La Métropole de Nîmes réunit en un seul lieu l’ordre des Experts-comptables, l’ordre des avocats, la CCI Gard, des organismes financeurs, universitaires, associations de rebond pour la quatrième édition, du Salon de la création et reprise d'entreprise le 29 septembre. Un rendez-vous qui incarne une conviction partagée par tous les acteurs présents : entreprendre seul, c'est prendre un risque inutile. Reportage vidéo.
Un guichet unique pour les porteurs de projets
L’idée est simple : réunir en un même lieu, le temps d’une journée, tous les acteurs qui accompagnent, financent, conseillent et soutiennent les créateurs et repreneurs d’entreprise du territoire. C’est la vocation du Salon « Osez entreprendre » de Nîmes Métropole, dont cette quatrième édition a confirmé la pertinence.
Olivier Fabrégoul, vice-président au développement économique de Nîmes Métropole, en résume l’enjeu : « On gagne du temps, on rencontre des organismes auxquels on ne pensait peut-être pas et qu’on va pouvoir trouver ici. C’est quelque chose de fédérateur, qui nous tient à cœur à Nîmes Métropole. Le tissu économique a énormément d’importance pour notre territoire, et accompagner les porteurs de projets, c’est quelque chose de très précieux. »
Au-delà de l’accompagnement, Nîmes Métropole peut également intervenir sur des dispositifs d’aide à l’immobilier ou au loyer. Mais c’est surtout la dimension humaine et collective de cet accompagnement que l’élu met en avant : « Les chefs d’entreprise et les porteurs de projets ont besoin d’être accompagnés. Nous avons la chance d’être dans un territoire porteur, où il fait bon vivre et travailler. »
Ne jamais partir seul : le conseil unanime des professionnels
Si un message traverse l’ensemble des témoignages recueillis lors de ce salon, c’est bien celui-là : l’entrepreneuriat ne se fait pas en solitaire. Chaque intervenant, dans sa spécialité, le martèle avec ses propres mots.
Nicolas Alteirac, président de l’Ordre des Experts-Comptables du Gard, accompagne les porteurs de projets dès l’idée initiale — bien avant la création. « La première chose que l’on va demander au porteur de projet, c’est de nous présenter son projet au niveau de l’activité qu’il veut mettre en route, de l’idée qu’il a du statut, de la structure juridique qu’il mettrait en place, et la partie financière. Pour essayer de concrétiser avec lui les besoins d’investissement — matériel, véhicules, locaux — et lui donner les bonnes idées de réflexion. » Son conseil est sans équivoque : « Ne jamais partir tout seul. Toujours se faire accompagner par les professionnels et toute la sphère économique — CCI, chambres de métiers, avocats, notaires, experts-comptables et associations de financement et de création d’entreprise. »
Maître Tiphaine de Roquemaurel, avocate au Barreau de Nîmes, partage cette conviction : « Si j’ai un message à adresser à quelqu’un qui voudrait se lancer sur Nîmes ou dans le Gard, c’est de bien se renseigner, de prendre toutes les informations requises en amont, de bien se faire entourer et de penser que son activité peut être amenée à se développer — et que ça se prépare dès le début. »
Le choix de la structuration juridique, en particulier, est une décision structurante qui mérite une attention particulière dès la phase de conception du projet.
Du prêt d’honneur aux entrepreneurs mentors : un arsenal financier complet
Le financement est souvent le nerf de la guerre pour un créateur d’entreprise. Sur ce terrain, le territoire gardois dispose d’un outillage diversifié.
Initiative Gard propose un prêt d’honneur personnel à taux zéro, allant de 3 000 à 40 000 euros, destiné à aider le porteur de projet à démarrer son activité, renforcer ses fonds propres et financer sa trésorerie de démarrage. Anne Voisinne, chargée de mission chez Initiative Gard, insiste sur la dimension d’orientation globale de sa structure : « Ne pas hésiter à venir sur ce type de forum pour trouver des réponses à toutes leurs questions, être orientés vers les bons interlocuteurs et être vraiment accompagnés sur ce chemin passionnant qu’est la création d’entreprise. »
Le Réseau Entreprendre Occitanie Méditerranée va plus loin encore, en ciblant les projets créateurs d’emplois. Aline Regnier, directrice générale, explique un modèle qui fait la part belle à la transmission d’expérience : « Notre accompagnement est fait par des chefs d’entreprise expérimentés qui donnent de leur temps et transfèrent leur capital d’expérience auprès de femmes et d’hommes qui créent de l’emploi. »
Avec un prêt à taux zéro pouvant atteindre 90 000 euros par porteur de projet et un minimum de cinq créations d’emplois attendues sur trois ans, le Réseau Entreprendre s’adresse à des projets ambitieux. « Il y a beaucoup de possibilités d’être accompagné en France et il faut vraiment capitaliser sur ces nombreuses possibilités — une dynamique qu’on ne trouve pas forcément avec une telle intensité ailleurs. »
L’entrepreneuriat étudiant : une ambition territoriale de long terme
Le Salon Entreprendre accueille aussi des acteurs moins attendus — comme l’université. Christophe Moineau, maître de conférences à l’Université de Nîmes et référent Pépite LR, est venu présenter le dispositif national qui accompagne les étudiants porteurs de projets, que ce soit pendant ou après leurs études.
« L’important, c’est de pousser la porte. C’est bien d’être courageux, mais c’est bien aussi d’être prudent. Et c’est l’intérêt de ces dispositifs : sécuriser l’entrepreneuriat et travailler en réseau.»
L’Université de Nîmes s’est engagée depuis longtemps sur cette voie, notamment via le Nîmes Sup Challenge, organisé en partenariat avec Nîmes Métropole depuis plus de dix ans : « Nous voulions inciter les étudiants à travailler ensemble et à comprendre qu’entreprendre, ce n’est pas entreprendre tout seul. C’est une ambition territoriale. »
L’échec aussi fait partie du parcours des entrepreneurs
Entreprendre, c’est aussi parfois échouer. Et c’est précisément pour les entrepreneurs qui traversent cette épreuve que 60 000 Rebonds est présent sur le territoire. Bénédicte Duret, responsable Occitanie de l’association, rappelle une réalité : « L’entrepreneuriat est fait d’échecs et de réussites. Le fait que cette antenne soit présente depuis plusieurs années et collabore avec Nîmes Métropole permet vraiment de rendre un territoire résilient. »
Son message aux entrepreneurs qui ont connu des difficultés est clair et libérateur : « Ne pas avoir peur d’oser, puisque derrière on peut être accompagné dans son rebond. Cela reste des apprentissages qui renforcent la compétence entrepreneuriale de tout homme et de toute femme. »
Aline Regnier du Réseau Entreprendre conclut : « En France, nous avons beaucoup d’acteurs d’accompagnement, et des fois ce n’est pas tout à fait simple de s’y retrouver. L’avantage ici, à Nîmes Métropole, c’est d’avoir cette synergie, de bien identifier les acteurs et de les mettre au service des entrepreneurs.»

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