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Les Régions Sud et Occitanie s'unissent pour développer l'éolien flottant
Par Christol Léa publié le 25 AVR 2019 à 17:42
Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, Renaud Muselier, président de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur et Gaël Le Saout, présidente de la commission économie, agriculture et mer, Europe, de la Région Bretagne, se sont réunis ce 24 avril au Corum de Montpellier où se tient le salon FOWT. Les élus, soutenus par la Région Pays de la Loire, se sont affichés unis pour développer l'éolien flottant. Reportage.

Cette filière est déjà présente sur le territoire français, mais elle reste encore à développer. D'ici 2021, quatre fermes pilotes seront en exploitation en Région Sud, Occitanie et Bretagne, produisant chacune 25 MW.

La Région Occitanie, qui a décidé de placer le port de Port-la-Nouvelle comme le cœur stratégique de l'éolien flottant, a engagé des travaux pour un montant de 230 millions d'euros qui débuteront cette année.

La Région Sud, quant à elle, soutient le projet « Provence Grand Large », première ferme pilote en méditerranée devant être opérationnelle d'ici 2020. Elle est la seule Région à posséder un site d'essai en mer avec une concession renouvelable valide jusqu'en 2026.

Les Régions unies pour dénoncer une PPE peu ambitieuse

Le président de la République, Emmanuel Macron avait présenté en novembre dernier le Programme pluriannuel de l'énergie (PPE). Suite à l'annonce du projet, les 6 régions littorales métropolitaines, les professionnels de l'éolien français, le Syndicat des Énergies Renouvelables (SER) et France Énergie Éolienne (FEE) ont dénoncé le manque d'ambition de ce projet sur l'éolien.

S'il promet 4 nouveaux GW (GigaWatts) d'ici 2024, la Région Occitanie continue à en réclamer 6 et attend l'implantation de deux fermes éoliennes au large de Gruissan et Leucate/Barcarès.

Au côté de Carole Delga, Renaud Muselier, président de la Région Sud qui avait lancé à Marseille le premier salon FOWT, compte bien insister auprès du gouvernement pour débloquer la capacité de quantités de kwH.

«Nous sommes de sensibilité politique différente mais nous sommes pour la transition énergétique, nous avons du vent et la capacité de faire de l'éolien en mer » indique-t-il.

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Il est soutenu par les Régions Bretagne et Pays de la Loire, eux-aussi engagées dans cette démarche sur leurs territoires respectifs, ainsi que la CCI Marseille Provence et France Énergie Éolienne.

Le PPE doit encore être examiné au parlement. En attendant, les élus demandent un décret réparateur. La présidente de la Région Occitanie avait déjà répondu avec son « Pacte de Narbonne », le 15 novembre 2018. 400 élus et chefs d'entreprise d'Occitanie avaient signé ce pacte, afin de développer l'éolien flottant en méditerranée.


De nombreux enjeux politiques et économiques

Les enjeux économiques, mais aussi politiques au sein de cette filière sont importants. Au-delà de répondre au besoin de transition énergétique, les 4 Régions françaises impliquées dans cette démarche espèrent positionner la France comme leader mondial dans l'éolien flottant, créant ainsi des dizaines de milliers d'emplois.

L'objectif est aussi de constituer une filière industrielle avec un savoir-faire français. "Nous sommes à un tournant historique et ne devons pas faire la même erreur que sur le photovoltaïque il y a quelques années. Nous avions attendu que les prix de production baissent et pendant ce temps, d'autres pays comme la Chine ont investi dans la recherche".

"Aujourd'hui, ces technologies sont fabriquées à l'autre bout du monde. C'est là-bas que se trouvent la richesse et la création d'emplois" regrette Carole Delga.

Pour répondre à ces enjeux, les différentes régions doivent coopérer et jouer sur leur complémentarité. Elles doivent aussi définir les zones où pourraient être implantées ces éoliennes. En Occitanie "le plateau du Golf du Lion y est très favorable, en termes de profondeur et puissance des vents " précise la présidente de Région.

Des études ont été menées pour définir les zones propices au développement commercial de cette technologie sur toutes les façades d'Occitanie, Provence Alpes Côte d'Azur, Bretagne et Pays de la Loire, qui représentent environ 3 000 km².

Léa Christol avec Johanne Eva Desvages

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