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Denys Bédarride
12 février 2015 Dernière mise à jour le Jeudi 12 Février 2015 à 16:02

La stratégie offensive du Grand Lyon pour attirer les entreprises internationales porte ses fruits. Entre 350 et 400 projets sont examinés chaque année par l'agence de développement de la métropole.

« City branding », marketing territorial, écosystème OnlyLyon, performances multicritères. Les villes se vendent désormais comme des produits et la langue des VRP de la métropole de Lyon n’a rien à envier aux voyageurs du commerce mondial. En présentant, fin janvier, son bilan 2014, l’agence de développement du Grand Lyon Aderly a surjoué consciencieusement son rôle. «  Nous utilisons des techniques marketing issues de l’entreprise dans un contexte d’exacerbation de la concurrence entre territoires », indique Lionel Flasseur, directeur de l’agence et ancien patron d’une agence de voyages en ligne. «  Nous avons par exemple lancé un réseau sur LinkedIn par un e-mailing d’un million de personnes avec un excellent taux de retour de 60 %. »

Affinée depuis huit ans, la stratégie offensive de la métropole pour attirer les entreprises internationales porte ses fruits. L’an dernier, l’agence revendiquait 77 implantations d’entreprise nouvelle. «  60 % de ces projets résultent de nos prospections », assure Jacques de Chilly, directeur exécutif de l’Aderly. L’agence travaille sur un volume de 350 à 400 projets annuels. «  Nous en implantons un sur cinq : deux vont ailleurs, deux n’aboutissent pas », précise Jacques de Chilly.

A écouter ces spécialistes du développement territorial, la concurrence n’oppose plus les pays mais les métropoles. Fresenius, l’une des plus belles prises de Lyon l’an dernier, a été ravi à un site américain et deux français. Excel, un investissement de plus de 250 millions de dollars, aura pris deux ans à convaincre face à un site américain, un britannique et plusieurs français. Deux visites des équipes, un déplacement du PDG monde à Lyon, un « travail technique de fourmi » sur les coûts de l’énergie, l’accessibilité de la ligne haute tension, etc. Dans le tertiaire, a contrario, les décisions sont parfois prises très vite au bout d’une ou deux visites.

Fibre entrepreneuriale du préfet

L’attractivité de Lyon tiendrait à un cocktail singulier. Des industries fortes dans la chimie et la pharmacie conjuguées à des laboratoires et de nombreux incubateurs, notamment dans les technologies propres. L’Aderly fait aussi valoir l’engagement d’un maire, Gérard Collomb, très favorable aux entreprises. Mais également la fibre entrepreneuriale du préfet, Jean-François Carenco, capable d’accélérer le travail de ses équipes pour boucler en six mois les dossiers administratifs Fresenius, un argument face aux longs délais asiatiques, assure Jacques de Chilly.

Lyon brandit le classement de l’attractivité des villes d’IBM Institute for Business Value, qui le classait en 2013 à la 17e place mondiale et à la 7e place européenne. «  Nos performances en 2014 devraient conforter notre position », assure Gérard Collomb, qui affirme désormais jouer dans la cour des grandes capitales.

Ecoles supérieures

Hervé Richard, directeur de la région Rhône-Alpes Auvergne chez KPMG, confirme que la métropole offre aux entreprises un positionnement attractif entre Paris et Marseille, des infrastructures intéressantes et des ressources humaines riches, avec ses écoles supérieures notamment. A l’écouter, l’attrait de Lyon a pour contrepartie de ne pas favoriser suffisamment les mobilités : « la ville n’essaime pas assez », confirmant l’image d’une ville manquant un peu de dynamisme. Pascal Le Merrer, économiste de la mondialisation à l’Ecole normale supérieure de Lyon, juge également que la métropole conserve pour point faible d’avoir une industrie très sous-traitante, donc plus fragile.

Source : lesechos.fr

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