À travers son programme « Performances industrielles », le Gifas, Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales, permet aux PME et TPE de monter en compétences en acquérant les méthodes de production de standards internationaux à l’
©Airbus Jean-Philippe Bedos
La méthode est simple et rodée depuis sa mise en place en 2014 : elle permet aux entreprises affiliées au Gifas ou tout simplement du secteur aéronautique de bénéficier de l’expertise d’un consultant à coût réduit. Consultant qui audite dans un premier l’entreprise, pointe du doigts les dysfonctionnements et enfin réorganise la société de manière industrielle sur le même mode que les grands groupes de taille internationale.
Un programme doté d’une enveloppe de 23 millions d’euros, éparpillé sur 15 régions (dont PACA) et regroupant pas moins de 406 PME et 65 donneurs d’ordres.
« Ce projet a été conçu car l’aéronautique française est un marché en croissance permanente, explique Jean-Philippe Bedos responsable du projet pour Airbus hélicoptère et Vice-président supply chain quality management. Nous avons une croissance du trafic aérien de 5% par an actuellement avec plus de 6 années de carnets de commande en France. Ce qui correspond en 2015 à un chiffre d’affaire de 58,3 milliards d’euros. Cela situe la filière aéronautique française comme premier contributeur positif de la balance externe. Nous sommes à 185 000 emplois directs en France et 11 000 embauches en 2015. En PACA, cela correspond à un chiffre d’affaires de 5,5 milliards d’euros. Avec deux donneurs d’ordres que sont Thales et Airbus hélicoptères et 200 TPE PME dans la région, ce qui représente 25 000 emplois. »
Les responsables des régions sont donc de plus en plus motivés pour soutenir ce programme créateur d’emplois sur leur territoire. La phase 1 étant réussie, « Performances industrielles » passe désormais à la phase 2 pour rapprocher les acteurs de la filière de l’excellence, « plus que jamais l’appui des régions est nécessaire ainsi la croissance du secteur profitera à leurs départements » confie Jean-Philippe Bedos.
Une chaine d’approvisionnement vitale pour la filière
De fait, le Gifas a souhaité aider les industriels à améliorer le niveau de performance de leur chaine d’approvisionnement en France.
Or pour produire massivement des produits de bonne qualité, il faut une coordination efficace de tous les acteurs, aussi bien les donneurs d’ordres comme Airbus ou Thalès que les sous-traitants. Lesquels n’ont pas toujours (et c’est la vocation de ce programme) les mêmes méthodes de fabrications et de livraisons.
C’est donc pour cela que les donneurs d’ordres comme Dassault, Safran, Zodiac et bien sur Airbus et Thalès contribuent à ce programme de façon substantielle en complément de l’Etat, des régions et des pôles de compétitivités. Un programme gagnant gagnant.

Des résultats probants
« Nous avons constaté depuis le début du programme des résultats positifs comme l’amélioration des livraisons à l’heure, explique jean-Philippe Bedos. C’est aujourd’hui un point important pour les donneurs d’ordres qui opèrent les assemblages par la suite. Une livraison à l’heure permet d’optimiser les temps de cycle de production et d’éviter de subir des arrêts, ce qui coûte très cher. »
En améliorant les délais de livraison, les sous-traitants ne s’exposent plus à des sanctions financières de la part des donneurs d’ordres. Car comme le dit le proverbe, « le temps c’est de l’argent », et cela se vérifie d’autant plus dans ce cas précis.
On l’aura compris, ce programme collaboratif permet à chacun d’améliorer ses performances et devrait permettre par la suite d’être encore plus compétitifs sur les marchés internationaux à l’image de l’entreprise Soditech basée à Aix-en-Provence.
L’entreprise Soditech conçoit et réalise des projets de haute technologie notamment dans les domaines aéronautique et spatial, bénéficie actuellement du programme « Performances industrielles ». Avec un bénéfice non négligeable selon sa directrice générale Madenn Caillé.

Madenn Caillé, directrice générale
Ecomnews : Qu’est ce que vous a apporté le programme « performances industrielles » ?
Madenn Caillé : Au départ, un peu comme tous les chefs d’entreprises, nous avions vu ce programme comme une sorte d’intrusion : bien au contraire, c’est un accélérateur de progrès ! De nouveaux consultants qui viennent chez nous et qui nous disent comment on doit faire… C’était un peu compliqué au début de se plonger dans le programme. Mais nous avons décidé de le faire à fond.
Concrètement nous avons amélioré nos indicateurs. Nous faisons nos livraisons en temps et en heure, en conformité. Nous avions des objectifs assez ambitieux et nous les avons même dépassé avant la fin du programme. EN six mois nous sommes arrivés à plus de 95% de livraison à l’heure, 100% de conformité etc. Cela a été très efficace.
Ecomnews : Un consultant est venu dans votre entreprise. De quelle manière vous a t il aidé ?
Madenn Caillé : L’expérience est propre à chaque entreprise. Pour ma part, je suis issue de la finance anglaise. Je travaillais dans un fonds d’investissement et j’ai rejoins l’entreprise de mon papa en tant que directrice financière. Puis j’ai repris la direction générale de l’entreprise il y a un peu moins de deux ans. Je n’avais pas forcément les méthodes industrielles. De facto, l’entreprise non plus. D’avoir un œil extérieur, d’avoir un spécialiste qui nous a donné des outils de planification, de gestion de production, cela a été très intéressant pour nous.
Ecomnews : Aujourd’hui le programme n’est pas encore terminé pour vous. Quels sont vos objectifs d’ici la fin du processus ?
Madenn Caillé : Conserver les bons résultats. Et surtout gagner en compétitivité afin de conserver des emplois en France et en région. C’est mon objectif : continuer de fabriquer en France.
Ecomnews : On imagine également que vous voudriez croitre et peut-être embaucher…
Madenn Caillé : Nous venons de passer par une phase de productivité, donc sans besoin supplémentaire. Mais nous allons pénétrer de nouveaux marchés, on l’espère à l’international, et cela entrainement forcément des besoins.

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