Ecomnews - Adds
Que représente le marché textile du luxe en Auvergne-Rhône-Alpes ?
Par Fiona Urbain publié le 04 AOÛT 2021 à 09:44
Si Paris, capitale des maisons de haute-couture, s’approvisionne dans de nombreux territoires spécialisés en fonction de savoir-faire historiques. Auvergne-Rhône-Alpes se distingue par son expertise dans le travail de la soie, la fabrication de rubans ou encore l’utilisation de métiers à tisser Jacquard.

3 300 salariés travaillent pour les entreprises du textile de luxe ou haut de gamme en Auvergne-Rhône-Alpes. 96 entreprises positionnées sur ce marché enregistrent un chiffre d’affaires global de plus de 608 millions d’euros.

Il s’agit d’entreprises plutôt anciennes parfois centenaires, en majorité créées dans les années 50 ou 80, comptant en moyenne une trentaine de salariés. Le Rhône et la Loire, territoires historiques du textile, restent les principaux départements d’implantation de ces entreprises.

La région rassemble une grande diversité d’activités industrielles positionnées sur le textile de luxe permettant de répondre à toutes les étapes de fabrication d’un produit, du moulinage à la confection. Les activités de tissage et d’ennoblissement concentrent une majorité d’emplois, respectivement 42 % et 19 % des emplois.

Plus de 40 % des entreprises sont labélisées Entreprises du Patrimoine Vivant, une distinction valorisant les savoir-faire rares, traditionnels ou très innovants.

Pour Xavier Lépingle, directeur général de la Holding Textile Hermès : « La spécificité de la région, c’est le dessin : l’impression ou le jacquard. C’est ici qu’ont été inventés le métier Jacquard et l’impression au cadre plat, dit « à la lyonnaise ». Je dis souvent que dans la région « c’est la matière qui rencontre le dessin ». Nous ne sommes pas un bassin du textile uni. Nous faisons des dessins riches, colorés, issus de la création artistique. Par exemple, chez Holding Textile Hermès, nous avons une base de 75 000 couleurs et pour chaque collection nous en utilisons plus de 20 000. L’autre force de la région, c’est la culture historique de la soie de François 1er à aujourd’hui. Beaucoup de lyonnais ont travaillé cette matière, c’est un patrimoine commun immatériel qui nous réunit. »

« Enfin, il y a tout l’environnement : la chimie des couleurs, les dessinateurs des Beaux-Arts et un circuit de formation présent du CAP à l’école d’ingénieur textile. On a malgré tout un enjeu d’attractivité des formations car le textile n’est pas perçu comme un secteur dynamique en France. Pourtant il crée de l’emploi ! L’industrie textile est sur un rythme de 1000 créations d’emplois sur les 3 à 5 prochaines années et nous avons 100 personnes en formation aujourd’hui. »

Ecomnews - Adds