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Visionews - Caroline Jamet de l'INSEE : " Un mois de confinement équivaut au choc économique de la crise de 2008 ”
Par Guillaume Bernard publié le 03 AVR 2020 à 08:54
Dans l’urgence de la crise, l’INSEE a publié un point de conjoncture le 26 mars 2020. Caroline Jamet revient dans cette visionews exclusive pour Ecomnews sur les résultats obtenus et détaille la situation en Occitanie.

Quelle est la mesure de la perte d’activité à l’échelle nationale ?

L’activité nationale a été réduite d’un tiers depuis le début du confinement. Cette perte varie toutefois en fonction des secteurs d’activité. Les activités agricoles devraient se poursuivre seulement un peu en-deçà de la « normale » et les industries agro-alimentaires sont moins affectées que le reste de l’industrie.

En revanche, seule la moitié de l’activité du reste de l’industrie serait maintenue. Parmi les services marchands, certaines branches sont très sévèrement touchées (transports, hôtellerie, restauration, loisirs, etc.) tandis que d’autres le sont sans doute beaucoup moins (télécommunications, assurance, etc.).

Qu’en est-il de la consommation des ménages ?

La consommation des ménages est réduite elle aussi de 35%. Mais il y a là une grande variabilité en fonction des produits. L’achat de véhicules automobiles, par exemple, est en berne - 60%, la construction également avec -90% et l’arrêt des travaux de rénovation.

Le seul secteur qui est à la hausse c’est l'agriculture et l’agro alimentaire avec + 6%. On voit ici que les ménages ont constitué des stocks.

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Que peut-on constater pour l’Occitanie ?

Nous n’avons pas à proprement parler de statistiques pour l’économie régionale. On peut cependant regarder en quoi elle diffère de l'économie nationale pour en mesurer la perte d’activité.

En Occitanie le secteur de l'agroalimentaire est plus présent dans l’économie que ce qu’il est à l’échelle nationale. Comme ce secteur est moins touché par la crise du Covid-19, on peut imaginer que l’Occitanie s’en sort un peu mieux qu’ailleurs.

En revanche, l’aéronautique, avec la présence d’Airbus à Toulouse est fortement impacté, Airbus tente tant bien que mal de relancer ses usines mais sa perte d’activité est très importante. L’entreprise ne fera d’ailleurs pas de prévision de livraison en 2020.

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Quels secteurs régionaux faut-il aider en priorité ?

Le tourisme est un secteur particulièrement porteur dans la région, hors l’activité touristique est nulle depuis le début du confinement, c’est donc un secteur qui semble avoir grandement besoin d’aide mais ce n’est pas le seul. L’industrie et la construction sont également très touchés.

De manière générale, l’impact sur la croissance de cette crise sera d’une ampleur jamais connue. Nous avons évalué qu’un mois de confinement réduirait le PIB de 3%, 6% pour 2 mois. La crise économique de 2008-2009, c’était -2,9%.

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