Le conseil municipal d’installation de la Ville de Marseille, réuni ce samedi 28 mars, a entériné l’élection de Benoît Payan. Arrivé en tête du second tour le 22 mars avec 54,34 % des suffrages, il accède cette fois à la fonction avec la pleine légitimité du suffrage direct, contrairement à son premier mandat. Au terme d’une séance de cinq heures, le maire a procédé à l’installation de son exécutif élargi à 33 adjoints, dont le jeune militant Amine Kessaci, placé sous haute surveillance policière. Reportage vidéo.
À l’issue du dépouillement, Benoît Payan a été élu avec 73 voix. Une victoire nette, immédiatement saluée par une salve d’applaudissements des élus du Printemps Marseillais. Le maire, visiblement ému et porté par l’enthousiasme de sa majorité, a ensuite parcouru l’hémicycle Bargemon pour saluer un à un ses colistiers.
Dans ce tour de piste victorieux, il s’est brièvement attardé auprès de sa mère, à qui il a adressé une étreinte appuyée, dans un moment à forte charge symbolique, sous le regard impassible des élus du Rassemblement national restés assis.
Une seule candidature
La séance, qui s’est tenue de 10h à 14h dans une atmosphère globalement sereine, s’est déroulée sans véritable suspense. Une seule candidature avait été soumise au vote du conseil municipal. Compte tenu du verdict des urnes, les élus du Rassemblement national n’ont pas jugé utile de présenter un candidat.
Dans l’hémicycle, la droite conduite par Martine Vassal, lourdement battue avec 5,35 % des voix, a rapidement quitté la séance, laissant son colistier LR Romain Simmarano siéger seul sur ses bancs.
Ce scrutin marque une étape institutionnelle inédite. Pour la première fois dans sa forme contemporaine, les Marseillais ont directement désigné leur maire à l’échelle de la ville, dans le cadre de la loi PLM avec deux votes à chaque scrutin. Le Printemps Marseillais s’est imposé avec 54,34 % des suffrages, face à un Rassemblement national en progression à 40,29 %.
S’il gagne des sièges, le RN échoue néanmoins à conquérir la deuxième ville de France, au grand soulagement d’une partie de la gauche. Sébastien Delogu (La France insoumise), dont la liste s’était retirée entre les deux tours, était présent. Il a tenu à rappeler aux journalistes son rôle dans l’équilibre politique du scrutin : « Je suis content d’avoir participé à écrire l’histoire de Marseille en faisant en sorte que l’extrême droite n’arrive pas au pouvoir ».
« Rassembler et protéger Marseille »
Dès sa prise de parole, Benoît Payan a inscrit son mandat dans une logique de responsabilité et de rassemblement : « C’est un honneur, une fierté. Et je prends tout ça avec humilité, avec responsabilité. Je serai le maire de toutes les Marseillaises et de tous les Marseillais », a-t-il déclaré.
Avant d’ajouter : « Marseille a besoin d’un maire qui la rassemble et qui la protège. Je donnerai tout ce que j’ai pour continuer à protéger et à rassembler ma ville ».
Dans la foulée, le conseil municipal a adopté la liste des 33 adjointes et adjoints, dont près de la moitié siègent pour la première fois. Les nouveaux visages de cette mandature ont été révélés lors de la remise de l’écharpe tricolore aux 33 adjoints, symbole de leur prise de fonction pour les six prochaines années.
Michèle Rubirola, élue maire en 2020 avant de céder sa place à son adjoint Benoît Payan, retrouve une place centrale en étant nommée première adjointe. Samia Ghali conserve, quant à elle, son titre de maire adjointe sous les applaudissements du parti.
Amine Kessaci siège au conseil municipal sous haute protection policière
Parmi les nouveaux visages, celui d’Amine Kessaci retient particulièrement l’attention. Engagé dans la lutte contre le narcotrafic, le jeune homme, endeuillé par l’assassinat de son frère Mehdi en novembre dernier, a été nommé quatrième adjoint.
Il siège désormais sous protection permanente de la police nationale, une première dans l’histoire municipale. Le jeune élu est apparu entouré de gardes du corps, dans un hémicycle désormais placé sous vigilance sécuritaire.
Le maire assume cette situation inédite avec fermeté : « Si on considère que quelqu’un est mis en danger par un mafieux et qu’on renonce, alors c’est le mafieux qui gagne. Donc je ne cède pas un pouce », a affirmé le nouveau maire.
Au-delà de la sécurité, Benoît Payan a détaillé les priorités de son mandat, centrées sur la protection des habitants et le pouvoir d’achat.
« Protéger les Marseillaises et les Marseillais, notamment en doublant le nombre de policiers municipaux (…) mais aussi agir sur le pouvoir d’achat ».
Parmi les mesures annoncées lors de la campagne électorale, figurent le passage du kit scolaire à 150 euros par enfant, la volonté de ramener le tarif du tunnel Prado-Carénage à un euro ou encore la création d’une assurance municipale.
Pour une nouvelle gouvernance métropolitaine
Mais c’est sur la question de la métropole que le maire a tenu les propos les plus structurants politiquement. « J’ai dit que si nous étions réélus, il y aurait un changement de gouvernance à la métropole. Marseille doit être reconnue comme la capitale. Pas pour écraser les autres, mais pour être respectée », déclare-t-il.
Et de rappeler : « Nous sommes 92 communes dans cette métropole. Il y en a une qui pèse autant que les 91 autres. Et pourtant, pendant longtemps, elle n’a pas été traitée à la hauteur ».
Une déclaration qui illustre une volonté affirmée de rééquilibrer les rapports institutionnels au sein de la métropole Aix-Marseille-Provence.
Dans l’opposition, Franck Allisio (Rassemblement national) revendique une ligne de vigilance : « Nous sommes là pour défendre les Marseillais pied à pied et contrôler un exécutif (…) une opposition responsable et déterminée ».
Ce premier conseil municipal a été marqué par la participation citoyenne. Des Marseillais, inscrits via le site de la Ville, ont pu suivre en visioconférence cette installation depuis l’Espace Bargemon, attenant à l’Hôtel de Ville, traduisant une volonté d’ouverture démocratique. Enfin, Benoît Payan a insisté sur son attachement au pluralisme.
« Dans ce conseil, tout le monde aura la parole. Le racisme et l’antisémitisme ne sont pas des opinions, ce sont des délits », a-t-il rappelé avant d’emmener sa nouvelle équipe municipale à l’Hôtel de Ville en début d’après-midi.
Le prochain conseil municipal se tiendra le 10 avril prochain, avec à l’ordre du jour un moment clé de la mandature : le vote du budget, première traduction concrète des orientations politiques annoncées lors de cette installation.
Voici la liste des 33 adjoints :
Lors du conseil municipal d’installation du samedi 28 mars qui a proclamé Benoît Payan maire de Marseille, le conseil municipal a adopté la liste des 33 adjointes et adjoints.
1ère Adjointe : Michèle RUBIROLA
2ème Adjoint : Joël CANICAVE
3ème Adjointe, Maire adjointe : Samia GHALI
4ème Adjoint :Amine KESSACI
5ème Adjointe: Audrey GARINO
6ème Adjoint : Arnaud DROUOT
7ème Adjointe: Pascaline LECORCHE
8ème Adjoint : Pierre HUGUET
9ème Adjointe : Hanifa TAGUELMINT
10ème Adjoint : Eric MERY
11ème Adjointe : Nassera BENMARNIA
12ème Adjoint : Hervé MENCHON
13ème Adjointe : Marie BATOUX
14ème Adjoint : Julien HAROUNYAN
15ème Adjointe : Audrey GATIAN
16ème Adjoint : Pierre Marie GANOZZI
17ème Adjointe : Perrine PRIGENT
18ème Adjoint : Anthony GONÇALVES
19ème Adjointe : Josette FURACE
20ème Adjoint : Karim TOUCHE
21ème Adjointe : Capucine EDOU
22ème Adjoint : Gwenaël RICHEROLLE
23ème Adjointe: Chahidati SOILIHI
24ème Adjoint : Hassan GUENFICI
25ème Adjointe : Sophie GUERARD
26ème Adjoint : Yoan LEVY
27ème Adjointe : Clara JABOULAY
28ème Adjoint : Ahmed HEDDADI
29ème Adjointe Nathalie TESSIER
30ème Adjoint : Hedi RAMDANE
31ème Adjointe : Rebecca BERNARDI
32ème Adjoint : Yannick OHANESSIAN
33ème Adjointe : Juliette MASSON
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