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Charles Dos Santos
8 avril 2017 Dernière mise à jour le Samedi 8 Avril 2017 à 08:04

Les ventes de vins de Bordeaux sont en chute libre en Europe, notamment à cause de la concurrence espagnole. La filière veut élaborer un plan stratégique pour mieux s'exporter.

vigne

En 2016, les ventes de vin Bordeaux ont fortement chuté : avec 630 millions de bouteilles produites, les ventes ont reculé de 3 %, et s’élèvent à 3,65 milliards d’euros. Ce phénomène est encore plus notable en Europe, ou les ventes ont baissé de 16 %, atteignant les 462 millions d’euros

Les professionnels de la filière sont inquiets car ils n’ont jamais vu les ventes  passer sous la barre des 500 millions d’euros, même lorsqu’ils étaient frappés par la crise en 2009. Cette chute s’explique à la fois par la perte de vitesse qu’a connu l’importation dans certains pays, mais également par la concurrence du marché européen.

L’exportation du vin de Bordeaux en difficulté

47% de la production de Bordeaux en France est réservée à l’exportation. Dès lors, on comprend qu’une perte de vitesse de l’export se répercute considérablement sur les ventes.

Plusieurs facteurs sont responsables de la baisse des ventes. Tout d’abord, les marchés allemand et belge, très friands du fameux vin français, ont réduit de moitié leur consommation en 10 ans.

En Belgique, notamment, l’importation en 2016 a réduit de 8%, bien que le royaume ait retrouvé sa place de première destination européenne pour le vin de Bordeaux. 

De plus, la filière du vin Bordeaux avait lancé le plan «  Bordeaux demain », qui consistait à vendre les bouteilles sur le milieu de la gamme, c’est à dire entre 5 et 15 euros. Or, les marchés espagnols, qui vendent leurs bouteilles à bas prix, font concurrence à la filière.

Allan Sichel, président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux a déclaré : « Sur certains marchés européens, nous sommes très concurrencés par les vins espagnols, qui ciblent l’entrée de gamme avec du vrac et de la mise en bouteille sur place. Nous ne pouvons pas rivaliser ».

Enfin, le marché français, qui consomme 53% de la production de vin Bordeaux, connaît une perte de vitesse similaire. Néanmoins, les bouteilles situées dans le milieu de gamme , dont les prix sont compris entre 5 et 15 euros, ont connu une progression de 3%.    

Promouvoir l’offre de la filière bordelaise

Eric Giraud-Héraud, économiste et directeur de la recherche scientifique à l’Institut scientifique de la vigne et du vin pense que « sur le marché européen, la filière bordelaise pourrait sans doute faire aussi plus d’efforts en matière de RSE [responsabilité sociétale des entreprises, NDLR]. C’est très important dans le nord de l’Europe où les gros importateurs y sont de plus en plus sensibles ». 

Mais la filière peut aussi compter sur sa production de 2016, dont le millésime est abondant et de qualité : « Nous devons renouer rapidement avec des volumes de commercialisation au-dessus de 5,5 millions d’hectolitres », explique Allan Sichel. 

Enfin, un nouveau plan stratégique sera lancé et permettra aux consommateurs d’y voir plus clair : « Avec nos 65 appellations, notre offre est compliquée. Il ne faut pas la simplifier, mais aider le consommateur à se repérer. Une mention transversale permettant de promouvoir une partie de l’offre constitue une piste de réflexion »

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