommes et des femmes qui ont placé pour certains toutes leurs économies dans une affaire qui aujourd’hui vacille en raison de mesures administratives.

« Ça fait sept mois que je suis fermé, c’est honteux. Comment je fais pour manger ? Je n’ai pas l’intention de perdre ma maison. Il me faut de l’argent », clame le patron de la discothèque La Joia à Aix-en-Provence Christophe Longo. Son cri de désespoir affecte la profession. A côté de lui, des restauratrices sont bouleversées par son témoignage. Des yeux dépassent du masque. Des yeux remplis de larmes. Des drames se jouent en ce moment même dans les cuisines des restaurants de la Cité phocéenne.

Certains refusent de baisser les bras et innovent. Depuis 48 heures, ils sont au combat. Ainsi au nord de Marseille, le restaurant Quanta Café, situé en Zone franche Urbaine, s’active. L’activité bat son plein dans les cuisines.

Quanta Café a mis en place un site Internet de vente à emporter grâce à l’expertise d’une société axée sur la restauration digitale All Eat One. « Nous avons décidé de développer la vente à emporter. Nous avons créé un site de vente à emporter pour être opérationnels dès lundi matin. Nous avons cuisiné des plats pour le site. Le paiement en ligne et sur place sera disponible et dès la semaine prochaine nous proposerons un service de livraison pour les bureaux de la zone », a indiqué Céline Plan, co-gérante avec son frère Stéphane du Quanta Café qui sert depuis l’ouverture en mars 2019 entre 130 et 140 couverts par jour.

?id=EBrmtQ59YakA250rdlsf4kYzvbUwjRQT

Celine Plan, cogérante du restaurant Quanta Café. ©NBC

Lettre ouverte de l’UPE13, la CCI Aix-Marseille Provence et le club Top20 au Gouvernement

" Nous, représentants du monde économique, et chacun d'entre nous en tant que citoyen et employeur, sommes pleinement conscients de la situation sanitaire préoccupante que connaît Marseille et les communes de la métropole, situation qui doit faire l'objet d'une vigilance accrue.

Depuis 7 mois, la Covid 19 est au centre de nos préoccupations. Comme le rappelait le premier Ministre Jean Castex le 11 septembre dernier, nous devons désormais « réussir à vivre avec le virus sans rentrer dans une logique de confinement généralisé ». La métropole Aix Marseille Provence ne doit pas servir d’exemple et être traitée en mauvais élève par le reste du pays. A Marseille, comme partout ailleurs, il s’agit d’appliquer et de faire respecter les mesures barrières et les gestes préventifs de manière plus stricte. Et de leur laisser le temps de produire leurs effets sans mettre en danger durablement l’économie et les emplois d’un territoire entier.

La méthode annoncée par le gouvernement mettait en avant la concertation et l’adaptation des mesures en fonction de l’évolution de la situation. Cet engagement doit être respecté pour que les mesures soient comprises et appliquées par tous.

Or, Olivier Véran, Ministre de la Santé a décrété unilatéralement mercredi 23 septembre 2020, la fermeture de tous les bars, restaurants et établissements recevant du public sur la Métropole Aix Marseille sans même fixer précisément les modalités et les contours du périmètre et des communes concernées. Une annonce en contradiction avec le cadre fixé par le 1er Ministre il y a moins de 10 jours dont nous dénonçons avec force la précipitation, l’absence de concertation et le changement de règles en cours de jeu.

Cette méthode et cette décision sont inacceptables et totalement incomprises localement. C’est tout simplement irrespectueux pour notre territoire, nos entreprises, nos habitants. Fermer ces établissements va engendrer par effet collatéral des difficultés économiques dans de nombreux secteurs et détruire des emplois. Nos entreprises et notre territoire ne se relèveront pas de ce re- confinement économique injustifié.

Nous demandons un moratoire de 10 jours sur les annonces du Ministre de la Santé, afin que les mesures mises en place par le préfet le 14 septembre dernier aient produit leurs effets.

Nous demandons l’organisation d’une table-ronde de concertation en présence des élus politiques locaux, des acteurs économiques et du Premier Ministre afin de prendre des décisions conformes à la réalité de la situation sanitaire, transparentes, coordonnées, cohérentes, et réfléchies.

Et nous apportons notre soutien aux professionnels de l’UMIH 13 qui, par une mobilisation collective des entreprises, de leurs salariés et de l’ensemble des élus locaux aujourd’hui, vendredi 25 septembre à 9h00 devant le Tribunal de commerce de Marseille, montrent leur désarroi face à ces mesures inadaptées."

Par Philippe Korcia, Jean-Luc Chauvin, Bruno Cagnol.

Ecomnews - Adds