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Sophia Antipolis : Renault reprend la R&D et plus de 180 salariés d’Intel
Par Olivia Oreggia publié le 25 MAI 2017 à 08:35
Le géant américain du processeur Intel avait annoncé l’été dernier la fermeture de plusieurs sites en France, dont celui de Sophia Antipolis. Un véritable choc au sein de la technopole. Le constructeur automobile français reprend finalement l’activité R&D sur place, ainsi que la moitié des salariés. « Cela signifie que la voiture de demain s’invente à Sophia Antipolis », nous a confié Jean Léonetti, président de la communauté d’agglomération. Et selon lui, ce n’est qu’un début.

Renault a donc annoncé ce mercredi matin, la signature "d'un accord définitif" pour racheter les activités de recherche et développement françaises d'Intel. Cela concerne les centres de Sophia Antipolis et de Toulouse (soit plus de 400 salariés au total).

A priori, les univers de la puce informatique et de l’automobile sont pour le moins distincts. Mais la passerelle entre les deux illustre parfaitement l’évolution de la voiture du futur. Celle-ci sera connectée et autonome ou ne sera pas. Et ce futur passe donc par la Côte d’Azur.

« C’est une très bonne nouvelle ! », s’enthousiasme Jean Léonetti, maire d’Antibes et président de la CASA. « Au delà de la question sociale, cela veut dire que la voiture de demain est en train de se construire, de s’inventer à Sophia Antipolis dont l'attractivité se confirme. Je ne peux pas les citer, mais d’autres grosses entreprises de ce secteur viendront. On est à une plus d’une demie douzaine déjà et il va en arriver d’autres ! C’est une pépite très particulière qui n’existait pas il y a 10 ans et qui est aujourd’hui un véritable fer de lance pour la croissance de Sophia. »

L’allemand Bosch travaille déjà sur la question dans les bâtiments du Business Pôle 2, non loin d’autres acteurs de ce domaine: NXP automotive, le japonais Aisin Seiki, Toyota Group, Magneti Marelli (filiale de Fiat), Altran Automotive, Vodafone Automotive ou Vinci.

Quid des salariés restants ?

« Il faut se rappeler Texas Instruments" (en 2012, ndlr), nous explique Jean Léonetti. « Presque 500 emplois « perdus », un site en friche… et quelques mois plus tard, Amadeus a réinvesti le site et 70% des ingénieurs ont été reclassés (notamment au sein d’Amadeus ou d’Intel, ndlr). C’est ça la force de Sophia. Il y a un tel niveau de compétences que la reconversion se fait sur le site. »

Une recette, un modèle unique qui, aujourd’hui encore, font de Sophia la 1ère technopole d’Europe, capable de toujours se renouveler, créant 1.000 emplois par an.

« La dernière fois que j’ai demandé à quelqu’un d’étranger qui venait s’installer ici "Pourquoi Sophia ?", il m’a répondu la phrase simple « Parce que c’est ici que ça se passe ». C’est un élément de référence qui dépasse l’aéroport international à proximité ou l’ensoleillement. C’est là qu’on trouve les ressources humaines et la dynamique de l’innovation. Et c’est très rassurant. Regardez, là Renault a le choix entre Toulouse et Sophia Antipolis. Toulouse, ce n’est pas rien, c’est aussi un bel écosystème. Mais il choisit Sophia ! »

Intel s’était installé au coeur de la technopole azuréenne en 2011, via le rachat de la division Wireless Solutions d’Infineon.
Le projet de rachat par Renault devrait être bouclé avant le début de l'été. A noter qu’il ne concerne pas les autres sites Intel de l’Hexagone (Nantes, Montpellier).

Christian Estrosi a rapidement réagi :

« Cette décision est une excellente nouvelle pour notre territoire azuréen, et pour notre région dans son ensemble, qui se place ainsi comme une référence en matière de technologies du futur. Le groupe Renault-Nissan a clairement indiqué que sa décision avait été guidée par la grande qualité de la main d’œuvre d’Intel située sur le site de Sofia-Antipolis.

C’est une reconnaissance qui vient saluer les efforts que nous avons entrepris depuis plusieurs années avec Jean LEONETTI pour attirer de la main d’œuvre à forte valeur ajoutée sur notre territoire.

C’est également le signe que la stratégie économique et plus largement d’aménagement du territoire qu’avec Renaud MUSELIER et l’ensemble de la majorité, nous avons impulsée à la Région porte ses fruits. Les efforts de chacun sont aujourd’hui reconnus.

Je me félicite que nous ayons su transformer une décision lourde de conséquence pour l’économie et l’emploi : la fermeture du site d’INTEL, en opportunité économique et que nous ayons su rebondir. Ce sont ainsi plus de 180 emplois qui seront maintenus. "

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