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Quelle est la situation de la filière aéronautique et spatiale en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie ? Analyse
Par Denys Bédarride publié le 13 FEVR 2020 à 16:56
La filière aéronautique et spatiale est d’importance majeure pour l’économie des deux régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie : elle emploie 159 000 salariés fin 2018, soit 6,1 % de l’emploi salarié marchand non agricole. La filière où dominent les activités industrielles compte pour 22 % de l’emploi industriel du Grand Sud-Ouest. L’emploi est très dynamique, avec 4 600 salariés supplémentaires en 2018.

Dans la chaîne d’approvisionnement constituée des sous-traitants, fournisseurs et prestataires de services, le chiffre d’affaires lié aux commandes des constructeurs croît de 3,9 % en un an, pour atteindre 16,6 milliards d’euros en 2018.

Malgré un ralentissement, le spatial est toujours très dynamique avec une croissance à deux. Début 2019, selon les chefs d’entreprise, l’activité s’est accélérée dans l’aéronautique tandis qu’elle s'est tassée encore un peu dans le spatial pour reprendre de la vigueur fin 2019.

La filière aéronautique et spatiale regroupe à la fois les grands donneurs d'ordres (entreprises régionales têtes de filière) et la chaîne d'approvisionnement constituée des sous-traitants, fournisseurs et prestataires de services qui travaillent pour ces donneurs d’ordres.

Fin 2018, dans le Grand Sud-Ouest constitué des régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, l'emploi dans la filière atteint 159 000 salariés, soit 6,1 % des emplois salariés des secteurs marchands non agricoles.

Dans un environnement économique mondial moins porteur que les années précédentes, le trafic mondial de passagers continue de croître à un rythme un peu ralenti mais qui reste élevé.

Selon l’association internationale du transport aérien, il augmente ainsi de 6,5 % en 2018 et enregistre un nouveau record, avec 4,3 milliards de passagers. Cette croissance dynamise toujours l’industrie aéronautique. Sur le marché spatial, la concurrence est forte, avec la multiplicité des lanceurs et la diversité des offres satellites.

Mais le dynamisme de ce marché a toujours un impact considérable dans les régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie.

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4 600 emplois supplémentaires dans la filière

Dans ce contexte favorable, l’emploi augmente à nouveau dans la filière aéronautique et spatiale du Grand Sud Ouest. Cette progression reste très soutenue avec 4 600 emplois supplémentaires en 2018. Ces créations concernent tous les secteurs et toutes les tailles d’entreprises, mais à des rythmes différents.

Le secteur industriel de la filière, qui emploie 106 300 personnes, s’accroît de 2 500 personnes, soit 2,4 % en un an. La progression reste nettement supérieure à celle de l’ensemble de l’industrie du Grand Sud-Ouest (+ 1,2 %).

La filière représente plus d’un emploi industriel sur cinq dans le Grand Sud-Ouest (22 %). La construction aéronautique et spatiale représente la moitié des emplois industriels de la filière. Elle concentre 52 400 salariés et gagne 1 200 salariés en un an.

Grâce à des augmentations de cadences, Airbus atteint un nouveau record en 2018 avec 800 livraisons sur l’année en intégrant aux résultats les 20 appareils A220 (avions Bombardier rebaptisés A220). Le carnet de commandes atteint aussi un niveau record de 7 577 appareils fin 2018. L’entreprise annonce néanmoins en février 2019 la fin de la production de l'A380 en 2021.

Les marchés des avions régionaux et d’affaires sont un peu moins bien orientés. La société ATR enregistre une baisse significative des commandes en 2018, mais le salon du Bourget 2019 annonce néanmoins une nette reprise.

En particulier, la pression environnementale qui impacte l'écosystème aéronautique mondial commence à profiter à ATR, grâce à ses appareils turbopropulseurs à moindre coût énergétique.

Dans le domaine spatial, ArianeGroup démarre la production en série de son nouveau lanceur Ariane 6 dont le premier vol est prévu avant la fin 2020.

De nombreux emplois de la filière relèvent du tertiaire, en premier lieu du secteur de l'ingénierie et des activités scientifiques et techniques avec 29 500 emplois, suivi par les activités informatiques (18 300 emplois). Les activités tertiaires de la filière créent 2 100 emplois, soit une évolution de + 4,2 % en un an.

Une filière concentrée et présente dans tous les départements du Grand Sud-Ouest

Les 159 000 emplois salariés se concentrent en Haute-Garonne autour de Toulouse (Airbus, Safran, ATR, Thales Alenia Space...) et en Gironde autour de Bordeaux, où l’on retrouve plusieurs grands donneurs d’ordre industriels comme Airbus, Dassault, Thales et ArianeGroup, même si la filière est présente, certes à des degrés divers, dans tous les départements du Grand Sud-Ouest.

Les Pyrénées-Atlantiques ou la Vienne accueillent d’importants établissements spécialisés dans la maintenance avec la présence de Safran, ou dans la métallurgie avec Mécafi.

Le département du Lot abrite Ratier-Figeac et Figeac Aéro. Celui des Hautes-Pyrénées intervient dans la construction aéronautique avec la présence de Daher-Socata. Aubert & Duval, sous-traitant dans le secteur de la métallurgie, est implanté en Ariège.

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Dans la chaîne d’approvisionnement, l’emploi est resté dynamique en 2019

Avec 119 000 salariés, les entreprises de la chaîne d'approvisionnement qui regroupe sous-traitants, prestataires de service et fournisseurs des grands constructeurs et maîtres d’œuvre, concentrent 75 % des emplois salariés de la filière.

L'emploi salarié de la chaîne d’approvisionnement progresse à nouveau en 2018, avec une hausse de 3,3 % comme en 2017, soit une création nette de 3 800 emplois. Le dynamisme de l’activité spatiale stimule cette progression.

Les entreprises de la chaîne travaillent également pour d'autres activités que l’aéronautique et le spatial, comme la construction automobile ou ferroviaire, l’agroalimentaire, le secteur médical... autant de secteurs qui représentent en moyenne 30 % de leur chiffre d’affaires.

Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) sont les principales employeuses de la chaîne d’approvisionnement, avec 46 000 salariés pour chacune de ces deux catégories d’entreprises. Mais c’est dans les petites et moyennes entreprises (PME) que l’emploi évolue le plus rapidement : il y progresse de 5,5 %, soit 1 400 emplois supplémentaires, plus que le nombre d’emplois créés dans les grandes entreprises ou les ETI (1 200 emplois pour chacune).

Interrogés sur leurs perspectives de recrutement, les chefs d’entreprise de la chaîne d’approvisionnement prévoient une hausse des effectifs salariés en 2019, comme en 2018.

L’industrie verrait ses besoins de recrutement s’intensifier, notamment dans la métallurgie et la fabrication d’équipements électriques, électroniques et de machines. Au contraire, dans le secteur de la fabrication d’autres produit industriels (visserie, tôles, tuyaux…), la croissance des effectifs devrait nettement ralentir en 2019. Le secteur des services spécialisés souhaite encore étoffer ses équipes et la demande de main-d’œuvre reste forte, même si elle devrait s’atténuer dans les activités informatiques.

Face à des besoins de compétences toujours croissants, les grandes entreprises semblent faire face plus facilement, car elles prévoient des embauches moindres que les PME ou les ETI. Dans ces dernières, la demande est particulièrement forte dans les services spécialisés mais accélère aussi dans l’industrie.

Les recours à l’intérim devraient rester stables dans le Grand Sud-Ouest en 2019. L’intérim progresserait dans tous les secteurs industriels excepté dans la métallurgie. La hausse devrait être toutefois moins importante qu’en 2018. À l’inverse, les activités informatiques, l’ingénierie et le commerce devraient moins faire appel aux intérimaires qu’au cours de l’année 2018. Seules les ETI prévoient une hausse du recours aux intérimaires par rapport à 2018. La baisse de l’intérim devrait en particulier se faire sentir dans les grandes entreprises.

Un léger ralentissement de l’activité en 2018

Parallèlement aux effectifs, l’activité de la chaîne d’approvisionnement aérospatiale continue de progresser en 2018. Le chiffre d’affaires lié aux commandes des grands donneurs d’ordres atteint 16,6 milliards d’euros sur l’année . Il augmente de 3,9 %, un peu moins qu’en 2017 (+ 5,4 %).

Le ralentissement concerne surtout les grandes entreprises, davantage tournées vers des marchés internationaux. Leurs résultats sont impactés par les variations de la parité euro dollar. Elles restent malgré tout les entreprises avec la plus forte croissance en 2018 (+ 4,6 %).

Dans les PME et les ETI, la croissance maintient un rythme proche de l’année précédente (respectivement + 4,2 % et + 3,3 %), en lien avec la poursuite de la montée en cadence des productions des constructeurs aéronautiques.

Dans le spatial, le dynamisme s’atténue mais a repris de la vigueur fin 2019

Le développement de l’activité spatiale se poursuit dans un contexte plus concurrentiel, avec notamment la production de constellations de petits satellites.

Le Grand Sud-Ouest bénéficie de ces évolutions, avec le développement des premiers satellites OneWeb destinés à donner un accès internet haut débit à tous les habitants de la planète. Les six premiers modèles de cette constellation, assemblés sur le site toulousain d’Airbus Defence and Space, sont envoyés dans l’espace en février 2019 depuis la Guyane.

Thales Alenia Space bénéficie du programme européen d’observation de la Terre Copernicus, essentiel pour l’étude du climat, qui comprend une constellation de 12 satellites. Construit en partie sur le site de Toulouse, Sentinel-3, le septième d’entre eux, est lancé début mai 2018.

Dans la chaîne d’approvisionnement spatiale du Grand Sud-Ouest, la croissance du chiffre d’affaires ralentit en 2018 par rapport à l’année précédente, tout en restant à un niveau très élevé (+ 13,4 % après + 18,5 % en 2017).

Les perspectives de croissance de l’activité sont toujours fortes début 2019, mais ralentissent à nouveau : le solde d’opinion s’établit à + 19 points après + 46 points début 2018. L’activité au premier semestre serait principalement portée par le dynamisme de l’ingénierie et des activités informatiques . Les autres secteurs seraient en recul ou ralentiraient.

Dans l’industrie, l’activité marquerait le pas dans la fabrication d’équipements électroniques, électriques et de machines ainsi que dans la construction spatiale, la maintenance et la métallurgie. Elle se replierait fortement dans la fabrication d’autres produits industriels. En fin d’année, le renforcement de l’activité serait principalement porté par la fabrication d’équipements électriques et électroniques et les services spécialisés.

Si l’activité spatiale marque le pas dans toutes les catégories d’entreprises début 2019, elle accélérerait dans les PME et les ETI fin 2019, tandis qu’elle se stabiliserait dans les grandes entreprises.

Source INSEE Nouvelle-Aquitaine et Aerospace Valley

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