Ecomnews - Adds
Quelle est la situation de l ‘emploi des cadres et les perspectives de recrutement pour cette fin d’année 2021 ?
Par Denys Bédarride publié le 28 OCT 2021 à 09:45
Après le plongeon de 8 % du PIB enregistré l'an dernier et un premier trimestre 2021 atone, la période estivale est venue confirmer le net rebond de l’activité observé suite à la levée des principales restrictions sanitaires en mai et juin. En variation trimestrielle, le PIB augmenterait ainsi de 2,7 % au 3e trimestre 2021, la quatrième vague de l'épidémie et le passe sanitaire n'ayant pas freiné la reprise entamée au printemps. Dans une économie enfin libérée de ses entraves, le dynamisme de l’emploi salarié avant l’été (+289 000 emploi salariés au 2e trimestre 2021) devrait se traduire par une baisse du taux de chômage au 3e trimestre 2021 (7,6 % vs 8 % au 2e trimestre 2021).

Un niveau d’activité conforme aux prévisions des entreprises

Pour la première fois depuis le début de la crise sanitaire, les entreprises ont tra- versé l’intégralité d’un trimestre sans que leurs prévisions d’activité ne soient rendues caduques par le flux ou le reflux des vagues successives de l’épidémie. Une majorité d’entre elles (53 % ; +6 pts) considèrent ainsi que leur niveau d’activité au 3e trimestre 2021 s’est avéré conforme à leurs prévisions, tant parmi les TPE (53 % ; +9 pts), que pour les PME (54 % ; +2 pts) ou les plus grandes structures (55 % ; -2 pts).

D’importants contrastes sectoriels per- sistent toutefois de ce point de vue. Si plus de 6 entreprises sur 10 ont connu un 3e trimestre 2021 en ligne avec leurs prévisions d’activité dans le secteur de l’industrie (64 % ; +17 pts), de la construction (64 % ; +16 pts) ou des services à forte valeur ajoutée2 (61 % ; +9 pts), il n’en a pas été de même pour le commerce (44 % ; +3 pts) ou les services à faible taux d’encadrement3 (44 % ; -2 pts), dont fait notamment partie le secteur de l’hôtellerie-restauration.

Une période estivale plus dynamique qu’habituellement sur le front des offres d’emploi cadre

En raison de la saisonnalité des embauches, les entreprises ont été moins nombreuses à finaliser des recrutements de cadres durant la période estivale qu’au trimestre précédent (10 % ; -4 pts). Seules les ETI et les grandes entreprises n’ont pas suivi cette tendance (69 % ; +8 pts). La part des entreprises ayant recruté des cadres au 3e trimestre 2021 est toutefois supérieure à ce qu’elle était, il y a un an à la même période (+2 pts), en particulier dans les services à forte valeur ajoutée (17 % ; +4 pts).

L’habituelle diminution du nombre d’offres d’emploi cadre diffusées l’été (-10% en moyenne entre le T2 et le T3 sur la période 2017 à 2019), a été inférieure cette année (-2 %).

Aussi, le volume d’offres publiées sur apec.fr au 3e trimestre 2021 a dépassé son niveau de 2019 (+ 8%). Quelques rares secteurs d’activité restent toutefois en deçà de ce point de référence symbolique, parmi lesquels la mécanique et la métallurgie (-14 %), les équipements électriques et électroniques (- 10%), l’automobile et l’aéronautique (-10 %) ou encore la communication (- 14%).

Quelles sont les intentions de recrutement de cadres pour le 4e trimestre 2021 ?

Sous réserve de l’absence de nouvelles restrictions sanitaires, la reprise écono- mique devrait se poursuivre d’ici la fin de l’année, pour aboutir à une croissance du PIB de 6,25 % en 2021 (après -8% en 2020).

Marqué par la fin du fonds de solidarité et d’un certain nombre d’autres dispositifs exceptionnels, le 4e trimestre 2021 devrait toutefois connaître une croissance plus faible que le 3e trimestre 2021.

L’Insee relève par ailleurs que des incertitudes pèsent encore sur la reprise, du fait des difficultés d’approvisionnement et de recrutement que connaissent les entreprises.

L’horizon des entreprises reste dégagé pour cette fin d'année 2021

Déjà bien meilleure au mois de juin 2021 qu’au début du printemps, la visibili- té dont disposent les entreprises sur leur niveau d’activité des trois prochains mois continue de s’améliorer (56 % ; +2 pts) en particulier pour les PME (63% ; +7 pts) et les grandes structures (66% ; +3 pts). La capacité des TPE à se projeter à court terme demeure pour sa part inchangée (52 %).

Si la construction (68 %) et les services à forte valeur ajoutée (61 %) bénéficient toujours de la meilleure visibilité sur leur activité des prochains mois, l’horizon de l’industrie (51 % ; +9 pts) et des services à faible taux d’encadrement (58 % ; +6 pts) s’éclaircit nettement.

En très forte progression depuis le début de l’année 2021, la confiance des entreprises tend à se stabiliser à un niveau élevé à la veille du 4e trimestre (77 % ; -1 pt).

Cette tendance se vérifie là encore quelle que soit la taille de l’entreprise ou le secteur d’activité. Les entreprises du secteur de la construction restent les plus confiantes (89 %), tandis que celles du commerce sont toujours en queue de peloton (71 %).

?id=mqHqDwE3EQnjrcKGMKgTgLqCCdKlCjXf

Les intentions de recrutement de cadres progressent nettement pour les grandes entreprises et se maintiennent pour les PME

Dans ce contexte, 11 % des entreprises déclarent avoir l’intention de recruter un cadre au 4e trimestre 2021. Globalement très stable (-1 pt par rapport aux intentions pour le 3e trimestre), ce taux masque des dynamiques très différentes selon la taille d’entreprise.

Les intentions de recrutement des grandes entreprises progressent (55 % ; +6 pts) pour atteindre leur plus haut niveau depuis un an. La tendance est en revanche à la stabilité pour les PME (18 % ; +1 pt), voire à un léger recul pour les TPE (5 % ; -2 pts).

Au niveau sectoriel, les intentions de recru- tement de cadres sont orientées à la hausse dans l’industrie (13 % ; +3 pts) et le com- merce (8 % ; +2 pts) et parfaitement stables dans la construction (12 %) et les services à faible taux d’encadrement (7 %).

Seuls les services à forte valeur ajoutée connaissent une tendance à la baisse (16 % ; -5 pts), mais leurs intentions de recrutement avaient beaucoup progressé au 3e trimestre 2021 (21 %) et restent les plus élevées.

Dans un marché de l’emploi cadre à nouveau dynamique, les difficultés de recrutement anticipées par les entreprises atteignent leur plus haut niveau depuis un an (78 %, +2 pts), corroborant le constat de l’Insee5.

Elles sont principalement liées au manque de profils disponibles, au décalage entre les candidatures reçues et les exigences du poste et de plus en plus aux prétentions salariales des candidats.

Source Baromètre de l’emploi APEC

Ecomnews - Adds