Le cimentier va créer une voie de chemin de fer destinée à permettre l’accès direct des wagons à la ligne SNCF et au port et construire sept nouveaux ateliers pour les combustibles recyclés parmi lesquels les pneus. Par ailleurs, l’unité nouvelloise
Installée à Port-la-Nouvelle depuis quarante cinq ans, l’usine Lafarge, dirigée par Christophe Landais, n’a cessé de prendre de l’importance au fil du temps.
Elle emploie aujourd’hui une centaine de personnes et génère environ 400 emplois induits. Le site audois du cimentier français produit près d’un million de tonnes de ciment et 600 000 tonnes de clinker (constituant du ciment) par an. Selon la direction de l’entreprise, ces chiffres devraient augmenter dans les mois qui viennent. Dans le cadre d’un plan de développement, Lafarge a décidé d’investir 10 millions d’euros dans son usine de Port-la-Nouvelle.
Ils concernent deux chantiers : 4 millions d’euros seront consacrés à la création d’une voie de chemin de fer qui, à terme, permettra aux wagons de pouvoir accéder directement à la ligne SCNF et au port, et 6 millions d’euros à la construction de sept nouveaux ateliers pour la valorisation des combustibles recyclés, notamment les pneus, destinés à alimenter le four. La valorisation des déchets couvre les deux tiers des besoins en combustible de l’usine de Port-la-Nouvelle.
« Alternative à l’incinération et à l’enfouissement, cette solution constitue une véritable opportunité de développer un combustible local en remplacement des combustibles fossiles », explique Christophe Landais, patron du site.
« La valorisation en cimenterie des pneus revêt un double intérêt en termes d’écologie industrielle : d’une part, la fraction combustible composée d’hydrocarbures polymérisés constitue un apport énergétique pour le procédé cimentier ; d’autre part, la fraction minérale, essentiellement composée de la trame acier des pneus, constitue un apport de matière qui se substitue aux matériaux de carrière » précise le dirigeant.
Des avantages
Et le directeur de l’usine de Port-la-Nouvelle d’ajouter : « Ce procédé comporte trois avantages majeurs : sur le plan environnemental, cela permet d’économiser des matières premières non renouvelables et de limiter les émissions de gaz à effet de serre ; sur le plan sociétal, il s’agit d’une solution de proximité pour les entreprises de la région, notamment les collecteurs, qui souhaitent valoriser leurs déchets ; sur le plan économique, ce procédé réduit la facture énergétique de la cimenterie et favorise ainsi sa compétitivité ».
L’utilisation de pneus comme combustible alternatif dans la cimenterie de Port-la-Nouvelle vient renforcer l’action globale de Lafarge France pour le développement de l’écologie industrielle et territoriale. Chaque type de déchets valorisés fait l’objet de contrôles et d’une procédure rigoureuse d’acceptation.
La fiabilité des procédés est confirmée par l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) et contrôlée par la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL).

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