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Renaud Muselier : " Je veux une région forte ! "
Par Nathalie Bureau du Colombier publié le 27 JAN 2018 à 10:00
Le changement de ton du président de la Région Sud, constaté par le monde économique ce 19 janvier dernier à la Chambre de Commerce de Marseille Provence, s’est amplifié cette semaine. Lors des vœux à la presse, Renaud Muselier a adressé une nouvelle salve de critiques à l’encontre du maire de Marseille dénonçant sa gestion de la ville. Mais il a surtout donné les axes stratégiques de la politique qu'il veut mener pour rendre la région une des plus fortes de France.

« Je n’ai rien contre Jean-Claude Gaudin, j’ai un problème majeur avec le maire de Marseille. Vous voulez que je me taise face aux dysfonctionnements de la ville ? Je travaille avec les maires de Nice et Toulon et je vois comment ça marche. C’est ici que j’ai le plus de difficultés », a lancé, le 25 janvier, Renaud Muselier à la presse régionale qu’il a conviée pour présenter ses vœux.

Le président de la Région PACA, qu’il vient de rebaptiser Région Sud, a confirmé son souhait de mener à bien son mandat jusqu’à son terme signifiant ainsi qu’il ne briguait pas la mairie de Marseille. « Je suis président de Région jusqu’en 2021 et j’entends bien le rester mais j’aime ma ville et je déteste l’immobilisme. Marseille mérite mieux », a-t-il lancé.

Au neuvième jour de blocage des prisons par les surveillants pénitentiaires, il a également dénoncé « l’incompétence » de la ministre de la justice Nicole Belloubet.

Renaud Muselier a fait part aussi de son inquiétude quant à la situation de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille. « Avec Martine Vassal et Jean-Claude Gaudin, nous avons demandé un rendez-vous au ministre de la Santé sur la situation de l’APHM. D’ici la fin du mois, un plan de redressement sera présenté par l’Agence Régionale de la Santé », a-t-il annoncé.

« Si on ne peut plus s’exprimer, il n’y a plus de démocratie ».

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Interrogé sur les raisons de « cette offensive tous azimuts », Renaud Muselier de répondre « si on ne peut plus s’exprimer, il n’y a plus de démocratie ».

Neuf mois après avoir succédé à Christian Estrosi à la tête de la collectivité, il a également rappelé le bras de fer engagé depuis plus d’un an avec le PDG de SNCF Mobilités, Guillaume Pepy.

« Nous avons fonctionné sans contrat en 2017 avec la SNCF et nous avons obtenu des meilleurs résultats avec 3% des trains supprimés contre 9% auparavant », a souligné le président Muselier.

Première région de France à vouloir expérimenter l’ouverture des trains régionaux à la concurrence, un appel à manifestation d’intérêt a été lancé en décembre 2017. « J’attends la possibilité d’ouvrir les TER à la concurrence et de déployer l’écotaxe sur les poids lourds en transit », a-t-il annoncé.

Il a également rappelé que la Région sud voulait être le moteur des accords de Paris sur le climat. Le président de Région qui alloue 20% de son budget au plan climat prévoit de porter cette part à 30% d’ici la fin de son mandat.

Le soir même, le monde économique réuni pour les vœux, s’étonnait encore du changement de ton. Interrogé sur le sujet, le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Marseille-Provence Jean-Luc Chauvin a répondu : « Notre priorité c’est l’économie, le développement économique, l’image, c’est l’attractivité. Ce qui se passe à côté, on le regarde comme vous tous dans la presse ».

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