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Marseille, face à un mur de dettes. Le coup de gueule de Benoît Payan
Par Nathalie Bureau du Colombier publié le 03 FEVR 2021 à 09:08
Le maire de Marseille a présenté, le 2 février 2021, les conclusions de l’audit financier de la collectivité confié au cabinet Deloitte. La nouvelle majorité municipale qui « supputait une situation dramatique » dénonce 1,4 milliard d'€ d’endettement sans investissement et surtout l’absence d’épargne nette. L’élu qui annonce renégocier une partie de la dette devra cesser certaines opérations en cours. Dénonçant les dérives de gestion financière de la ville par la droite, l’élu socialiste a gardé le silence quant à l’évocation de l’évolution de la fiscalité locale.

Le Palais de la glisse, l’opéra municipal, l’élection de Miss France, le Vélodrome, Redbull Crashed Ice … La nouvelle municipalité, en ouvrant les placards, a trouvé de nombreux cadavres en se payant pour 200 000 € les experts financiers du cabinet Deloitte.

Ce 2 février, Benoît Payan, entouré de ses adjoints, a présenté les grandes lignes du rapport d’analyse financière qui épluche les comptes entre 2014 et 2019.

« L’héritage de l’ancienne municipalité, ce sont les caisses vides et les Marseillais abandonnés. Avec un budget d’1,5 milliard d’euros, il nous reste à peine 13 millions d’euros en 2019. Nous sommes très en dessous du seuil d’alerte. C’est le véritable scandale financier de la Ville de Marseille.

Et alors que nous sommes en train de clôturer les comptes 2020, nous devrions terminer l’année avec une épargne nette négative. Voilà ce que l’ancienne municipalité́ nous a laissé des caisses vides, une dette qui plombe chaque année le budget de la Ville, où les équipements ont été laissés à l’abandon ».

Dans son document de 80 pages, Deloitte, met en lumière une « épargne nette sous tension sous l’effet du poids de la dette, négative de 2014 à 2017, très inférieure au seuil d’alerte de la Direction générale des collectivités locales ». Une dette qui a « fortement limité la capacité d’investissement de la collectivité ».

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A la lecture froide de la synthèse du rapport, Benoît Payan, préfère s’enflammer en citant des exemples de « gabegie » à l’image du Palais de la Glisse de la Capelette, qu’il compare à la piste de ski de Dubaï.

« Un investissement de près de 50 millions d'euros. A titre de comparaison, la patinoire de Strasbourg a coûté 25 millions d'euros de moins. Et c’est sans compter sur les frais pour entretenir cet équipement chaque année. Environ 1,5 million d’euros en moyenne, soit plus de 12 millions d' € entre 2013 et 2020 pour l’entretien », dénonce l’élu qui doit payer 1,5 million d'€ par an pour fabriquer de la glace.

Au même moment, la Ville alloue un budget annuel de fonctionnement de 50 000 € Samu social.

« Nous rompons avec la culture de frapper à la porte de la Ville. C’est fini l’open bar », lance le nouveau maire de Marseille. Cette phrase fait écho aux propos de Renaud Muselier, président de Région sud qui répète à l’envi que « la Région n’est pas un tiroir-caisse ».

« Si la Ville devait rester sur cette trajectoire, nous allions tout droit vers la faillite, la mise sous tutelle », ajoute l’élu.

Pour stopper l’hémorragie, la municipalité renégocie sa dette avec la Banque des territoires. Elle entend solliciter un soutien financier de l’Etat et de l’Europe.

« Nous allons redresser la Ville et je veux que les 15 500 agents la relèvent avec nous », lance Benoît Payan.

Les salaires des fonctionnaires représentant le premier poste de dépense de Marseille. Le redressement promet d’être un chemin long et laborieux. Un exercice rendu difficile par la baisse des recettes et par la crise sanitaire dont le coût atteint les 100 millions d'€.

Le rapport d’orientation budgétaire sera présenté au prochain conseil municipal avant l’élaboration du budget pour 2021.

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